À la recherche du sens perdu, Emily Esfahani Smith

Et oui ! Malgré toutes les bonnes intentions du monde, alors que je m’étais pourtant dit que chaque soir, je préparerais mon billet du lendemain… j’ai été prise du mal du siècle…

Le manque de temps !

Mais qu’importe n’est-ce pas, puisque me revoici ce matin.. Pour, le salon du livre de Montréal en étant le prétexte, partager avec vous un autre coup de cœur littéraire de ces dernières semaines

Et, récemment, je suis tombée sur un article qui parlait d’un livre – «À la recherche du sens perdu» de l’auteure Emily Esfahani Smith. Un livre dont la thématique particulière m’a immédiatement interpellée. Car au-delà du livre de psycho-pop dont les tablettes des libraires regorgent, j’ai en effet été happée d’office par le fait que l’auteure ait ici choisi de se pencher sur l’importance de cet art du récit que l’on pourrait faussement imaginer comme étant un peu superficiel, et cela tant dans nos vies que sur papier. Mais qui est peut-être beaucoup plus sérieux qu’on pourrait le penser!

Ici, l’auteure, Emily Esfahani Smith, une montréalaise d’origine qui a plus tard choisi d’étudier à l’Université de Pennsylvanie se penche en effet sur la quête du bonheur et du sens qui doit nécessairement découler de nos vies pour que celle-ci nous apparaissent comme étant satisfaisantes.

En gros, l’auteure part ici de ce postulat que nous sommes tous des conteurs nés, et cela peu importe que nous en soyons plus ou moins conscients. Et, dans la mesure ou tous, nous créons notre propre histoire personnelle jour après jour, nous pourrions ainsi dire également que nous sommes comme tous engagés dans un « acte de création » qui par la bande, amène du sens dans nos vies.

« Nous sommes tous les auteurs de notre propre histoire et nous pouvons décider de changer la façon dont nous la racontons » (À la recherche du sens perdu, page 130)

C’est ce qui explique par exemple que deux personnes nées dans une même famille ou ayant vécu un même événement précis puissent en rapporter une histoire bien différente. Et ainsi, en sélectionnant des moments disparates de notre vie et en les réunissant dans un même récit – forcément loin de l’objectivité puisque les événements choisis seront forcément ceux qui auront su trouver une certaine résonance pour nous –  nous nous trouvons ainsi à créer un ensemble « unifié ». Celui-ci nous permettant du même coup de donner du sens à nos expériences personnelles et de nous en donner une image qui puisse nous sembler cohérente.

C’est un peu ce que le psychologue Dans McAdams de l’Université Northwestern décrit comme étant « l’identité narrative ». Ce que l’on pourrait décrire plus simplement comme étant le mythe personnel que l’on se construit soi-même pour raconter notre histoire. Une histoire qui n’est en aucun cas un reflet objectif de notre vie mais plutôt le résultat de « choix narratifs » plus ou moins conscients. Et c’est ainsi que, derrière ces histoires que l’on se raconte à soi-même, on devient soit un héros, soit une victime, soit encore le mouton noir de sa famille ! Ou encore, la « cinglée » de service qui dans une galaxie familiale, choisi un jour d’écrire pour éviter de se trouver emmurée dans une version inexprimable et informulée de sa tribu. Et dans laquelle le « rôle » qui lui était offert semblait trop « beige » pour l’immensité de sa créativité échevelée.

Voyez comme la méthode est efficace ! Voilà que je m’y mets déjà !

Inutile de dire que j’ai été fascinée par ce livre

Pour aller plus loin sur cette thématique, vous trouverez ici un article (lui aussi écrit par l’auteure du livre dont je vous parle) publié l’été dernier sur la plateforme TED qui traite précisément des deux types d’histoires que l’on raconte sur soi.

Vraiment, un très gros coup de coeur en ce qui me concerne!

Parce que des histoires, c’est peut-être à soi-même qu’on en raconte le plus ! Et j’avoue que j’adore l’idée !

Vous l’avez lu ? Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

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