Accepter son corps…le dernier refuge du féminisme ?

Adèle, Source: 8notes.com

Il y avait un bon moment que je n’étais tombée sur ce genre d’article inspirant! Du genre qui sorte de toute cette boue que l’on reçoit chaque jour en boucle aux infos. Corruption, infanticides, détresse, guerre….

Et pourtant, ce n’est pas faute de chercher ! Car des journaux de partout, Dieu seul sait combien je peux en lire ! À la recherche du beau, de l’inspirant.

Et de nouvelles que j’aie envie de partager!

Voilà qu’hier, je suis tombée sur cet article que j’ai du traduire, même grossièrement avec l’aide d’Internet parce que publié en anglais, une langue que je maîtrise mal pour mon plus grand malheur ! Mais dont le sujet me semblait valoir la peine que je m’acharne un peu pour en déchiffrer la teneur.

Dans cet article donc, publié dans le journal The Telegraph, l’auteure, Bryony Gordon se pose ainsi la question de savoir si de nos jours, le fait d’accepter son corps comme il est, avec ses imperfections, ce n’est pas, quelque part, une question de bravade, d’effronterie. Rien de moins que la version moderne de ces luttes du féminisme!

Dans cet article, l’auteure raconte ainsi que depuis qu’elle est enceinte, ce n’est pas tant de constater que son ventre est dur pour la première fois de sa vie, que son corps devient plus rond et se modifie qui la perturbe le plus. Mais de réaliser au contraire tout ce qu’elle a pu lui faire subir au cours de sa vie, afin de le contraindre à entrer dans un certain moule, celui des magazines….

Et elle l’avoue! Pour y parvenir, il n’y a pas grand chose qu’elle n’ait fait ! Laxatifs dès quatorze ans; Entraînement à outrance, une heure et demi, deux fois par jour, au point de se demander comment elle a bien pu trouver le temps de s’entraîner autant; Le régime Atkins, les plages du sud, la Zone….

Depuis qu’elle est enceinte, elle a ainsi pris conscience que ce corps si merveilleux, capable de donner la vie, elle lui avait fait passer un bien mauvais quart d’heure ! Et réalisé qu’au delà d’une certaine haine de soi, il y avait peut-être autre chose derrière ce malaise. Ce fait que nous les femmes soyons comme un peu programmées pour ne penser qu’à la nourriture ou à l’absence de celle-ci. Pour compter les calories, notre pourcentage de graisse et les glucides à couper de notre alimentation…

Et cette réalité surtout que notre estime soit trop souvent directement proportionnelle à la taille de la robe dans laquelle nous entrerons. Car intelligentes, bien sur que nous le sommes! Capables en effet de nous faire une idée des élections américaines, des méthodes de Starbuks ou encore, sur la meilleure façon de payer moins d’impôts…

Mais incapables paradoxalement de nous sortir de ce piège ridicule de voir notre bonheur dépendre de notre capacité à entrer dans une robe de taille 10!

Et puis, elle a réalisé qu’elle était tout simplement épuisée à force d’avoir essayé en vain de perdre du poids ! Au point d’avoir l’impression d’y avoir presque laissé sa peau.

Puis, Bryony Gordon fait remarquer dans son texte cette nouvelle génération de femmes et d’artistes qui refusent désormais de mourir de faim pour correspondre aux normes de beauté: Lady Gaga qui a mis en ligne sur son site internet des photos avec la légende « anorexique et boulimique depuis mes quinze ans »; Puis Salma Hayek qui avoue être toujours aux limites de la rondeur. Puis Adèle, la belle, talentueuse et merveilleuse Adèle qui a fait la preuve qu’il n’était pas nécessaire de se déshabiller et d’être plus mince qu’un fil pour voir son étoile briller au firmament.

Mais fort heureusement, cette tendance ne semble pas n’être que l’apanage des célébrités puisqu’une suédoise, inconnue jusque là, Linda-Marie Nilsson a récemment pris une photo d’elle sur une plage, habillée de son bikini rouge et blanc. Détail ? Linda-Marie porte du 18. Ce qui ne l’a pas empêchée de mettre cette photo sur son profil Facebook. Une photo qui a été appréciée par des dizaines de milliers d’utilisateurs du réseau social. Avec pour résultat qu’un site de fans lui soit maintenant consacré. Et que le Journal The Sun prenne la peine d’en parler !

Pouvez-vous croire ? Elle qui avait toujours été victime d’intimidation et qui avait l’habitude de pleurer sur son corps a ainsi compris qu’elle était belle, comme tout le monde !

Enfin, citant la psychologue britannique Susie Orbach qui a beaucoup écrit sur le féminisme et qui pense que la question du poids est toujours un enjeu féministe, l’auteure conclue en se demandant si l’heure n’est pas venue pour nous de cesser de brûler nos soutiens-gorge.

Et choisissions plutôt de brûler tous ces régimes miracles supposés apporter le bonheur au rythme des livres (ou kilos) perdus.

Inspirant ! Vraiment !

Et moi, cette femme de quarante-trois ans qui a passé sa vie a être complexée, à avoir honte de mes rondeurs, ayant mis quatre ou cinq ans pour perdre une vingtaine de kilos, je ne peux que me réjouir devant cet espoir que les petites filles qui grandissent présentement auront peut-être, elles, d’autres modèles à qui s’identifier!

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3 commentaires sur “Accepter son corps…le dernier refuge du féminisme ?

  1. Bonjour Marie. Je suis une ex obèse morbide.J’ai suivi tous les régimes possibles .J,ai eu la chirurgie bariatrique et j’ai perdu énormément de poids mais j’en ai repris un peu.Je suis comme une personne alcoolique,je vis un jour à la fois ma relation avec la nourriture. J’ai remarqué que lors de plusieurs conversations la question de nourriture,de gym,de régime,de peur d’engraisser reviennent très souvent.Pas seulement avec des amis mais un peu partout.On dirait que c’est devenu la normalité de parler régime .J’ai rencontré une connaissance qui me disait:j’ai 68 ans et je suis écoeurée de me battre contre la nourriture,j’ai le goût de vivre moi aussi et d’arrêter de me priver tout le temps>. C’est encore pire après les fêtes.On entend que ça partout.Les résolutions foutent souvent le camp et c’est un cercle vicieux qui recommence encore et encore.La maladie alimentaire est très difficile a comprendre.Obésité,annorexie,boulimie, le corps humain est complexe.En plus il y a la culpabilité qui embarque.J’ai 55 ans et j’aimerais bien aimer mon corps tel qu’il est.J’admire les femmes et les hommes qui sont capables de faire leur chemin sans se préoccuper du regard des autres.Une amie est artiste peintre elle fait des magnifiques toiles et fait aussi à l’occasion des nus.Elle m’a proposé de poser pour elle avec un tissu pour me sentir à l’aise.Je ne peux même pas imaginer ça.J’ai mes amies qui vont se faire masser avec un grand plaisir.C’est non pour moi.Je n’ai pas de miroir pleine longueur depuis des années.Je n’aimais pas mon corps d’obèse morbide mais j’ai par contre retrouvé la santé du corps.Mais j’ai un autre corps que je dois apprivoiser et c’est long.Le marché de régimes miracles est plus florissant que jamais.Les gyms sont remplis de personnes qui veulent se prendre en main.Il y a de plus en plus de sentiers pédestres,de vélos qui se vendent.Les produits pour faire de l’excercice à la maison font des bonnes affaires.Les livres de recettes minceur se vendent énormément.Il n’y a jamais eu autant d’émissions de recettes à la télévision. ET que dire des publicités qu’on nous bombardent à tout bout de champs.Mangez ceci cela, des assiettes énormes et la publicité d’après ,abonnez vous au gym…Comment se fait t-il que notre société est une relation aussi malsaine avec la nourriture? On cherche le bonheur dans la nourriture,on cherche le bonheur dans les régimes?Quand j’étais adolescente je ne me souviens pas avoir entendu parler de tout ça. Je pense aux jeunes qui commencent des régimes à 8 -9 ans c’est quoi ça?Je ne veux surtout pas être pessimiste mais restons vigilents envers eux.Ce sujet vient toujours beaucoup me chercher,désolée j’écris long. Bonne journée Marie et merci.

    1. Bonjour Étoile ! C’est tellement vrai comme tu le dis de constater que maintenant, les articles de journaux et de magazines ainsi que les émissions et télévision sont tous tellement axés là dessus ! Et c’est drôle que tu en parles car ce matin en lisant ma Presse, dans le même cahier, je suis tombée en page couverture sur un article de Marc Cassivi qui parle dans un même temps du dernier défilé télévisé de Victoria’s Secret qui avait lieu mardi soir, mettant en vedette des mannequins avec zéro gras sur le corps défilant avec des ailes d’ange sur le dos (???). Et d’une étude qui vient de sortir et qui démontre que la représentation des femmes au petit écran américain est loin d’être équitable alors que les personnages féminins sont toujours marginalisés, stéréotypés et sexualisés. En plus d’être largement minoritaires !

      Puis, dans un deuxième article, « Maigrir enceinte, c’est glamour? », la journaliste Marie Allard raconte que Jessica Simpson qui est devenue porte parole pour Weight Watchers serait en fait…enceinte de nouveau ! Il ne faut pas être clairvoyant pour deviner que toutes ces vedettes qui retrouvent leur corps de mannequin tout au plus une semaine ou deux après avoir accouché, ça met une pression énorme sur la commune des mortelles qui elle, aura pris pas mal de poids enceinte et qui mettra des mois (sinon jamais !) à s’en défaire ! Si en plus en commence à dire aux femmes qu’elles peuvent (et même devraient!) se mettre au régime alors qu’elles sont enceintes, nous ne sommes pas sorties du bois comme l’aurait dit mon grand-père !

      Malheureusement, ces images insidieuses sont tellement présentes partout maintenant que je l’avoue, ce n’est pas évident de garder le cap sur ce qui est sain et ce qui l’est moins. C’est pourquoi j’ai aimé cet article dont je parlais dans mon billet qui pour une fois, apportait une autre vision.

      Désolée pour les liens car ces articles ne semblent pas encore disponibles sur Internet ! Je les ajouterai en cours de journée !

      Bonne journée à toi !

      Marie

      1. Quant à la deuxième partie de ton commentaire, j’aurais envie de te dire que même s’il y a toujours des choses que nous aimons moins en nous même, l’important c’est peut-être de se concentrer sur ce qu’on aime de nous. Et sur le fait d’être en vie et de pouvoir profiter des petits bonheur de la vie, comme de passer Noël avec ton fils, son amie et ses enfants par exemple 😉 Je pense qu’on passe nos vies à essayer de s’accepter soi-même alors que ce que ceux qui nous aiment vraiment voient en nous, c’est bien autre chose que notre petit ventre un peu rond…

        Prends soin de toi surtout !

        Marie

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