Bibliodiversité: une année sans livre écrit par un homme blanc

Crédit: Photo-Libre.fr

Nous vivons dans un monde dans lequel, étrangement, bien que les femmes constituent presque la moitié de l’espèce humaine en nombre, celles-ci n’en sont pas moins sous-représentées dans bien des domaines !

Que ce soit au cinéma, un domaine dans lequel la place des femmes s’améliore très peu, tant au niveau de la représentation qu’aux types de rôles qu’on leur donne, comme on le raconte d’ailleurs dans cet intéressant article de Slate par exemple…  Dans les domaines scientifiques, ou, de façon plus terre à terre, dans ces métiers que l’on dit encore aujourd’hui comme étant non-traditionnels, celui des pompiers notamment (comme on en parlait récemment dans la Presse), les femmes sont et demeurent sous représentées. Un peu comme si elles constituaient rien de moins qu’une sous-classe…

Aussi, partout, on a un peu l’impression que ce soit le règne de l’homme blanc qui ait court, encore aujourd’hui !

Mais voilà que je suis tombée ce matin sur un article qui m’a fait réfléchir et dans lequel on raconte qu’une auteure afro-américaine s’était donné tout un défi au cours de la dernière année! Celui d’un boycott massif alors que pendant une période d’un an, elle n’a lu que des livres qui n’avaient pas été écrit ….par un auteur masculin blanc. Privilégiant plutôt les productions écrites par des femmes, des personnes de couleur ou encore, par des écrivains LGBT.

Comme elle le dit elle-même, cette décision n’a pas résulté d’un désir de boycott culturel en tant que tel mais plutôt, de s’ouvrir à une prise de conscience sur ce que la production américaine lui proposait pourtant de façon massive. Fuyant ainsi ce phénomène de pensée unique auquel, il faut bien le dire, il est difficile d’échapper !

Pendant le processus, KT Bradford (c’est d’elle dont on parle ici!), a du se rendre à une ou deux évidences. Notamment qu’elle s’était éloignée de façon plus ou moins consciente des magazines qu’elle lisait habituellement et qui rendaient compte presque exclusivement d’une production dans une large mesure masculine et blanche.

Une évidence sur laquelle on ne peut que se ranger, j’en ai bien peur ! Surtout lorsqu’on s’arrête par exemple à regarder la liste de ces Kings de l’édition – ceux qui vendent massivement leurs livres – sur laquelle trônent les Marc Lévy, Tolkien (Le Seigneur des anneaux), Georges R.R. Martin (Game of Thrones), Guillaume Musso et autres auteurs masculins blancs de ce monde… Parmi tant d’autres !

Personnellement, je suis forcée de l’avouer, j’adore ce genre d’expérience qui permet de lutter contre les stéréotypes et les préjugés !

Voilà que KT Bradfort nous lance à tous le même défi: une année sans livre écrit par un auteur qui soit un homme blanc! Une façon parmi d’autres de s’ouvrir à des genres littéraires proposant d’autres visions que la pensée unique si facilement accessible et d’ainsi favoriser une plus grande bibliodiversité.

À titre d’expérience, je suis bien tentée de vous demander à vous, ici et maintenant, quel est votre auteur préféré ?

Source: Actualitte.com

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2 commentaires sur “Bibliodiversité: une année sans livre écrit par un homme blanc

  1. mmmm.
    Pas d’homme blanc?
    Mais homme ça va?
    J’adore Amin Maalouf.
    et j’ai lu avec avidité les livres de Karen Blixen…
    J’aime lire les femmes, mais je lis aussi beaucoup de femmes blanches nées du « bon bord », le bord de l’abondance…
    Ton post, me donne aussi le goût d’explorer…

    1. Bonjour Julie !

      Oui homme tout court, ça va 🙂 L’idée étant d’ouvrir l’œil sur la diversité plutôt que sur ce qui semble la norme telle qu’elle nous apparaît de façon plus ou moins exacte. Et tu vois, je ne connaissais pas les deux auteurs dont tu parles… Preuve s’il en fallait une que la production littéraire est un puit sans fonds de découvertes, pour peu qu’on s’y intéresse 😉
      Moi aussi je pense que je ne regarderais plus les livres vers lesquels je suis naturellement attirée de la même façon.

      Marie

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