Bulle

Crédit: IStock

Chaque samedi matin, alors que tout le monde dort encore dans la maison, je n’ai pas de plus grand plaisir que de descendre à la cuisine pour me faire couler un bon latté.

Puis de sortir deux secondes à l’extérieur pour aller chercher mon journal du samedi posé devant ma porte.

C’est alors un peu comme une parenthèse dans ma semaine, ce moment parfait qui inaugure officiellement le weekend. Et qui me donne alors l’impression que j’ai la vie devant moi.

Mais certains samedis, je l’avoue, les nouvelles me laissent perplexe. Parce qu’en me retrouvant devant ce portrait du monde, qui ressort, comme en instantané, de tous ces articles mis bout à bout comme dans un long collier de perles, je me dis que décidément, lire le journal,  c’est loin d’être bon pour le moral !

Ce matin par exemple ? Je n’en suis qu’au troisième cahier et voilà que j’ai pu lire que dans le monde, plus de 200 millions de filles manquent à l’appel. Parce que leurs parents, du Pendjab à Pékin, en passant par New Delhi, décident tout bonnement de les supprimer. Une société complète inconsciente que déjà, le manque de femmes à marier est emblématique de certains villages ou les hommes sont trois fois plus nombreux que les femmes…

Une partie du monde ou le trafic des femmes, par conséquent, est en voie d’être exacerbé par le phénomène…

Et puis, un peu plus loin – dans un autre cahier peut-être – ces enfants de la DPJ issus de parents plus « puckés » qu’eux, un peu comme une longue chaîne de transmission malsaine…. Ces enfants devant les histoires de qui je ne peux m’empêcher de pleurer…. Et que j’aurais envie de prendre dans mes bras – tous autant qu’ils sont – et de les bercer pendant des jours.

Cela sans compter toutes ces pages sur lesquelles je passe, y posant à peine le regard – et mon attention, toujours retenue deux pages avant… Tout juste avant que je ne trouve un peu de « répit » avec les cahiers Arts & Spectacle et Cinéma.

Puis, l’espace d’une seconde, je réalise que chaque semaine, je fini par déposer mon journal dans un coin, en me disant que j’en finirai la lecture un autre moment dans le weekend…mais que je fini toujours par mettre au recyclage sans l’avoir ré ouvert….

Lire le journal, je me dis parfois que c’est peut-être un peu accepter de se confronter à son impuissance. L’espace d’un simple clignement des yeux…

Puis de retourner à son quotidien.

Chaque fois, j’en ressort perplexe.

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4 commentaires sur “Bulle

  1. Pourrait-on créer un Journal où l’on ne parlerait que de belles choses de la vie ; de personnes ayant fait acte héroïque, de jeunes se prenant en main, de bons Samaritains, de personnes qui respirent le bonheur ? Ça existe, mais est-ce que ce Journal ferait vieux os… ? Malheureusement, nous savons bien que non.

    Parfois, lire ce qui arrive à des enfants, à des femmes, nous fait mal physiquement. On ne veut pas lire tout l’article. Une des raisons qui me fait arrêter la lecture est que je me sens – certaines journées – coupable d’avoir été gâtée – je le fus bébé, petite fille, et femme aimée et amoureuse.

    J’ai dans mes « Favoris » un site qui se nomme : « The uprising of women in the Arab world » – site que je visite seulement de temps à autre, car ça fait mal de lire ce que les femmes subissent dans le monde. On le sait, mais de le voir et de le lire c’est trop douloureux certaines journées.

    Je suis avec fébrilité le parcours de Lucienne. J’essaie d’imaginer la vie que cette femme a vécu après être partie de chez-elle. Sa liberté – qu’elle a choisie – comme elle a dû la payer chèrement, plus que nous ne pouvons l’imaginer surtout à cette époque. Et de mourir aussi jeune ? Peut-être que son mode de vie y a été pour quelque chose.

    Tu ne sauras jamais si elle a regretté son choix ou si au contraire la vie qu’elle a choisie l’a rendue heureuse – du moins le plus possible. Comme je l’espère ! Et dire qu’aujourd’hui – mis à part quelques hypocrites qui crieraient au scandale – on dirait qu’elle avait besoin de se retrouver, qu’elle avait à choisir soit de partir ou faire dépression sur dépression.

    Ce n’est pas toujours facile de bien vivre sa vie en tant que femme, n’est-ce pas ? Mais que de belles joies nous connaissons ne serait-ce que celle de la maternité. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de naissance de mon premier-né ; celui qui m’a fait découvrir le bonheur d’être une maman. À chacune de ses fêtes, je le remercie de m’avoir permis ce grand bonheur et il me dit toujours : « Bienvenue maman  » avec son sourire enjôleur.

    Bonne journée à toi Marie,

    Marjo xx

    1. Bonjour Marjo ! Comme toi, je dois lire ces nouvelles « à petites doses » car elles m’atteignent énormément! Malheureusement, les mauvaises nouvelles, ça fait vendre des journaux, à ce qu’il paraît ! Je serais preneure, moi aussi, d’un journal qui mettrait sur la sellette les bonnes nouvelles et la beauté du monde !

      Quant à Lucienne, c’est cette question qui me revient toujours, à moi aussi. Savoir si elle a été heureuse au moins. Sur l’une des photos sur laquelle j’ai mis la main, par l’entremise de Nicole, elle sourie. Ça m’a apaisée de la voir ainsi, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, comme le dit l’expression. Le jour ou la photo a été prise, elle ne devait pas se douter que c’est cette photo qui figurerait sur sa carte funéraire… Malgré tout, en voyant cette photo, j’ai eu l’étrange sentiment de…me voir ! Car étrangement, tout le monde me dit qu’elle me ressemble (ou plutôt, est-ce le contraire!!). Reste que ça m’a fait plaisir !

      Et étrange coïncidence, ce sera l’anniversaire de mon fils demain, que nous fêterons aujourd’hui ! Une invasion de petits garçons surexcités prendront d’assaut la maison d’ici quelques heures 🙂 Nous avons donc en commun d’avoir eu notre premier fils pas mal la même date !! Le miens aura 7 ans ! Dieu que le temps file !!

      Bon weekend à toi aussi !

      Marie xx

  2. Un journal ou une émission télé avec de bonnes nouvelles? Ce fut tenté maintes fois et ça ne marche évidemment pas. Pas intéressant. après quelques semaines, on ne savait pas quoi écrire. Vous voudriez payer pour un journal qui vous dirait qu’hier, sur la rue Sherbrooke, il n’y a pas eu d’accident même si sur une rue adjacente il y aurait trois accidents graves?

    Tout allait bien jusqu’à ce que vous lisiez le journal. Faudrait peut-être le laisser là, sur le coin de la table et lire autre chose.

    Grand-Langue

    1. Bonjour ! Bien sur, les bonnes nouvelles, c’est sans doute moins vendeur ! Mais sans aller jusqu’à crier partout que sur une telle rue, les accidents ont été moins dramatiques que sur telle autre, ne pourrait-on pas mettre, au moins de temps en temps, l’accent sur ces personnes qui améliorent la vie des autres ? Celles qui rendent le monde meilleur ? Qu’il y ait un équilibre en quelques sortes. Car le monde, c’est cela aussi, du bon comme du moins bon. Et en lisant le journal, on l’oublie parfois.

      Une bonne journée !

      Marie

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