Pourquoi je déteste Noël, Robert Benchley

Quand on y pense, c’est assez fascinant de réaliser que les plus merveilleux Noëls, ceux que nous renvoit notre mémoire, sont toujours aussi ceux de notre enfance. Un peu comme si en vieillissant, il devenait impossible de voir la magie de ce moment de l’année qui en vient rapidement à rimer avec chicanes de familles, folie des préparatifs pour accueillir des gens que finalement, on n’a pas toujours tant plaisir à fréquenter.

Et le 2 janvier, Merci mon Dieu, c’est fini jusqu’à l’année prochaine! Au débarras sapin et boules (celles de Noël comme celle au ventre!)

C’est pourquoi je me suis beaucoup amusée à lire ce petit recueil de nouvelles – douze comme les douze coups de l’horloge avant minuit? – toutes dédiées à Noël justement.

Et justement, l’auteur s’en est donné à coeur joie, n’y allant pas de main morte en mettant en scène des noëls catastrophiques, et en vantant les vertus de l’abolition des cartes et cadeaux de voeux,…

Écrites pour la majorité entre 1925 et 1949, ces nouvelles sont d’une grande modernité et l’humour noir et grinçant de certaines m’a bien fait rire, je dois le dire. Surtout la première dans laquelle l’auteur nous montre justement à quel point c’était tellement «génial» ces fameux Noëls à l’ancienne. Et qui franchement, m’ont rappelé ceux que je passais moi-même enfant chez mon grand-père en Abitibi. Les chambres en haut dans lesquelles on gelait, les après-midis à attendre le repas du soir parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire, le rang non déneigé qui tuait dans l’oeuf la plus petite envie de fuir !

J’ai aussi beaucoup aimé la deuxième nouvelle qui de son côté raconte la prétendue naissance de la carte de voeux par un certain Ferderber. L’homme serait ainsi recherché dans pas moins de quarante-deux états pour avoir ainsi crée un monstre incontrôlable.

Bref! Une écriture décalée et un peu absurde. J’ai adoré ! Et je reste avec cette pensée, peut-être pas si rassurante, que forcément un jour pour certains, le plus merveilleux Noël de leur vie, ce sera ce Noël de pandémie qu’on s’apprête à vivre. Comme quoi, tout est probablement relatif!

À glisser dans le bas de noël sans hésitation.

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Lison.ca: Pour Noël, un coffret de lectures personnalisées

Parce que Noël approche et que, vous comme moi, nous sommes fous de livres (n’est-ce pas?), j’ai envie de partager avec vous la plus belle initiative qui soit. Plus encore en ce temps de pandémie dans lequel on se retrouve tous plus ou moins isolés les uns des autres.

Et quoi de mieux pour passer le temps que de découvrir de nouveaux bouquins ? On ne se le demande même pas!

C’est pourquoi je n’ai moi-même pas pu faire autrement que de succomber à ce projet un peu fou de coffrets de lectures que l’on retrouve sur le site internet Lison.ca nouvellement lancé et que je viens tout juste de découvrir.

Lison.ca c’est en fait une petite entreprise montréalaise dont le souhait est de proposer un service de conseils lectures personnalisés sous la forme de coffrets d’abonnement mensuels, ou encore, de coffrets thématiques. Ceci en partenariat avec des librairies indépendantes.

Ainsi, à travers des abonnements, on nous offre des aventures livresques. «L’escapade» de trois mois, «La traversée» de six mois, «L’épopée» de douze mois ou encore, «L’escale unique» proposent chacun à leur façon des livres choisis sur mesure pour nous. Ceci en fonction d’un questionnaire auquel on aura répondu au moment de l’abonnement et dont une section porte justement sur les auteurs et ouvrages déjà lus. Histoire d’éviter de recevoir un livre que l’on aurait déjà lu dans le passé. Et en prime, chaque coffret apporte avec lui quelques surprises issues de commerces locaux et artisanaux.

Je l’avoue, j’ai bien sûr voulu tester la chose et c’est ainsi que j’ai reçu hier – un peu comme un cadeau ouvert avant le temps, mon beau coffret sur la thématique de Noël! Son contenu ? Deux livres sur le thème de Noël («Pourquoi je déteste Noël» de Robert Benchley et «Un chant de Noël» de Charles Dickens). Mais aussi, une bombe pour le bain, du thé chai, une ganache au chocolat. Sans oublier un rabais pour un prochain coffret. Le tout joliment emballé (voir la photo qui illustre ce billet)

Non mais qu’on se le dise! Quelle belle idée de cadeau à offrir à un ou une amoureu(x)se de livres n’est-ce pas ?

Pour l’heure, l’entreprise ne livre qu’au Québec mais l’équipe étudie la possiblité de desservir également la clientèle en Ontario prochainement. Par ailleurs, après le coffret thématique de Noël que j’ai eu le plaisir d’expérimenter, le 26 décembre ce sera le lancement du prochain coffret thématique. À surveiller.

Par curiosité, ce type de service existe ailleurs ? Dites-le-nous en commentaire. Parce que clairement, ce type d’initiative pour partager le goût de la lecture, ça mérite vraiment d’être crié haut et fort!

À offrir tout autant qu’à s’offrir!

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Je vous défie!, William H. Danforth

Bon! Nous sommes déjà rendus au 23 décembre alors visiblement, je me suis laissée distancer dans mon projet de Calendrier de l’Avent littéraire!

Ainsi va la vie j’imagine!

N’empêche! Ce n’est pas une raison pour me laisser décourager et abandonner, n’est-ce pas ?

Ce matin, j’ai eu envie de vous parler de ce qui est probablement l’un des premiers livres qui m’ait marqué dans ma vie. Et si j’en parle, c’est que l’ayant lu alors que j’avais autour de neuf ou dix ans, je l’ai retrouvé dans ma bibliothèque ces derniers jours. Et oui! Une quarantaine d’années plus tard, il a survécu à mes innombrables déménagements! Et aux quelques boites de livres perdues en cours de route.

Bref! De quoi ça parle ce livre, «Je vous défie!» de l’auteur Wililam H. Danforth?

C’est en fait un livre de développement personnel. Son auteur, William H. Danforth (1870-1955) est parti de son expérience personnelle de pionnier du monde des affaires pour élaborer ce qui s’avère une méthode de motivation pour se dépasser et atteindre ses objectifs. En 1894, il fonde l’entreprise Purina, bien connue entreprise dédiée à l’alimentation des animaux. En 1928, il co-fonde l’American Youth Foundation, une organisation ayant pour objectif de former des leaders de tous horizons, une organisation qui existe toujours aujourd’hui. Et c’est justement cette organisation qui a publié dans les années soixante-dix cette célèbre méthode du «Je vous défie!», l’auteur étant décédé en 1955.

Selon cette méthode, il y aurait quatre éléments clés dans l’existence de chacun, quatre éléments devant tous être en équilibre pour aspirer au succès. On parle donc du «physique», du «mental», du «social» et enfin, du «spirituel». Chacun de ces aspects mis en valeur stimulant à son tour les autres.

Et je me souviens que lorsque je l’ai lu, il y a vraiment très longtemps, je l’avais trouvé d’une efficacité redoutable. Imaginez! Dès les premières pages, l’auteur nous met littéralement au défi de passer à travers le livre au complet avant d’aller dormir! Histoire d’en capter l’essence et la pensée générale.

L’idée d’ensemble que je garde en mémoire encore aujourd’hui c’est que le monde est rempli de talents inutilisés et de capacités laissées en jachère. Mais que paradoxalement, une minorité de personnes seulement ose. Au fil des pages, l’auteur nous met donc au défi de devenir plus fort, d’avoir une pensée plus créative, de développer une personnalité plus magnétique et de fortifier son caractère.

« Quand Henry Ford a voulu du verre incassable pour ses nouveaux modèles, il n’est pas allé voir les spécialistes. Ils connaissaient trop de raisons pour lesquelles cela était impossible. Amenez-moi des jeunes gens passionnés qui ne connaissent pas les raisons pour lesquelles on ne peut pas fabriquer du verre incassable, a-t-il ordonné. Donnez ce problème à des jeunes gens ambitieux qui pensent que rien n’est impossible. Et son verre incassable, il l’a obtenu. »

«Je vous défie!» William Danforth)

Mon avis c’est qu’on est clairement pas avec un livre à lire avant de se coucher avec ça, l’évidence étant qu’on arrive plus à dormir tant on se retrouve gonflé à bloc, convaincu de pouvoir tout accomplir!

« Christophe Colomb était fou de vouloir naviguer autour de la terre. Les frères Wright étaient insensés de vouloir voler. Mais supposez qu’ils n’aient pas essayé ? »

«Je vous défie!» William Danforth)

Alors à mon tour, je vous défie! Que 2021 soit cette année où vos projets se réaliseront enfin!

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L’art d’aimer, Ovide

Je me souviendrai toujours d’une session particulière à l’époque où j’étudiais en littérature, alors que j’avais le début vingtaine. L’assemblage de mon choix de cours avait fait en sorte que j’avais du lire en trois mois quelque chose comme une trentaine de livres. Non pas des petits romans actuels. Mais plutôt quelques uns de ces livres qui font partie de l’histoire de la littérature universelle.

«La princesse de Clèves» de Madame de La Fayette, «L’Odyssée» de Virgile, ou encore, «Le décaméron» de Bocace. Vous voyez le genre! On est loin, vraiment, de la littérature de dernière fraîcheur, qu’on se le dise !

Si je parle de cette époque (celle où je lisais ces vieux livres) c’est qu’en ce jour 17 de mon calendrier de l’Avent, c’est justement de l’un de ces très vieux bouquin que j’ai envie de vous parler. Parce que je pense qu’on sous-estime grandement d’une part les petits bijoux qu’on peut trouver dans ces vieilles pages de l’antiquité. Mais surtout, parce que d’une façon un peu surréelle, on découvre parfois dans ces vieux textes qu’humains d’hier comme d’aujourd’hui, avons eu ou avons encore et toujours finalement un peu les mêmes éternels questionnements.

Comment aimer ou être aimé? Comment séduire l’élu(e) de son coeur? Comment gagner une guerre? Comment vivre sa vie?

Bref! Rien de nouveau sous le soleil lorsqu’il est question d’humanité!

Alors quel est-il ce livre que j’ai voulu vous présenter aujourd’hui ?

Rien de moins que l’art d’aimer, à la façon d’Ovide.

Écrit en l’An 1, on aurait semble t’il même retrouvé certains des vers de cet art de l’amour en graffitis sur les murs de Pompéi. C’est dire comme en son temps, ce texte, volontairement écrit de façon humoristique, a pu avoir de résonnance en son temps.

«Romains, si quelqu’un parmi vous ignore ce qu’est l’art de l’amour, qu’il lise mon poème pour s’y instruire et apprendre à aimer. Faire avancer les vaisseaux rapides, à la voile comme à la rame, demande un certain art, faire avancer les chars légers aussi; il en est de même pour diriger l’amour.»

(Introduction, P.29)

L’évidence c’est qu’on trouve dans ces vieilles pages des perles de sagesse qui encore aujourd’hui, pourraient en inspirer plus d’un.

«Tant qu’il t’est possible et permis d’aller à l’aventure, la bride sur le cou, choisis une femme à qui tu as envie de dire: «C’est toi seule qui me plais!» Mais elle ne viendra pas à toi en glissant dans l’air léger: Il te faudra chercher des yeux celle qui pourra te plaire. Un chasseur sait bien où tendre ses filets pour prendre les cerfs, il sait aussi dans quelle vallée s’attarde le sanglier qui grince des dents; ceux qui chassent les oiseaux ont l’expérience des bosquets; le pêcheur connâit les eaux poissonneuses. Toi aussi qui cherches un objet que tu puisses aimer longtemps, apprend tout d’abord en quels lieux trouver abondance de jeunes femmes.»

(page 31)

En bref! Une lecture instructive bien que légère, en ces temps de pandémie. Deux millénaires plus tard!

La vie n’est pas une course, Léa Stréliski

Jour 16 de mon calendrier de l’Avent littéraire. Si peu de jours avant Noël, ça donne presque envie de ralentir un peu.

Et c’est justement ce que propose le livre dont je vous parle aujourd’hui, «La vie n’est pas une course» de l’humoriste et chroniqueuse Léa Stréliski.

Dans cet article de La Presse sur lequel je suis tombée il y a quelques mois, on racontait que selon une étude, de plus en plus de jeunes mères affirment ressentir un «stress élevé» face à l’éternelle et difficile conciliation travail-famille. On peut penser qu’avec l’arrivée de la pandémie, les choses ont un peu changé mais hélas non. Car la vérité, comme on le disait en début de semaine dans une autre étude, les femmes s’occupent encore plus des enfants que les hommes malgré le confinement presque généralisé un peu partout sur la planète. Mais la vérité c’est qu’il n’y a pas qu’au niveau de la famille que le stress et l’anxiété font des ravages. Dans cet autre article, du Huffington Post cette fois-ci, on racontait il y a quelques temps que même à l’université, un étudiant sur sur cinq présente des symptômes d’anxiété et de détresse psychologique. Et il y a fort à parier que le phénomène ne va pas s’estomper dans un avenir prévisible malheureusement…

Clairement, ça donne froid dans le dos de réaliser que lorsqu’on se sent dépassés par le quotidien et écrasés sous le poids des responsabilités, on est bien loin d’être seuls dans notre bateau! Mais qu’au contraire, et d’une façon un peu pathétique, une très forte majorité d’entre nous vivons cela de façon quasi permanente.

C’est pourquoi en découvrant ce bouquin de Léa Stréliski «La vie n’est pas une course», j’ai eu envie d’y jeter un oeil. Car c’est justement au sujet de cette course frénétique du quotidien que Léa Stréliski s’interroge en s’adressant aux «essoufflés, à ceux qui ont tout essayé. Aux éreintés qui poursuivent le bonheur sans l’atteindre.»… Un peu comme si la seule option qui nous était offerte c’était de se résoudre à l’idée que la vie moderne soit destinée à nous broyer.

Parce que, qu’on se le dise, la vérité c’est que la pression est trop souvent partout. Dans le fait par exemple d’avoir le couple le plus épanouis qui soit; d’avoir les enfants qui réussissent le mieux à l’école; de passer les vacances les plus «instagrammables» de l’univers (avant pandémie, bien sur); d’avoir la meilleure carrière, le meilleur salaire, la plus belle maison, alouette! Parce que l’évidence, c’est que cette course à la performance, c’est une course perdue d’avance. Une course à laquelle on en vient à survivre en se gavant de café, les yeux cernés et l’humeur massacrante. Parce que l’évidence, c’est que du fun on en a de moins en moins!

Lorsque moi-même je m’arrête deux secondes et quart pour analyser l’ampleur des obligations de mon quotidien, une accumulation qui amène trop souvent mon agenda au bord de l’explosion, il m’arrive d’être frappée d’une révélation. Soit que mis à part le fait que comme tout le monde, mes journées ne comportent pour moi aussi que vingt-quatre heures, je n’ai trop souvent d’autre choix que de jouer au Tetris pour y faire entrer une quantité inimaginable de taches. Au point ou je me dis parfois que ça aussi, cet espoir, comme Wonderwoman, d’être capable d’être sur tous les fronts et de tous les combats, c’est un combat lui aussi perdu d’avance. Et que, malheureusement, il n’y a pas de trophée pour les éclopés qui se retrouvent au bout de la route au bord du burnout.

Bref! Tout cela pour en venir au fait que j’ai trouvé dans ce livre beaucoup plus qu’une réflexion sur la nécessité de revenir à l’essentiel et de préserver son hygiène mentale, un petit bijou que j’aurais envie de vous offrir. Mais également à toutes celles qui comme moi, sont bien tannées de courir tout le temps comme des poules sans tête.

En tant de pandémie, c’est peut-être le meilleur moment qui soit pour réévaluer ses priorités.

Vous l’avez lu ? Sinon, ruez-vous dessus (mais de grâce, sans courir quand même !)

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Écrire sa vie pour mieux la comprendre, André Gervais

«La vie est une tragédie si vous la regardez en plan rapproché et une comédie si vous la regardez de loin.» (Charlie Chaplin)

Jour 15 de ce marathon de lecture pour mon Calendrier de l’Avent littéraire.

Ce matin, je vous propose un deux en un. Soi une lecture que j’ai adoré et en même temps, un projet d’écriture. Votre vie.

C’est ce que propose en effet le livre «Écrire sa vie pour mieux la comprendre» de l’auteur André Gervais.

Il faut dire qu’il traînait depuis pas mal longtemps sur ma table de chevet celui-là. En fait, j’étais loin de me douter que j’y trouverais autant de stimulation pour écrire. Parce que la vérité c’est que la démarche de recherche de mes origines et d’enquête sur mes histoires de famille, ça fait plusieurs années déjà que c’est un peu devenu mon obsession. C’est pourquoi je pensais avoir un peu fait le tour.

La vérité c’est que ce livre d’André Gervais est tellement stimulant et apporte tellement de nouvels angles de recherches et de questionnements que je n’ai pas pu faire autrement que d’avoir envie de me replonger dans mes recherches.

Alors en ce temps de pandémie, au moment où on se demande comment on pourra occuper ces fêtes confinées qui pointent, c’est peut-être le meilleur moment qu’on aura jamais pour fouiller son histoire familiale. Parce que même s’il n’y a pas de grands drames dans votre famille, c’est vraiment fascinant de découvrir ces événements qui nous ont façonnés, souvent à notre insu. Mais plus encore, les répétitions générationnelles qui reviennent dans certains cas avc la fréquence d’un métronome sont parfois vraiment étonnantes quand on les voit enfin. Et je vous le dis! On sous estime à quel point ce genre de recherche, ça a le pouvoir de nous transformer en tant qu’humain.

Pourquoi ? Parce que de connaître son histoire, ça libère tellement! Vous n’avez pas idée!

«Transmettre aux siens le sens de notre histoire leur procurera plus de liberté pour la réalisation de la leur.» (Page 55)

Alors l’idée vous interpelle ? Ce livre est sans aucun doute le meilleur point de départ que je puisse vous suggérer.

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Kukum, Michel Jean

Jour 14 de mon calendrier de l’Avent littéraire! Je vous parle ce matin d’un livre, «Kukum» de Michel Jean qui est sorti récemment et qui a fait grand bruit. Ici au Québec mais aussi ailleurs. D’abord parce que son auteur vient de remporter le prestigieux prix France-Québec. Mais aussi, comme il me semblait l’avoir lu sans pouvoir retrouver ou, alors que ce livre vient d’être ajouté aux programmes scolaires en France.

Ce que ça raconte «Kukum»? C’est en fait l’histoire de l’arrière-grand-mère de l’auteur, Almanda Siméon, une orpheline de St-Prime qui en épousant à 15 ans un Innu de Pekuakami s’intégrera à cette communauté amérindienne au point de s’y fondre. Elle partagera ainsi toute sa vie l’existence nomade des Innus en acquérant les moeurs et la langue propre à cette communauté.

Et de fait, «Kukum» c’est un mot qui en langue innue, signifie justement «grand-mère».

Alors en détails, on découvre ainsi le mode de vie des Innus constitué notamment de chasse, de pêche et de déplacements en canot. Ceci en plus de voir évoqués l’arrivée des entreprises forestières, l’impact de la drave sur le milieu naturel, puis enfin, le débat sur l’importance d’envoyer les enfants à l’école… Ce qui a conduit à la tragédie que l’on connais de ces honteux orphelinats autochtones où le gouvernement a forcé pendant des décennies l’envoi des enfants amérindiens dans le but de les scolariser bien sur. Mais surtout de les évangéliser et de les assimiler. La pratique qui avait pour conséquence de séparer les enfants de leur familles a surtout provoqué une immense fracture générationelle au sein de ces communautés dont les nouvelles générations se sont presque mises à avoir honte de leurs ancêtres dont ils avaient appris à considérer les pratiques comme arriérées. C’est quand même fou, je trouve, de penser que ces pensionnats qui ont été créés au début des années 1820 ont existé jusqu’en 1996… Une tache dans notre histoire qu’on commence seulement aujourd’hui à reconnaître.

Bref! J’ai beaucoup aimé ce livre! D’une part pour le regard qu’il nous permet de porter sur le vécu de ces communautés qui ont occupé le territoire bien avant nous. Mais surtout, parce que cette histoire de l’arrière-grand-mère de Michel Jean, ça m’a aussi fait penser à ma propre grand-mère paternelle. Une femme que j’ai longtemps pensé être d’origine algonquine mais qui s’est avéré au cours de mes recherches avoir plutôt été d’orgines Micmac. Et mon intuition aujourd’hui c’est que Florence, ma grand-mère, aurait en mariant un blanc – et en vertu de la fameuse loi sur les Indiens – été forcée elle-aussi de renoncer à ses origines…

Au final, «Kumum» de Michel Jean c’est une histoire infiniment touchante et bien racontée.

Et vous? Vous l’avez lu?

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La nouvelle cuisinière canadienne

Comme dimanche dernier, en ce 13e jour de mon calendrier de l’Avent, j’ai eu envie de vous proposer un livre qui soit aussi dans l’ère de mes Pages féminines d’un autre temps que j’aime tant!

Aujourd’hui, c’est donc du vieux livre «La nouvelle cuisinière canadienne» publié en 1865 que j’ai eu envie de vous parler.

Paru en 1840 pour la première fois, ce livre est considéré comme le premier livre de recettes écrit en français au Canada. Cette quatrième édition sortie en 1865 présente ainsi des plats français et anglais, certains intégrant des ingrédients locaux tels le maskinongé, la farine de maïs ainsi que le sirop d’érable. En ce qui me concerne, je trouve assez fascinant de découvrir ces anciens plats à travers des recettes à la méthodologie parfois un peu aproximative. Dans certains cas la marche à suivre est inexistante, le temps de cuisson semblant lui matière au jugement du cuisinier. C’est vous qui voyez en quelques sortes. Et pire, plus d’une trentaine d’unités de mesures (la pincée, la poignée, la cuillérée, la chopine, la pinte, la roquille, le gallon, le demi setier ou demiard, le mirésrable, la livre, le quarteron, l’once, le doigt, , le pied, le dé, etc) y figurent. Bref! Il y a de quoi perdre son latin! Mais surtout, un risque assez grand de se retrouver avec un résultat, disons-le, pour le moins aléatoire.

Mais ce que ce livre nous promet? Rien de moins que le bonheur éternel avec «Tout ce qui est nécessaire de savoir dans un ménage, tel que l’achat des diverses sortes de dentéres; les recettes les plus nouvelles et les plus simples de préparer les potages, les rotis de toutes espèces, la pâtisserie, les gelées, glaces, sirops, confitures, fruits, sauces, puddings, crèmes et charlottes; poissons, volailles, gibiers, oeufs, légumes, salades, marinades; différentes recettes pour faire diverses sortes de breuvages, liqueurs, etc,. etc. » (Quatrième édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée, Montréal, 1865)

Et de fait, on y retrouve de véritables perles de la science ménagère que toute femme souhaitera bien sûr connaître.

«Le coup d’oeil bienveillant, l’aimable sourire de la maîtresse de maison et de sa fille sont l’heureux pronostic d’une cordiale et douce hospitalité. Savoir faire les honneurs de chez soi, c’est savoir oublier qu’on en est le maître. Regardez à deux fois avant d’inviter un convive; mais n’oubliez pas que dès que vous l’avez reçu, il est plus que votre hôte, il est votre ami.»

(Page 9)

Coup de foudre en ce qui me concerne! Pour la curiosité, pour la découverte de l’évolution de la langue française dans une société dans laquelle se côtoient anglais et francophones. Une belle leçon d’histoire à travers le quotidien bassement alimentaire.

Je vous laisse avec cette recette de biscuits à la madeleine.

Biscuits à la madeleine

Battez six œufs avec trois quarterons de sucre, trois quarterons de beurre défait en crème, ajoutez un verre à vin d’anis bien lavé, un demiarre de lait, gros comme un dé de perlasse, brassez le tout en­ semble, avec une livre et demie de farine; laissez lever deux heures près du feu : prenez la pâte par morceaux, roulez-la, et mettez sur une tôle dans le fourneau. Ou peut aussi les faire cuire dans le saindoux bouillant.

(page 125)

Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives

J’ai toujours été très sensible aux questions touchant la maternité. Et même si pour ma part, j’ai toujours été profondément certaine que je voulais avoir des enfants, j’ai aussi toujours été très consciente que d’être mère, c’était quelque chose de très prenant et difficile. Et que ce n’était pas forcément pour toutes.

Et cela, même si à coups de publications Instagram ou d’articles de magazines de toutes sortes, on nous bombarde constamment de ce qui semble être toujours la même image idéalisée de la maternité. Une image qui peut facilement devenir très souffrante je pense quand soi-même on entre pas dans ce «moule social». Et qui fait probablement se sentir bien inadéquate celle qui par malheur aurait d’autres envies.

Inutile donc de dire que j’ai toute suite été interpellée par la thématique de ce livre dont j’ai envie de vous parler en ce jour 12 de mon calendrier de l’Avent, soit «Tenir jusqu’à l’aube» de l’autrice Carole Fives.

Ce que ça raconte ? L’histoire d’une jeune mère monoparentale d’un petit garçon de deux ans. Graphiste à son compte et sans ressources, la jeune femme qu’on ne nomme jamais est un peu prisonnière par la force des choses d’une relation fusionnelle avec son enfant dont elle a seule la responsabilité. Nouvellement installée à Lyon pour le travail, elle se retrouve sans filet social, sans famille pour la soutenir, sans salaire fixe (parce que pigiste) pour se payer une place à la crèche pour son enfant. Et enfin, seule pour subvenir à leurs besoins à tous deux, elle se bat pour survivre.

Alors, un peu comme la chèvre de Monsieur Séguin, la jeune femme se met peu à peu à tirer sur sa corde, sa seule source d’air étant ce petit moment de liberté qu’elle se permet quand son fils dort. Elle s’autorise ainsi la nuit, à sortir fumer une cigarette, d’abord à quelques mètres de l’appartement. Puis de plus en plus loin, de plus en plus longtemps.

Nous ne sommes bien sur pas dans le léger avec ce livre mais plutôt dans un genre de huis-clos qui nous permet de ressentir la réalité poignante d’une femme qui sans soutien, perd peu à peu pied. Et le plus troublant, on en est frappé à la lecture de cette histoire, c’est cette évidence que le poids de la pression qui pèse sur la maternité est sans commune mesure avec les diktats que la société impose aux pères.

Et d’ailleurs, sur certains sites internet sur lesquels la jeune mère recherche désespérément du soutien, ce commentaire parmi d’autres d’une autre jeune mère qui renvoie un peu comme un coup de poing son sentiment d’être inadéquate. Et à qui d’autres mères renvoient leur jugement au lieu du soutient dont elle aurait pourtant tellement besoin.

«Avant d’avoir un enfant, on ne sait absolument pas ce qui nous attend. Est-ce un crime de constater qu’on n’y arrive pas ? Ne vaut-il pas mieux pour l’enfant être élevé par quelqu’un qui s’en sortira bien mieux ? Ma fille n’en sera-t-elle pas plus heureuse? J’ai deux autres filles de quatorze et seize ans. Je leur ai moi-même conseillé de bien réfléchir avant de devenir mères.»

Page 75

Et, le plus choquant je trouve c’est que genre d’histoire, on en est témoins tous les jours dans les médias avec ce genre d’articles par exemple qui nous parlent régulièrement de jeunes mères qui finissent par déraper avec des conséquences parfois tragiques, tant pour elles que pour leurs enfants.

Vraiment, «Tenir jusqu’à l’aube», c’est un roman qui m’a énormément touchée en tant que femme. Parce que j’y ai trouvé un roman très moderne et tellement criant de vérité dans sa représentation du poids de la pression qui pèse sur les mères. Celles-ci constituant une cible de jugement trop souvent tellement facile. Mais surtout, parce que montrant de façon assez criante merci à quel point les jeunes mères peuvent se retrouver tellement seules et désemparées qu’elles se retrouvent un peu obligées par la force des choses de chercher un semblant de soutien sur internet et autres médias sociaux.

Avec des résultats trop souvent assez discutables, qu’on se le dise.

Une lecture que j’ai trouvée en ce qui me concerne bouleversante de vérité.

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L’énigme de la chambre 622, Joël Dicker

Il y a plusieurs années, j’avais vraiment eu un énorme coup de coeur pour Joël Dicker qui avec son premier livre «La vérité sur l’affaire Harry Québert» avait fait une entrée fracassante dans le monde de l’édition. C’est pourquoi mes attentes étaient somme toutes assez élevées lorsque je me suis attaquée à son plus récent, soit «L’énigme de la chambre 622».

Mais, comment je dirais ça donc? À part que le moins que je puisse dire, c’est que je suis restée assez mitigée suite à cette lecture qui s’annonçait de prime abord comme un roman policier banal.

L’histoire ici c’est celle d’un romancier qui en 2018, porte son attention sur un meurtre commis dans la chambre 622 d’un hôtel chic de Verdier en Suisse. La victime? Le directeur de l’une des plus grandes banques du pays, tué de deux coups de feu lors d’un weekend dédié à son élection. Le coupable de ce meurtre n’ayant jamais été démasqué depuis, le romancier de passage découvre qu’il n’y a plus de chambre 622 mais plutôt une chambre 621 Bis et décide donc de se pencher sur cette vieille histoire dans le but d’une part de trouver le coupable. Mais surtout d’en faire un livre. Et au passage, de faire l’hommage de son ancien éditeur décédé. Donc d’office, on se retrouve avec plusieurs niveaux de narration. Le temps de l’écrivain ainsi que la semaine précédent le meurtre. Mais aussi ? Quinze ans avant.

Ce qui s’annonce au départ comme un banal roman policier à la recette mille fois éprouvée, devient toutefois au fil des pages une histoire un peu rocambolesque, à la limite du burlesque. Ici, pas de héros mais surtout des personnages un peu benêts de dirais. Car alors que la direction de la banque s’était transmise de génération en génération au fil des ans à des membres de la famille Ebezner, le dernier de la lignée, Macaire, décide tout bonnement d’échanger ses actions avec un illustre et mytérieux inconnu répondant à l’improbable nom de Sinior Tarnogol. Pour de l’argent? Même pas. Tout simplement pour obtenir l’amour de la belle Anastasia.

Décidément, il n’y a que dans les romans qu’on peut voir ça non?

Avec cette intrigue, on se retrouve dès lors avec de faux anciens nôbles russes, des histoires de trio amoureux et de cocufiages, avec des gens de basses origines qui par le plus grand des miracles, se retrouvent soudainement tout en haut de la pyramide par les plus improbables détours. Mais aussi, avec une bonne au langage, disons-le, un peu étonnant, à la limite du ridicule sans aucun doute, et qui rêve en secret de son patron…

Qui est mort ? Qui a tué? Pourquoi? On découvre au fil des pages que ce qui s’annonçait comme une banale histoire prend des proportions absolument inimaginables. Et dont certains éléments apparaissent même à certains moments carrément invraisemblables. On en vient à se dire que c’est un peu le festival du retournement de situation au point de se sentir un peu étourdis par moments.

Bref, si je parle quand même de ce livre aujourd’hui, c’est que contre toutes attentes, je n’ai pas détesté. Du moins considérant les critiques qui dans l’ensemble n’ont pas été super top pour ce livre depuis sa sortie. Je pense que si comme moi vous aimez les histoires ou les personnages n’ont rien de héros, des histoires qui font preuves d’imagination et qui sortent du cadre (c’est un euphémisme de le dire!), vous apprécierez certainement vous aussi.

Je dirais que c’est un livre pour la distraction et pour se laisser surprendre avant tout. Cela en oubliant pas de mettre son cerveau à «Off» bien sur parce que la moindre réflexion quant au réalisme de cette histoire vous ferait décrocher en moins de deux. Chose certaine, il y a tellement de retournements et de révélation que ça m’a semblé pour ma part impossible de m’ennuyer.

Alors et vous ? Vous l’avez lu? Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

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