Au Gouvernail toutes

Lorsque parfois je m’aventure à oser jeter un bref coup d’oeil à mon blogue, je me dis quelle catastrophe! Que s’est-il donc passé en effet pour qu’en l’espace d’un soupir, je n’arrive même plus à m’échapper du quotidien, ne serait-ce que quinze insignifiantes minutes pour écrire?

Comme beaucoup de femmes, j’ai rêvé pendant des années de pouvoir alléger mon quotidien et de parvenir à trouver un mode de vie qui me permette de m’extraire de la pression du quotidien qui a rimé tellement longtemps avec métro, boulot, dodo. Une litanie qui ressemblait un peu au jour de la marmotte, qu’on se le dise! Et qui a été plus souvent qu’autrement ponctuée de repas à prévoir, de rencontres de parents à ne pas oublier, de brassées de lavage à faire,.. Cela en même temps que, dans un semblant de vie parralèle, je tentais du mieux que je le pouvais de répondre aux exigences du boulot, recrachée chaque matin par le métro qui m’avait avalée quelques stations plus tôt. Une charge mentale qui a du dépasser par moments, j’en suis certaine, la capacité d’un camion de dix tonnes…

Bon, j’exagère un peu, je l’avoue. Mais si peu vraiment !

Aussi, ces dernières années, alors que mon fils est devenu un adolescent et que ses difficultés scolaires du primaire se sont estompées, j’ai imaginé un peu naïvement que ma cinquantaine se pointant, j’allais avoir enfin droit à un peu de…

Comme définir ça donc?

De la légèreté ? De la douceur ? Ou plus simplement, d’un peu de temps pour juste respirer (oh pas beaucoup! Je me contente de peu, si vous saviez!) ?

Mais, n’y a-t’il pas un proverbe qui dit que la vie c’est ce qui arrive quand on est occupés ailleurs à faire des projets? C’est ce qui a du se produire j’imagine alors que j’ai du oser cligner des yeux, une micro seconde…

Ou de façon plus terre à terre, lorsqu’une certaine pandémie a décidé de prendre toute la place dans nos vies. Et de changer légèrement nos ordres du jour…

Bref! Après bientôt près d’un an de l’effet de la pandémie (une pandémie !!! Rien que ça!) sur nos vies, je ne peux donc m’empêcher de tourner en boucles dans ma tête cette sempiternelle question. Que s’est-il donc passé pour qu’en l’espace d’un soupir, je n’arrive même plus à m’échapper du quotidien, ne serait-ce que quinze minuscules minutes pour écrire? Et que s’est-il donc passé pour que soudainement surtout, tout soit devenu si lourd?

Car la vérité, c’est que le fait de travailler de la maison depuis bientôt presqu’un an, outre le fait de nous isoler, ça a quand même eu certains bénéfices. Par exemple, toutes ces heures passées dans les transports en commun qui ont pris en l’espace d’une douzaine de mois, des airs d’une autre époque.

N’empêche!

Moi qui ai longtemps imaginé un peu naïvement que la période la plus difficile dans la vie d’une femme était celle pendant laquelle les enfants sont encore jeunes et super dépendants de nous, je découvre aujourd’hui avec un certain effarement, je le confesse, que j’étais bien loin du compte. Parce qu’en l’espace d’un clignement des yeux, je me suis retrouvée confrontée à des questions auxquelles je n’aurais imaginé devoir trouver des réponses.

Par exemple ?

Décider de la texture de la nourriture de ma mère, qui atteinte de Parkinson avancé, ne marche presque plus. Et sur qui, la pandémie a eu un effet dévastateur, je ne vous le cacherai pas. Et qui enfin, – comme si ça ne suffisait pas – me harcèle littéralement (c’est vraiment le mot juste!) pour que je m’occupe de…ses pré-arrangements funéraires.

Ou encore? Parce qu’on en est qu’au début de la liste, ma soeur qui dans un effet de synchronicité digne de Twilight me demande de devenir …son exécutrice testamentaire, advenant son décès.

Tu sais ! Quand tu es entourée de monde joyeux, qu’elle m’a dit en riant!

Ou encore (bis)? Me retrouver d’un coup, sans que je n’ai eu le temps de rien voir venir, soudainement «proclamée» administratrice du syndicat de co-propriété que j’habite. Parce que, je vous le donne en mille! Personne, comme c’est souvent le cas en condo, ne veut plus s’occuper de cette charge sous l’effet d’un co-administrateur à la personnalité si détestable qu’il a mis au tapis tous les autres administrateurs avant moi….

Des heures de plaisir devant moi – vous l’aurez deviné – alors que j’ai probablement autant d’intérêt pour l’administration que j’en ai pour la pratique du Sudoku chez les Mulao…

Un intérêt que j’évaluerais, si je me permettais la plus minime estimation, à à peu près – 1000. Et je vous assure que cettte estimation est vraiment très conservatrice…

Lourd disions nous ?

***

C’était quoi la question initiale de ce billet déjà?

Ah oui !

Que s’est-il donc passé pour qu’en l’espace d’un soupir, je n’arrive même plus à m’échapper du quotidien, ne serait-ce que quinze minuscules minutes pour écrire? Et que s’est-il donc passé surtout pour que soudainement, tout soit devenu si lourd, intense et grave?

Je dirais qu’une partie de la réponse à cette insondable question réside peut-être dans cette image qui me vient en tête. Celle de moi sur un petit bateau qui lutte pour aller vers le port alors que les vents contraires s’évertuent à m’amener ailleurs. Un peu comme si de mes plans, ils n’en avaient évidemment rien à cirer eux!

Alors j’ose le demander ici. À quel moment précis nos vies se mettent-elles ainsi à nous échapper? Et surtout, comment amadouer ce foutu vent contraire?

Parce que l’expérience de Capitaine de bateau, je le crains, ça ne se trouve pas dans une boîte de Crackers Jake…

La fuck-it therapy: Au diable tout ce qui dépasse et déborde

Ce genre d’amie, on en a toutes une, non ? Sinon, je vous le dis, il faut absolument mettre ça illico sur votre liste de souhaits pour Noël.

Vous savez ? Ce genre de personne que l’on appelle quand on a besoin de ventiler et de se sentir plus légère.

Pour ma part, je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter ça mais j’en ai deux. D’abord Karla dont je vous ai souvent parlé ici. Et puis Lou, que j’aurais envie de vous dépeindre comme une joyeuse jeune retraitée à l’énergie d’une bombe sur le point d’exploser. Comme autrefois elle occupait ce poste qui est aujourd’hui le miens, c’est vers elle que je me tourne quand j’ai besoin d’évacuer tout ce qui a besoin de l’être. En bref, c’est un peu une mentore.

Son mantra ? Fuck off! Au diable tout !

Inutile de vous dire que c’est la meilleure personne à qui parler quand on a besoin de dédramatiser.

Bref! C’est à elles deux que j’ai pensé quand je suis tombée sur cet article qui fait l’éloge de la «fuck it Therapy». Qu’on pourrait traduire par «Rien à foutre!» en français.

Le principe selon l’inventeur et promoteur de cette approche? Inquiétez-vous moins et vivez plus!

Et le meilleur? Selon John Parkin, cet homme à l’origine d’ateliers et de stages consacrés à cette «Fuck It Therapy» au Royaume-Unis, le fait de se retrouver en groupe et de crier «Fuck It!», ça produirait le même effet antistress qu’une longue séance de méditation ou de relaxation. Rien de moins que l’équivalent d’un massage pour l’esprit.

Ça me ramène moi-même à ma vingtaine. Cette époque ou mon mantra, cette phrase fétiche que j’aimais bien me répéter au besoin, c’était un peu l’équivalent du retentissant «Fuck Off» de Lou…

«Mon nom c’est Joe Meilleur, si ça ne fait pas ici, ça fera ailleurs!»

Essayez le ! Dites-là cette phrase ! Je vous mets au défi de ne pas vous sentir soudainement plus léger(e) qu’une bulle de champagne. Magie garantie! Même les lutins seront jaloux!

J’en parle parce que ces dernières semaines, en regardant toutes ces taches qui, comme c’est le cas chaque année à l’approche des fêtes, luttent pour se faire une place dans mon agenda, je me suis sentie quelques fois à un cheveu d’hyper-ventiler.

Dans le détail, aux habituels ménage, lavage, repassage, s’ajoutent les rencontres de parents pour le premier bulletin, les repas des fêtes à planifier (parce que les agendas de tous s’alignent rarement sous l’effet de la magie), les cadeaux à acheter,…et les ateliers d’écriture auxquels on a eu la bonne idée de s’inscrire !

Parce que, je ne sais pas pour vous, mais je suis comme ça n’est-ce pas ? Toujours à programmer mille affaires, en faisant du déni sur leur faisabilité. Jusqu’à ce que la réalité de la surcharge me saute au visage comme une bombe soudainement dégobillée.

Mais cela, c’était jusqu’à ce que je tente récemment la chose la plus révolutionnaire qui soit. Et j’ai nommé le largage élevé au rang de grand art.

Ainsi, la séance dans la cuisine pour produire mes habituels biscuits de noël? On saute une année.

L’atelier d’écriture qui me bouffe la moitié de mes samedis, exposant cinq? On pousse vers l’avant et on remet ça à l’ hiver.

La planification hebdomadaire des repas ? Mon Dieu, une pause s.v.p! Nous trouverons bien le moyen de piger dans le congélo pour quelques semaines. À la limite, l’occasion idéale de nettoyer celui-ci, une fois qu’il sera vide. Et je me dis que la tragique vérité, c’est que probablement personne ne verra la différence…

Comme quoi!

Mais du coup, je réalise que nous sommes nombreuses comme ça à se mettre sur les épaules la pression d’une tonne de briques.

Alors aujourd’hui, je rend grâce à John Parkin (mais aussi à Lou!). Eux ont compris le secret du bonheur!

«Fuck Off!» tout ce qui dépasse !

On largue les amarres!

***

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Caroline ou lorsque la conciliation travail-famille devient tout un défi

Caroline en compagnie de son fils

Être femme aujourd’hui, je me dis souvent que ce n’est pas forcément plus facile que ce l’était pour nos grands-mères jadis. Les choix sont dans certains cas juste un peu différents. Mais de façon générale, nous sommes encore soumises aux mêmes éternelles questions.

À savoir. Comment se réaliser en tant que personne tout en étant mère. Avec toute la «gymnastique» que ça impose pour concilier les deux.

Et la chose peut parfois prendre différents degrés de subtilités selon la position géographique où l’on se trouve sur la planète. Mais surtout, dépendamment du niveau de conformisme au modèle dominant auquel nous sommes disposées à nous plier.

Ou pas.

C’est pourquoi il y a vraiment longtemps que j’avais envie de vous parler d’elle, Caroline, la nièce d’une de mes meilleures amies, Karla. Parce qu’elle m’inspire tant dans les choix de vie qu’elle a fait que dans la façon qu’elle a trouvé de concilier tout cela. Une façon qui me semble particulièrement audacieuse, même dans notre société actuelle qui a pourtant beaucoup évolué à certains niveaux. Mais pas tant de façon générale. Et cela, même ici au Québec, un endroit pourtant beaucoup plus progressiste que bien d’autres sur la planète.

D’abord, Caroline qui est née en Abitibi, dans le Nord du Québec vit aujourd’hui dans une petite ville de moins de 1000 habitants, dans la Vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique. C’est ainsi dans l’extrême Ouest Canadien qu’elle a choisi de s’installer avec sa famille. Mais – et le «mais» prend toute son importance ici – elle n’y vit que la moitié du temps parce que son lieu de travail est ailleurs, presque à l’autre bout de la planète. Plus précisément ? Dans la province de Chukotka, un district fédéral extrême-oriental, à l’extrémité nord-est de la Russie. Une région bordée par la mer de Sibérie Orientale et par la mer de Béring.

Lorsque nous nous sommes parlé par Skype il y a quelques temps, il était 21h ici à Montréal alors qu’il était déjà midi le lendemain pour elle. C’est vous dire !

Sa profession ? Ingénieure minier, un métier dans lequel, inutile de le dire, on retrouve très peu de femmes. N’empêche, Caroline a ainsi été amenée à travailler sur divers chantiers sur la planète, que ce soit ici au Canada, mais également aux États-Unis ainsi qu’en Mauritanie. C’est d’ailleurs alors qu’elle avait obtenu un contrat aux États-Unis il y a quelques années qu’elle a rencontré celui qui allait devenir son mari, nul autre que le douanier. Comme quoi, passer les douanes, ça réserve parfois bien des surprises !

Là où cette fille suscite toute mon admiration c’est que tout cela, les particularités de son boulot versus celles de sa vie personnelle, ça ne l’a pas découragée d’avoir des enfants. Et cela, malgré toutes les contraintes qu’on peut aisément imaginer, en premier lieu la fameuse conciliation familiale.

Dans les faits, elle part six ou sept semaines, puis reviens auprès de sa famille pour quatre semaines. La première évidence c’est qu’elle n’est pas auprès de son fils, maintenant âgé de trois ans et demi, plus que la moitié du temps. De sorte que son mari et elle ont dû prendre une Nanie qui réside chez eux à toute l’année, une fille au pair Australienne qui peut ainsi faire ce qu’elle veut quand Caroline est de retour à la maison.

L’autre évidence, comme elle me l’a dit elle-même, c’est qu’elle est forcée de lâcher prise sur bien des choses, et accepter que celles-ci sont hors de son contrôle. Notamment l’éducation lorsqu’elle est absente. Par exemple, si elle apprend que le petit a mangé des pogos deux fois cette semaine, et bien elle doit accepter que c’est comme ça! Parce que de l’autre côté de la planète, elle deviendrait folle si elle s’acharnait à vouloir tout contrôler.

Au final, ça ne l’empêche pas d’avoir des doutes bien sûr! Par exemple si elle a fait le meilleur choix, si elle ne finira pas avec des regrets un jour, si elle ne s’est pas inutilement compliqué la vie, etc. Mais la vérité c’est qu’elle a commencé à travailler dans le domaine minier lorsqu’elle avait tout juste 15 ans, alors c’est rien de moins que son identité. De plus, ce goût de l’aventure, il lui a été transmis par sa famille. Aussi, elle ne sait pas trop ce qu’elle pourrait faire d’autre. Ni même si elle saurait s’accommoder du 9 à 5 habituel ainsi qu’aux interminables heures passées dans la circulation pour aller et revenir du travail. C’est donc un choix déchirant à certains niveaux mais qu’elle se considère chanceuse de pouvoir faire. Parce que bien sûr, le fait de travailler à l’étranger, auprès de cultures différentes, ça la rend consciente de façon particulièrement aiguë que ce n’est pas le lot de toutes sur la planète.

En Russie où elle se trouve actuellement, les droits des femmes ne sont pas les mêmes que pour nous. Celles-ci n’ont par exemple pas le droit de travailler sous terre. En Mauritanie où elle a passé deux ans, alors qu’elle était la jeune ingénieure qui arrivait, à tout juste 24 ans, elle a été confrontée au regard de totale incompréhension de ceux qui lui demandaient, éberlués, comment ses parents pouvaient être d’accord avec ça, et si son père l’avait abandonnée. À d’autres moments, elle s’est fait dire qu’Allah lui en voudrait de porter des pantalons…

Le fait de vivre de cette façon, ça l’a par la force des choses amenée à réfléchir à la vie et à la place du travail autour duquel tout semble devoir être construit. À ce moule social et aux conventions aussi, qui voudraient nous convaincre que lorsqu’on est une femme, on doit avoir envie d’être belle, on doit vouloir se marier, avoir des enfants, être à la maison. Rien de moins que se conformer à notre identité de genre, telle que vendue par les magazines. Et cela, indépendamment de notre vraie nature et des envies que l’on peut avoir à titre d’humain.

Quand je vous dis que je la trouve inspirante, c’est vraiment un euphémisme.  Pour ma part, je ne sais pas si je pourrais vivre ainsi mais je trouve ça magnifique de la voir aller, d’oser chercher son modèle à elle.

Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale, Titiou Lecoq

Les derniers mois, je dois l’avouer, j’étais tellement fatiguée que juste l’idée de me plonger dans un livre et la chose m’apparaissait comme rien de moins que hors de ma portée. La  concentration à zéro et le niveau de mon énergie lui aussi à sec, je n’arrivais tout simplement plus à lire plus d’un paragraphe avant de me résoudre à refermer mon livre.

Inutile de vous dire que dans ces circonstances, passer à travers un bouquin m’apparaissait comme une véritable épopée. Peut-être même le projet d’une vie ! (et oui, j’exagère un peu quand même!)

N’empêche! Le sujet de «Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale», livre de l’auteure et blogueuse française Titiou Lecoq, était si proche de mes intérêts et son propos si en accord avec mon ressenti du moment que je n’ai pu faire autrement que de me rendre jusqu’au bout. Un paragraphe à la fois, une page après l’autre. La vérité étant que ce livre aura été le livre coup de cœur de mon été.

Rien de moins qu’une révélation!

Parce que je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, avec tout ce qui s’est écrit un peu partout dans les médias ces dernières années sur la condition des femmes, j’ai vraiment le sentiment de vivre un moment charnière de l’histoire alors que le statu-quo ne semble plus envisageable. Vous savez! Ces agressions qu’on ne peut plus accepter de ne pas dénoncer, le sexisme jusque là «ordinaire» que l’on vomit aujourd’hui, les double-standards dont on ne veut plus s’accommoder.

Et ?

Cette fameuse conciliation travail-famille que l’on voudrait croire (bien naïvement!) plus égalitaire aujourd’hui. Cela, avant de se rendre compte, une fois les enfants arrivés dans le décor, que les dés sont pipés d’avance. Et que ce qui semblait plutôt égalitaire alors que nous n’étions que deux, devient littéralement une course à obstacles une fois qu’on décide de se multiplier. Parce que de façon un peu injuste, même si nous avons chacun un boulot prenant, ça finit inévitablement par être la femme qui se verra d’office attitrée à la gestion de la marmaille (Tiens donc! Il ne reste que deux couches ! Faudra que je m’arrête en chercher en revenant du boulot!), de la maisonnée (ménage, repassage et autres «age» de circonstance), des menus et collations (nutritifs et respectant le guide alimentaire S.V.P!) et de tout ce qui relève de la vie de famille en général (le rendez-vous chez le pédiatre, le billet-jaune à signer et à retourner au service de garde, sans quoi fiston ne pourra pas participer à l’activité de groupe)…

Un peu à l’image d’une gestionnaire de chantier à laquelle il m’arrive de me comparer. Sauf que pour nous les femmes, c’est 24 heures sur 24. 365 jours par année.

Même en dormant !

Parce que bien sur, on pense à tout nous, n’est-ce pas ? Tout le temps ! Moi en tout cas ! Car je fais des listes, je m’envoies des courriels. Cela en plus de noircir un agenda et un calendrier mural; ce dernier, j’en suis certaine, devant bien se comparer au format d’une pancarte sur l’autoroute !

Bref! On ne s’en sort pas ! Jusqu’à ce qu’on pète un plomb en entendant l’Homme de la maison nous asséner un «Mais pourquoi tu ne me demandes pas de t’aider»….

Grrrr !

Alors, qu’est-ce que ça raconte ce bouquin écrit par l’auteure française Titiou Lecoq?

« Un jour, je me suis demandée  : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent  ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve.  L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence  : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue  ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale  ?» (- «Libérées, Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale», Titiou Lecoq)

Vraiment, je ne trouve pas les mots pour dire à quel point tout au long de cette lecture, je me suis retrouvée. Dans cette course folle du quotidien dans laquelle, nous les femmes, nous nous essoufflons sans relâche. Pour réussir professionnellement en même temps qu’on tient la maisonnée, trop souvent à bout de bras. Écartelées entre les besoins des enfants qui grandissent, des parents qui vieillissent, du linge sale qui s’accumule sans fin, un peu comme la célèbre pierre d’un Sisyphe éternellement condamné à pousser. Mais aussi, les exigences concernant l’éducation des enfants qui n’en finissent plus de devenir plus aiguës. Parce que bien sur, il faut penser aux collations santé, aux jeux éducatifs, mais aussi, au besoin d’individualisation de ces chers petits.

Tout cela, en étant constamment celles qui ramassent cette maudite chaussette que personne ne semble voir ! Des chaussettes qui, sans qu’on sache trop pourquoi, n’en finissent jamais de traîner à ce qu’il me semble parfois! Un peu comme dans une mutinerie. Au point où je me demande parfois «Non mais elle est où cette foutue caméra?». Parce que clairement, quelqu’un quelque part veut ma peau!

C’est forcé!

Alors ? Ce livre de Titiou Lecoq, je pense que je vais en acheter treize douzaines de copies et en offrir à toutes les femmes autour de moi. Qui sait si une grève de la chaussette ne se profile pas à l’horizon!

Et oui Mesdames !

RÉ-VO-LU-TION !

L’éternel sentiment de culpabilité des parents…quand on se compare, on se console

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Parfois, je me dis que devenir parents, c’est un peu comme d’accepter soudainement d’entrer dans un monde constitué de paradoxes.

D’une part, vous constaterez que jamais plus votre vie ne vous appartiendra totalement. Mais surtout, il faut dès lors accepter de ne jamais se sentir « assez »…

Assez présente pour ses enfants. Assez disponible pour le patron. Définitivement, vous n’avez plus du tout assez de temps pour les 5 à 7 du jeudi. Ainsi que pour les amis que vous en viendrez à caser à votre agenda, histoire de ne pas les perdre définitivement de vue.

Et très clairement, vous ne serez jamais plus au bon endroit. Au bureau quant vous auriez envie d’être avec vos enfants. À la maison avec un enfant malade alors que vous devriez être en réunion. Continuer la lecture de « L’éternel sentiment de culpabilité des parents…quand on se compare, on se console »

De tout, de rien… et un peu de n’importe quoi

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En regardant la date à laquelle j’ai mis en ligne mon dernier billet, je me dis que décidément, le temps me glisse entre les doigts en moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil !

Cela, lorsqu’il – Mr Big Time – ne me laisse pas carrément croire qu’il s’accélère. Littéralement !

C’est pourquoi, il m’arrive fréquemment de me dire que l’un des grands manques de nos sociétés modernes, c’est peut-être vraiment cela au fond. Ce manque de temps continuel qui me donne, à moi comme à vous j’en suis certaine, ce sentiment de plus en plus permanent de me dissoudre dans un flot continu d’obligations, de listes de «il faut» et de «je dois». Une floppée de «To Do» qui laissent bien peu de place, au final, au plaisir tout banal de quelque envie inutile qui puisse se présenter -inévitablement! – au moment le moins opportun qui soit.

Car le plaisir, la vérité c’est qu’il est bien souvent dans l’inutile, n’est-ce pas ? Dans le non-commercial et dans ce qui rapporte bien autrement qu’en espèces sonnantes. Car où serait le plaisir, sinon que dans ce sentiment d’aller à contre-courant, je vous le demande!

Comme lorsque nous étions enfant.

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La charge mentale comme un saut dans le vide ou la solitude des héroïnes

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On en a pas mal parlé depuis une semaine dans les médias ! Cette fameuse charge mentale dont toute femme ressent un jour ou l’autre tout le poids sur ses épaules…

Vous savez !

Ce sentiment de devoir penser à tout, tout le temps. De devoir tout prévoir, en toutes circonstances. Au prix de devoir tenir des listes sans fin de taches à accomplir. Parce que les sujets à lister, il y en a vraiment de tous les genres n’est-ce pas ? Du «qu’est-ce qu’on mange ce soir pour souper?» au pantalon d’éducation physique de fiston qui présente des trous sur les genoux… Et qu’il faudra forcément remplacer, l’année scolaire ne devant se terminer que dans un mois encore… Du lunch froid à prévoir le jeudi X pour la sortie scolaire au lunch qu’il faut rappeler à fiston de mettre au frigo, sous peine de se voir privé de son heure de dîner par une éducatrice qui en a marre de répéter la même chose à une marmaille réfractaire aux consignes…

Et je ne parle même pas ici des besoins de nos parents qui, alors que ces derniers vieillissent, deviennent plus nombreux. Ni même des taches qu’implique forcément le fait d’occuper un emploi à temps plein !

En ce qui me concerne, j’ai parfois littéralement le sentiment de gérer une PME. Au point de me réveiller parfois en plein milieu de la nuit, en sueur (Et non! Ce n’est pas la ménopause!) littéralement angoissée à l’idée de ce détail que j’aurai pu oublier dans ma journée ! Ou encore, dès mon réveil, d’avoir ce sentiment que mon cerveau ressemble étrangement à un citron que l’on aurait un peu trop pressé… Et duquel plus rien de valable ne peut être extrait !

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Et mon weekend, bordel ?

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Suis-je donc la seule qui ait cette impression de courir sans fin après mon temps comme une noyée qui cherche son air ?

Chaque weekend, devant l’agenda de ma famille qui menace l’explosion chaque fois que nous vient à l’esprit l’idée d’ajouter quelque chose à la déjà très longue liste d’activités prévues à l’horaire, je me dis que ce n’est qu’un moment à passer.

Que bientôt, tout rentrera dans l’ordre.

Et, je tente alors de calmer cette angoisse qui  monte en moi en cherchant à me convaincre que bientôt, très bientôt, nous pourrons enfin passer un petit weekend, bien peinards à la maison. Vous savez ! Du genre qu’on passe à ne rien faire d’autre que dormir et s’empiffrer de Doritoes devant un vieux film… Bien affalée sur la causeuse avec cette couverture toute chaude qui en a visiblement vu d’autres et dans laquelle je fini par m’endormir… Parce qu’un vieux film bien sur, nous pouvons bien en perdre des bouts n’est-ce pas ? Qui oserait s’en offusquer ?

Mais, la tragique vérité qui m’a un peu frappée comme un coup de poing au visage ces derniers jours, c’est qu’il me semble que ça fait rien de moins que des années que je me berce de cette douce chimère…

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La fin du plus que parfait ou la beauté du chaos

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En jetant de temps en temps un regard sur la vie des autres à travers cette loupe grossissantes que sont les Facebook et Pinterest de ce monde, je me dis parfois qu’il n’y a que moi qui ai une vie complètement bordélique et désorganisée.

Vous savez ce que je veux dire j’imagine !

Ce sentiment d’avoir une vie pas mal plus beige que celle que je peux percevoir comme étant celle des autres. Dans la mienne, jamais assez de voyages. Beaucoup de responsabilités. Trop de nuits blanches à m’inquiéter de tout et de rien. Le sentiment perpétuel de lutter constamment contre mon poids. De ne pas savoir être là ou j’aurais envie d’être. D’être devenue avec l’Homme de la maison au fil des années à l’image de ces vieux couples qui me décourageaient tellement quand je les regardais aller, il y a quelques années. D’être cette mère pas toujours aussi patiente que j’aimerais imaginer l’être. Et surtout, cette incapacité crasse à me tenir debout pour enfin terminer mon livre. Un projet qui pourtant, me semble être le symbole ultime s’il en est un que j’aurai atteint le sommet de ce que me semble être une vie réussie (à mes yeux).

Parce que bien sûr, il m’arrive, comme à vous sans doute, d’être soudainement frappée de cette impression qui me tombe alors dessus un peu comme une tonne de briques qu’il n’y a que moi…. pour qui les choses se passent rarement comme je l’aurais voulu.

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L’automne, la rentrée et le retour de la folie du quotidien ou l’éternel combat

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Je ne sais pas ce qui s’est produit ces derniers jours mais tout d’un coup, j’ai comme ce sentiment inexplicable que l’air autour de moi se soit comme raréfié.

Alors que la semaine dernière, dans la canicule de l’été, je me suis fait cette réflexion que rentrée, pas rentrée, l’été caniculaire n’avait pas dit son dernier mot, j’ai comme le sentiment tout d’un coup que la lenteur estivale n’est décidément plus qu’un souvenir…

Tout d’un coup, le sac d’école rempli à ras bord de mon fils, les agendas qui se remplissent, tant à la maison qu’au boulot, les tâches qu’on exécute jamais assez rapidement… Et tient donc, cette rencontre de parents de l’école de mon fils qui, même pas deux semaines après la rentrée, est déjà au programme!

Tout ce joyeux fatras semblant s’être donné le mot pour, de gré ou de force, me ramener à la dure réalité du quotidien.

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