Lettres à mes petits-enfants, David Suzuki

Même si j’ai récemment peu écrit, je suis assez fière d’avoir poursuivi jusqu’à maintenant ce défi lecture que je m’étais donné en débutant l’année. Soit de lire encore plus que l’année dernière. L’évidence c’est que j’ai de nombreux coups de coeurs de mes pérégrinations littéraires à vous partager. Dont celui-ci dont j’étais vraiment impatiente de vous parler.

Comme vous sans doute, je connaissais peu David Suzuki, autrement qu’en tant que célèbre écologiste canadien. Mais j’ignorais tout de son fabuleux parcours avant de me plonger dans « Lettres à mes petits-enfants« . Un livre datant de quelques années et dans lequel l’auteur partageait son histoire sous formes de lettres adressées à ses petits-enfants, de façon intime et personnelle.

« Mes petits-enfants chéris, Je vous écris à vous, Tamo, Midori et Jonathan, comme aux adultes que vous êtes aujourd’hui, et à vous, Ganhi, Tiis et Ryo, comme aux enfants ou aux jeunes adultes que vous serez lorsque vous lirez cette lettre. Merci, tout d’abord, de faire partie de ma vie. […] Les événements de ma vie que je m’apprête à vous raconter auront à vos yeux l’air d’être tout droit sortis de livres d’histoire : vous ne connaissez ce que renferme ma mémoire que par des manuels, des films et des vidéos. »

(Page 15)

À travers ses textes, Suzuki, en plus de raconter l’histoire de sa famille immigrante japonnaise, invite ses petits-enfants – et le lecteur du même coup! – à imaginer l’avenir, à exprimer leurs idéaux et convictions. Mais il aborde surtout de nombreux thèmes hyper actuels. Le vieillissement, la mort, l’état du monde et l’avenir de notre planète, le racisme, l’importance des racines. Mais surtout, il parle de l’importance d’avoir des héros et des objectifs, au delà de la gloire.

J’avoue que j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui ramène tellement aux vrais choses de la vie en ces temps incertains ou personne ne sait de quoi demain sera fait. Et, même si le livre a été écrit en 2015, il demeure d’une grande pertinence. Surtout quand l’auteur aborde par exemple le sujet de la gloire et de la célébrité en notre ère de médias sociaux. Ceci alors que « ce qui nous intéresse et nous titille peut disparaître de notre radar en quelques heures, voire en quelques minutes ». (page 86) Alors qu’est-ce qu’être célèbre? s’interroge t’il. Alors que certains ne sont célèbres qu’en raison de leur célébrité justement. Mais surtout, lorsqu’il s’interroge sur l’état du monde et sur le réchauffement climatique, des sujets d’une actualité cruciale en ces temps de pandémie et d’instabilité politique…

Et vous, vous l’avez lu? Qu’en avez-vous pensé?

Toucher la terre ferme, Julia Kerninon

La maternité, c’est sans doute l’un des sujets le plus universel qui soit dans la littérature au féminin je pense. Et dans ce tout petit bouquin, «Toucher la terre ferme» de l’autrice Julia Kerninon que je viens tout juste de terminer, c’est ici jumelé à cet autre questionnement tout aussi existentiel des femmes artistes: comment arriver à faire coexister les statuts de mère et d’artiste.

Un soir de novembre, l’autrice devenue mère sans l’avoir vraiment cherché (ce n’était pas tant dans son plan de vie, tel qu’on le comprend en cours de lecture) se retrouve en pyjama dans le stationnement de l’hôpital où elle vient d’accoucher de son premier enfant. Car malgré le bonheur qui vient avec la naissance, il y a aussi les doutes. Et aussi, cette envie de fuir qui lui traverse l’esprit.

Et c’est justement ce que j’ai apprécié pour ma part le plus de ce tout petit livre qui se lit d’une traite. Le fait que d’une part, ce texte je l’ai reçu dans ma condition de femme et de mère. Mais aussi un peu de femme qui essaie d’écrire et qui me suis souvent sentie un peu dépossédée de moi-même face à la maternité qui du jour au lendemain, envahie toutes les sphères de notre vie. Et ce serait un euphémisme de dire qu’on ne peut probablement jamais être préparée à ça. Ce sentiment de contraintes, de ne pas être certaine d’être à la hauteur, de la fatigue continuelle qui vous écrase. De ne plus savoir surtout comment concilier cette part de soi qui face à la maternité, semble destinée à passer dorénavent en second. Si ce n’est d’être carrément annihilée…

Et dans son livre, c’est justement ce trou noir un peu tabou et dont on parle peu que l’autrice évoque si bien et avec tellement de justesse.

«J’étais à bout de forces et je ne le savais pas. À trente-deux ans, j’avais un enfant d’un an et demi. J’essayais d’être une mère, je ne savais pas par où commencer, la maternité était un cercle de feu dans lequel je ne parvenais pas à me tenir. J’avais fait semblant. J’avais prétendu que tout allait bien, mais je sentais la tempête se lever. Il m’avait fallu tout ce temps pour me mettre à pleurer, et maintenant je n’arrivais plus à m’arrêter

(page 9)

La société et la culture nous présentent tellement une image idéalisée de la maternité que j’ai moi-même compris au fil des années qu’en devenant mère, c’était presque inévitable, quasi couru d’avance qu’on se sente inadéquate à certains moments. Parce que d’un coup, la réalité nous frappe en plein visage et nous rentre dans le corps, au propre comme au figuré, avec une force qu’on aurait pas imaginée possible.

«Des années après, je continue de me demander pourquoi mon corps, qui ne m’avait toujours servi qu’à m’asseoir devant une table de travail ou à faire l’amour, s’est montré si capable une nuit de novembre et une nuit de mai. Quand un homme me confie qu’il a eu un enfant, lui aussi, je pense en silence, Mon ami, soyons sérieux. J’étais sur le proscenium, en habits de feu et tu louais un fauteuil d’orchestre. Tu n’as pas la moindre idée. J’ai envie de lui parler du sang, de la cinante, osseuse, de la morsure des points qui cicatrisent, des seins meurtris, de la pression suffocante des montées de lait, de cette impression d’avoir été fendue en deux par une hache, écartelée en étoile, points cardinaux, rose des sables. Aujourd’hui, je lève le front haut quand on m’appelle Madame Kerninon. Je suis devenue cette femme-là.»

(Page 65)

Vraiment, j’ai été très touchée par ce récit intime et qui sans détours, parle des vrais choses. La réalité de la maternité étant bien loin des clichés idéalisés que la société nous transmets. Et dont j’en ai la certitude, on ne parlera jamais assez.

Merci à Annika Parance pour l’envoi gracieux de ce livre que j’ai vraiment beaucoup apprécié. Et qui ne pouvait mieux tomber en ce 8 mars, journée de la femme!

«Toucher la terre ferme», Julia Kerninon, Annika Parance Éditeur (2022)

Les grandes oubliées, Titiou Lecoq

On le dit depuis longtemps, la lecture – et la littérature de façon générale – est rien de moins qu’un refuge. Un refuge dont j’ai abondamment fait usage en 2021.

Car si j’étais assez fière en 2020 d’avoir engouffré vingt-six livres au cours de l’année, je m’étais donné ce défi d’en lire encore plus en 2021. Et pari réussi puisque ma consommation de bouquins à atteint trente-trois livres lus en 2021. Des essais («Disparaître de soi» de David Le Breton), des enquêtes («Le mensonge du siècle, l’affaire Aurore Gagnon» de Daniel Proulx), des écrits féministes («Pompières et pyromanes» de Martine Delvaux, «La femme mystifiée» de Betty Friedman, «Une guerre mondiale contre les femmes» de Silvia Federici»); des collectifs d’auteurs sur des sujets variés («11 brefs essais sur la beauté» de Marilyse Hamelin, «Maganées» sur la fatigue des femmes vue par de nombreuses autrices, «Ce qu’un jeune mari devrait savoir» sur le modèle des anciens conseils dont on abreuvait nos grands-mères)…. Bref! Mes lectures de 2021 ont tiré dans tous les sens.

Mais l’un des livres qui m’a le plus interpellé cette année, c’est sans doute celui publié récemment par la journaliste blogueuse française Titiou Locoq, «Les grandes oubliées, Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes» Un livre qu’à mon avis, on devrait intégrer au programme scolaire de tous les adolescents du monde.

Dans ce livre, l’auteure part d’office du constat que nous les filles, les femmes, on a été élevées avec cette idée que le monde avait été fait par les hommes. La découverte de l’Amérique? Christophe Colomb. Les grands rois? Des hommes? Les grands conquérants et inventeurs ? Des hommes toujours. Après eux, le déluge n’est-ce pas ! Parce que les femmes, selon ce qu’on nous enseigne, elles étaient tout juste des personnages secondaires. Sinon carrément des figurantes qu’on s’est empressé d’effacé de l’Histoire.

Toutefois, l’autrice nous montre dans son livre à quel point ce postulat du rôle rien de moins qu’insignifiant des femmes dans l’Histoire du monde est probablement l’un des plus grands mensonges qu’on ne nous ait jamais  raconté. Parce que, en vérité, les femmes, à chaque époque depuis la nuit  des temps ont elles aussi agi, dirigé, créé, gouverné. Mais d’une façon choquante, on les a effacées des manuels d’Histoire. Ce qui fait qu’en tant que femmes ont se retrouve, encore aujourd’hui, avec si peu de mod`èles pour nous inspirer. À preuve peut être, ces listes annuelles des auteurs les plus lus dans le monde qui sont presque quasi exclusivement au masculin encore aujourd’hui.

«Ceux qui pensent que changer les programmes scolaires est encore une lubie de féministes hystériques, ceux-là ne se sont jamais demandé ce que signifie de grandir avec une histoire dont nos semblables sont exclues. Qu’est-ce que, petite fille, on perçoit quand on ne nous raconte que l’histoire des hommes ? »

Mais la vérité, quand on gratte un peu le vernis de l’Histoire, c’est qu’on découvre qu’au fil du temps, il y a eu des femmes chevaleresses, des jongleresses, des bâtisseuses de Cathédrales, des autrices dont des hommes se sont appropriés l’œuvre, de grandes reines aussi. Bref! Que le masculin ne l’a vraiment pas toujours par nature emporté sur le féminin. Et c’est ainsi que l’effacement des femmes. Et que de boniments ne nous a t’on pas raconté pour nous convaincre que notre peu de place dans l’Histoire était le fait d’une «évidence». Celle qu’on avait, nous les femmes, seulement été trop occupées à enfanter et élever les grands hommes, mais aussi bien sûr, dans nos cuisines à préparer le ragoût familial et à faire le ménage.

«Pourquoi a-t-on l’impression qu’introduire les femmes en histoire serait une décision politique alors que c’est les avoir exclues qui était réellement politique ? Un travail d’homme qui reconduit la domination masculine passe rarement pour militant et ne s’affirme quasi jamais comme tel. Le discours dominant et officiel parait neutre. Il ne l’est pas. Mais il parvient, par sa position majoritaire, à faire reconnaître ses choix pour de l’objectivité.
Pourtant, on peut se demander comment le fait d’exclure la moitié de la population française des livres d’histoire peut être une preuve d’objectivité. N’est-ce pas l’inverse ?
»

La vérité c’est que l’autrice a fait un travail de fou avec ce livre, en grattant les sources et en faisant appel surtout à de nombreux spécialistes et historiens de toutes les époques. Car même si elle y porte un regard de française, je pense pour ma part que c’est une réalité qui touche littéralement la moitié de l’humanité, pas que la moitié de la société française!

J’ai pour ma part adoré le ton qui loin de l’essai trop sérieux malgré la lourdeur du sujet, m’a donné le sentiment de lire une amie. Un livre rempli d’humour comme dans tous les livres de Titiou Lecoq ainsi que dans ses chroniques publiées sur Slate que je ne manque jamais de lire semaine après semaine tant ils mettent chaque fois le doigts sur quelques vérités féminines et qui trop souvent, peuvent sembler inavouables.

Un livre, vraiment, que toutes les femmes et adolescentes devraient lire au moins une fois dans leur vie. Parce que la vérité c’est qu’aujourd’hui encore, on tente de nous effacer. En Afghanistan par exemple ou je lisais la semaine dernière que les Talibans leurs interdisaient de voyager sans la présence d’un homme. Mais aussi dans nos arbres généalogiques qu’on continue encore aujourd’hui de nous vendre au masculin… Mais ça, je garde ça pour un autre billet. Car ce symbole ultime d’effacement des femmes qu’est le principe des arbres généalogiques, ça m’a donné envie d’explorer de ce côté. Et ce que j’y ai découvert m’a donné à voir un monde que je n’aurais jamais imaginé.

Vous avez lu ce livre de Titiou Lecoq? Je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé. Pour ma part, gros coup de cœur livresque de 2021!

Rien de moins!

Ce qu’un jeune mari devrait savoir, collectif

On ne se mentira pas, je n’ai pas beaucoup écrit cette année.

Mais fort heureusement, il y a eu la lecture. Et après m’être promis de lire plus que l’an passé, je dois avouer que je suis assez fière d’être en voie de voir augmentée ma liste de livres lus en 2021.

Le petit dernier a avoir trôné sur ma table de chevet? Un tout petit livre vraiment rigolo qui a fait passer un magnifique moment à la fan de ces conseils un peu ringards qu’on destinait aux femmes d’une autre époque afin que celles-ci deviennent des épouses plus que parfaites pour leur cher et tendre époux. Et qu’à travers un collectif d’autrices et d’auteurs (parce qu’il s’y en glissent quelques uns), on transpose au masculin…comme dans un effet de miroir des plus intéressants.

Parce que «Ce qu’un jeune mari devrait savoir», c’est vraiment ça. Un guide féministe écrit par presque une vingtaine d’autrices différentes (Martine Delvaux, Heather O’Neill, Rose-Aimée Automne T. Morin, Léa Stréliski, etc…à travers lesquelles se glissent par ailleurs quelques gars, dont le chanteur Patrick Watson) et qui chacun et chacune, offre sa vision de ce que devrait être un bon mari de nos jours.

Si certains des premiers textes m’ont un peu moins rejointes, d’autres m’ont carrément plu et beaucoup fait rire. Et parmi mes préférés, ce texte de Véronique Grenier (autrice, conférencière, chroniqueuse et blogueuse) qui dans «Conseils pour un mari idéal» distille ses précieux conseils. Par exemple, que le mari idéal évite vraiment les mots «t’as juste à demander» qu’on a pourtant toutes déjà entendus, un peu comme l’écorchure d’une craie sur un tableau. Comme si parce qu’on est une femme, on devrait par défaut être la maîtresse de ce grand chantier qu’est la vie de couple/famille.

«Le mari idéal se sent tout autant engagé que son ou sa partenaire de vie dans la gestion des tâches et l’organisation de la vie commune. Au lieu d’attendre passivement qu’une demande lui soit formulée, il pensera plutôt à penser. Il prendra des initiatives. Ainsi, le mari idéal sait combien il reste de lait dans la pinte, s’il faut acheter du papier Q, il voit la poussière s’accumuler sur les meubles, remarque que les cheveux de la progéniture (si progéniture il y a) commencent à être longs ou que les plantes ont besoin d’eau. Et non seulement il le sait, mais en plus il ira acheter ce qui commence à manquer, enlèvera la poussière, prendra le rendez-vous chez le coiffeur ou la coiffeuse et arrosera les plantes. Sans espérer une médaille, juste parce qu’il sait que ça fait aussi partie de son ordinaire que de faire ces choses.» (page 141)

Et Véronique Grenier inclue dans sa liste d’autres conseils tout aussi avisés comme de savoir gérer sa graine, d’être capable d’avoir de la sollicitude pour les menstruations mais aussi, de savoir prendre soin de son bien-être psychologique. Parce qu’une épouse, qu’on se le dise, ce n’est pas une psy!

J’ai aussi beaucoup aimé le texte de Rose-Aimée Automne T. Morin (autrice, chroniqueuse, ancienne rédactrice en chef d’Ubania) qui, «Dans un travail de funambule» conseille ardemment au futur mari de s’atteler illico pour devenir ami avec les copines de sa dulcinée. Et l’autrice l’avoue tout de go: le défi est grand et s’apparente carrément à un travail de funambule. «Il est donc là le paradoxe: pour rendre votre femme heureuse, vous devez conquérir ses amies, mais vous ne devez surtout pas donner l’impression d’avoir envie d’elles

Pour y parvenir, l’autrice recommande notamment d’éviter les compliments d’ordre physique, de mettre de l’avant la tendresse que vous éprouvez pour votre dulcinée. Mais surtout, de ne jamais négliger le fabuleux pouvoir d’une répartition égalitaire des tâches.

De son côté, Coco Béliveau (humoriste, comédienne et battle-rapper néo-brunswiquoise) partage avec les messieurs dans «Le mariage en dix étapes difficiles à digérer» quelques secrets pour s’assurer de devenir le meilleur mari qui soit. D’abord, se répéter encore et encore, un peu comme un mantra «ma femme est magnifique» Et cela «peu importe son nom, sa race, sa taille, son poids, la couleur de ses yeux ou l’odeur qui se dégage de ses pieds quand elle enlève ses souliers après une longue journée de travail.» (page 154). Mais aussi, sois lui fidèle. Car «puisque toutes les femmes sont brillantes, il peut être tentant d’aller se dorer la bedaine sous un autre astre que celui qui vous a jadis dit: «oui je le veux», mais sache que les chasseurs de rayons finissent toujours par attraper un coup de soleil (voire un cancer de la peau). La femme dans sa magnificence, se rend toujours compte que son mari la trompe.» (page 156). Mais par dessus tout, comprend bien une chose! Ça n’existe pas «ne pas être bon à faire la vaisselle»!

«Petite astuce: Si tu dis: «Je vais le faire», les femmes trouvent ça vraiment cool quand tu te lèves et que tu le fais toute suite. Tu montres ainsi que tu nous respectes et que tu respectes notre temps (quoique «après mon café» est une réponse tout aussi acceptable).» (page 165)

Bref! Ce serait un euphémisme que de dire que j’ai beaucoup aimé ce petit livre des plus légers et rigolos que j’aie lu depuis longtemps.

Et vous ? Vous l’avez lu? Sinon, quel conseil donneriez-vous à ces messieurs qui veulent s’assurer de devenir le meilleur mari qui soit ? Pour ma part, je serais tentée de dire que de savoir cuisiner, c’est franchement gagnant. Je n’ai qu’à repenser à l’Homme de la maison qui, il y a une vingtaine d’années maintenant, était arrivé au boulot ou nous nous sommes connus en tant que petit nouveau qui prenait des cours de cuisine…. Vous dire combien la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre parmi la horde de filles célibataires qui nous étions alors! Une nouvelle presque aussi excitante que si nous avions appris qu’il avait littéralement inventé la roue.

Un coup de circuit assuré que je vous dis !

«Ce qu’un jeune mari devrait savoir», une oeuvre collective, Marchand de feuilles, 2021

La femme mystifiée, Betty Friedan

Il y avait un moment que je n’avais pas parlé livres ici. Et clairement, ce n’est pas faute d’avoir lu en ce début d’année, bien au contraire! Car bien sur, avec la pandémie qui se poursuit, accompagnée de son lot de restrictions, et la neige qui s’ammoncelle sur ma ville, la lecture fait partie de ces plaisirs qui demeurent accessibles.

Et dont je ne suis pas prête de me priver, qu’on se le dise!

Et d’ailleurs, ces dernières semaines, j’ai été assez fière de réaliser que j’avais lu quelques 27 livres en 2020 alors que j’en fais maintenant la liste de mes lectures. Ce que je ne faisais pas avant.

Alors parmi les livres lus récemment, c’est d’un classique de la littérature féministe que j’ai envie de parler aujourd’hui. Un livre dont j’avais entendu souvent parler depuis longtemps sans jamais oser m’y attaquer. Et je l’avoue, bien que publié en 1963, il demeure d’une modernité incroyable.

«La femme mystifiée» de l’américaine Betty Friedan a été de fait publié en 1963 sous le titre original «The Feminine Mystique». Traduit en treize langues au cours du temps, il est considéré comme l’un des déclencheurs de la deuxième vague féministe en plus d’avoir servi de déclic à l’émanticipation des américaines.

À l’origine, l’auteure souhaitait écrire un article visant à dénoncer la pression culturelle portée sur les femmes et exercée par les psychologues freudiens, les magazines populaires ainsi que la publicité. Tous semblant unis dans un seul but: vendre la fameuse image de la ménagère prétenduement super heureuse, qui bien qu’instruite, n’avait pas de plus grand bonheur dans son existence que de faire celui de sa famille. Comme Friedan ne trouva à l’époque aucun magazine acceptant de la publier, elle en fit un livre qui était destiné à marquer les esprits et l’époque.

À partir d’une enquête commencée en 1957 au moyen d’entretiens menés auprès d’anciennes camarades de promotion du Smith College 15 ans plus tôt, l’auteure s’est ainsi questionnée sur le «problème sans nom». Cette tristesse manifestée par les femmes au cours des années 1950-1960, toutes déprimées bien que mariées, avec des enfants et vivant dans un certain confort matériel relatif.

Et pourtant, comme on le voit au début, au cours des années 1930-40 il y avait eu une certaine avancée en matière d’égalité et d’indépendance des femmes avant de voir un recul marqué au cours des années 1950-60. Car bien que celles-ci soient pourtant éduquées et qu’elles aillent à l’université, cette éducation semble alors incombatible avec la vie d’épouse et de mère. Et de fait, l’auteure constate que lorsqu’on leur demande ce qu’elles souhaitent faire de ces connaissances acquises, un certain malaise s’installe. Les femmes doivent être éduquées mais cette éducation ne sert qu’à trouver un mari. La vérité étant que la société d’alors ne valorise pas l’utilisation de cette éducation à d’autres titres.

Pour ma part, ce que j’ai particulièrement aimé de ce livre c’est la façon dont l’auteure démontre avec quel acharnement la publicité de l’époque s’est volontairement attelée à promouvoir cette image de la ménagère parfaite. Parce que, fondamentalement, c’était payant.

«On disait avec orgueil que 75% du pouvoir d’achat aux États-Unis était détenu par les femmes et ce fait m’apparut tout à coup dans ses vraies dimensions: les femmes américaines étaient les victimes de ce cadeau empoisonné.»

(page 351)

Et de fait, la fin de la guerre au milieu des années 1940 allait poser un important dilemme au monde des affaires au moment où d’important contrats de fabrication liés à la guerre allaient prendre fin. Au même moment, une étude de marché effectuée par un magazine féminin et portant sur la psychologie de la ménagère en vint à la conclusion qu’une femme qui s’intéresse à la maison ne peut définitivement pas demeurer indifférente aux appareils ménagers. Une conclusion qui apparu rapidement comme une opportunité à saisir à l’heure où il fallait créer rapidement de nouveaux besoins pour les consommateurs!

Et vive la ménagère que l’on s’attela dès lors à classer en trois catégories! Soit la ménagère traditionnelle, la femme qui fait carrière, puis enfin, la maîtresse de maison équilibrée (et ici, on comprend que «équilibrée» prenne tout son sens lorsqu’il est question de valoriser Madame afin que celle-ci ne se mette pas à douter de son rôle, n’est-ce pas!)

« La troisième catégorie, celle de la «maîtresse de maison équilibrée», est l’acheteuse idéale. Elle a l’esprit assez ouvert pour avoir plusieurs centres d’intérêt. Elle a quelquefois travaillé avant de se consacrer exclusivement à son foyer. «Elle accepte volontier» l’aide que peuvent lui apporter de nouveaux appareils, «mais ne leur demande pas l’impossible» car elle a besoin d’utiliser ses compétences de «femmes d’intérieur pour la bonne tenue de la maison». (Page 353)

Et plus loin, lorsque certaines femmes se sont mises à manifester leur désir d’occuper un emploi leur permettant de se sentir utiles dans la société, comment est s’est mis à valoriser les nouveaux appareils ménagers dernier cri dont le but était définitevement de conforter Madame dans ce but essentiel de son existence: les travaux d’intérieur et la cuisine. Quitte à lui enrober la chose de guimauve en tentant de la convaincre qu’elle se retrouvait ainsi à l’égale de l’homme, à «gérer une usine armée des équipements les plus modernes»…

«Ses aspirations, la culture, l’indépendance, le développement grandissant de sa personnalité, tout ce qui faisait qu’elle était prête à endosser d’autres responsabilités ne devait pas être ignoré mais canalisé vers le foyer

(Page 355)

Outre ce livre, Betty Friedan a consacré sa vie à la lutte pour la libération de la femme. En 1966, avec d’autres femmes, elle fonde d’ailleurs NOW (l’Organisation nationale des femmes) et milite pour le droit à l’avortement, le travail des femmes, les congés maternité et l’égalité des salaires notamment.

Au cours de cette lecture, je n’ai bien sur pas pu faire autrement que de réaliser pleinement dans quel contexte ma grand-mère et mon arrière-grand-mère avaient vécu. Et combien je pouvais me considérer chanceuse de vivre aujourd’hui, à une époque où, bien que ce ne soit pas encore parfait, les choses ont quand même «un peu» évolué. Et ça, aucune femme ne devrait l’oublier je pense.

En terminant la lecture de ce livre, 58 ans après sa publication, je reste avec une seule pensée. Celle qu’il est presque «choquant» de constater que toute cette question du statut des femmes soit, en 2021, toujours encore autant d’actualité. Ceci à l’heure ou l’avortement est encore criminalisé à certains endroits de la planète, par exemple au Mexique. Ou excessivement restreint comme c’est le cas en Pologne et en Allemagne. Ou encore, menacé de grave recul au niveau de l’accès comme c’est le cas en ce moment aux États-Unis. Et on ne parle même pas de l’égalité des salaires et des opportunités en emplois qui, dans certains domaines, relèvent encore du voeu pieux…

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La salle de bal, Anna Hope

Ce livre d’Anna Hope, «La salle de bal», il était sur ma liste de lecture depuis des lustres. Et pour cause! L’auteure y racontant l’histoire romancée de son arrière-grand-père interné à l’asile vers 1911 en Angleterre.

L’histoire est celle d’une jeune femme, Ella Fay qui en 1911 est internée à Sharston dans le Yorkshire. Sa folie? Avoir brisé une vitre de la filature qui l’emploi depuis son plus jeune âge. D’abord déterminée à s’enfuir, elle fini par se résigner à cette vie ponctuée notamment, chaque vendredi, d’un bal des pensionnaires. Une vie dans laquelle le moindre «débordement» vous vaut la camisole de force. Et gare à vous si vous pensiez faire la grève de la faim puiqu’on vous gavera alors, peut importe que mort s’ensuive. Ella y fait la rencontre Clem, une autre pensionnaire semblant venir d’une famille aisée et avec qui elle devient amie. Et surtout, de John, un Irlandais mélancolique de qui bien sur, elle tombe amoureuse (on est dans un roman après tout!).

Au-delà du romanesque de cette histoire, l’auteure présente du même coup un pan méconnu de l’histoire britannique alors que Churchill, à l’époque ministre Britannique de l’intérieur, aurait manifesté un grand intérêt pour l’eugénisme. Et en particulier pour un projet de Loi qui aurait eu pour résultat la stérilisation d’un nombre significatif de ces gens qu’on qualifiait alors de «faibles d’esprits». Quant on sait qu’à l’époque, un rien suffisait à vous envoyer à l’asile – une femme donnait naissance seule à un enfant ou encore, la banale pauvreté figurant dans cette liste des inaptitudes qui vous qualifiaient illico pour l’internement – inutile de dire que les livres d’histoire ont été particulièrement avares de détails sur le sujet au fil du temps. Mais le plus troublant c’est que ce projet de loi sur les faibles d’esprits a finalement été voté sous une forme modifiée en 1913, sous le nom de Mental Dificiency Act (Loi sur la santé mentale) laquelle permettait la ségrégation des «faibles d’esprits». Sans toutefois la fameuse clause qui aurait permis la stérilisation forcée…

Et je l’avoue, j’ai été particulièrement touchée par cette histoire, mon propre arrière-arrière-grand-père, Édouard Martel étant lui-même mort à l’asile St-Michel-Archange de Québec le 24 octobre 1918. Il y avait été envoyé en raison de l’épilepsie dont il était atteint. À l’époque, on croyait qu’il s’agissait d’une maladie contagieuse qu’on classait sans plus de cérémonies au niveau des maladies mentales…

À travers ce livre, on se rend compte, un peu de la même façon que dans le livre «Dix jours dans un asile» de Nellie Bly dont j’avais déjà parlé ici que la vie en institutions psychiatriques au début du XXième siècle était particulièrement difficile. Et surtout le lot des miséreux de la société et des femmes notamment.

« Bref, je savais que si je l’épousais, je serais malheureuse.
– Tu l’as expliqué à ton père ?
– J’ai essayé. Il ne m’a pas écoutée. Je crois qu’il était content de ne plus m’avoir sur les bras. Je crois qu’il se disait que personne ne voudrait m’épouser à cause de ma façon d’être.
– Pourquoi ? C’est quoi ta façon d’être ?
– Oh, toute de travers, répondit Clem avec un sourire fugitif. Je suis toute de travers. »
Ella la dévisagea. Clem était grande et blonde. Elle savait danser et jouer du piano. Sa bouche qui remontait aux commissures semblait faite pour sourire. Si elle était toute de travers, alors comment ils étaient, les autres?
»
(p. 152)

Bref! Un beau coup de coeur pour ce premier livre de mon défi lecture de 2021!

Vous l’avez lu? Qu’en avez-vous pensé ?

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Pourquoi je déteste Noël, Robert Benchley

Quand on y pense, c’est assez fascinant de réaliser que les plus merveilleux Noëls, ceux que nous renvoit notre mémoire, sont toujours aussi ceux de notre enfance. Un peu comme si en vieillissant, il devenait impossible de voir la magie de ce moment de l’année qui en vient rapidement à rimer avec chicanes de familles, folie des préparatifs pour accueillir des gens que finalement, on n’a pas toujours tant plaisir à fréquenter.

Et le 2 janvier, Merci mon Dieu, c’est fini jusqu’à l’année prochaine! Au débarras sapin et boules (celles de Noël comme celle au ventre!)

C’est pourquoi je me suis beaucoup amusée à lire ce petit recueil de nouvelles – douze comme les douze coups de l’horloge avant minuit? – toutes dédiées à Noël justement.

Et justement, l’auteur s’en est donné à coeur joie, n’y allant pas de main morte en mettant en scène des noëls catastrophiques, et en vantant les vertus de l’abolition des cartes et cadeaux de voeux,…

Écrites pour la majorité entre 1925 et 1949, ces nouvelles sont d’une grande modernité et l’humour noir et grinçant de certaines m’a bien fait rire, je dois le dire. Surtout la première dans laquelle l’auteur nous montre justement à quel point c’était tellement «génial» ces fameux Noëls à l’ancienne. Et qui franchement, m’ont rappelé ceux que je passais moi-même enfant chez mon grand-père en Abitibi. Les chambres en haut dans lesquelles on gelait, les après-midis à attendre le repas du soir parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire, le rang non déneigé qui tuait dans l’oeuf la plus petite envie de fuir !

J’ai aussi beaucoup aimé la deuxième nouvelle qui de son côté raconte la prétendue naissance de la carte de voeux par un certain Ferderber. L’homme serait ainsi recherché dans pas moins de quarante-deux états pour avoir ainsi crée un monstre incontrôlable.

Bref! Une écriture décalée et un peu absurde. J’ai adoré ! Et je reste avec cette pensée, peut-être pas si rassurante, que forcément un jour pour certains, le plus merveilleux Noël de leur vie, ce sera ce Noël de pandémie qu’on s’apprête à vivre. Comme quoi, tout est probablement relatif!

À glisser dans le bas de noël sans hésitation.

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Lison.ca: Pour Noël, un coffret de lectures personnalisées

Parce que Noël approche et que, vous comme moi, nous sommes fous de livres (n’est-ce pas?), j’ai envie de partager avec vous la plus belle initiative qui soit. Plus encore en ce temps de pandémie dans lequel on se retrouve tous plus ou moins isolés les uns des autres.

Et quoi de mieux pour passer le temps que de découvrir de nouveaux bouquins ? On ne se le demande même pas!

C’est pourquoi je n’ai moi-même pas pu faire autrement que de succomber à ce projet un peu fou de coffrets de lectures que l’on retrouve sur le site internet Lison.ca nouvellement lancé et que je viens tout juste de découvrir.

Lison.ca c’est en fait une petite entreprise montréalaise dont le souhait est de proposer un service de conseils lectures personnalisés sous la forme de coffrets d’abonnement mensuels, ou encore, de coffrets thématiques. Ceci en partenariat avec des librairies indépendantes.

Ainsi, à travers des abonnements, on nous offre des aventures livresques. «L’escapade» de trois mois, «La traversée» de six mois, «L’épopée» de douze mois ou encore, «L’escale unique» proposent chacun à leur façon des livres choisis sur mesure pour nous. Ceci en fonction d’un questionnaire auquel on aura répondu au moment de l’abonnement et dont une section porte justement sur les auteurs et ouvrages déjà lus. Histoire d’éviter de recevoir un livre que l’on aurait déjà lu dans le passé. Et en prime, chaque coffret apporte avec lui quelques surprises issues de commerces locaux et artisanaux.

Je l’avoue, j’ai bien sûr voulu tester la chose et c’est ainsi que j’ai reçu hier – un peu comme un cadeau ouvert avant le temps, mon beau coffret sur la thématique de Noël! Son contenu ? Deux livres sur le thème de Noël («Pourquoi je déteste Noël» de Robert Benchley et «Un chant de Noël» de Charles Dickens). Mais aussi, une bombe pour le bain, du thé chai, une ganache au chocolat. Sans oublier un rabais pour un prochain coffret. Le tout joliment emballé (voir la photo qui illustre ce billet)

Non mais qu’on se le dise! Quelle belle idée de cadeau à offrir à un ou une amoureu(x)se de livres n’est-ce pas ?

Pour l’heure, l’entreprise ne livre qu’au Québec mais l’équipe étudie la possiblité de desservir également la clientèle en Ontario prochainement. Par ailleurs, après le coffret thématique de Noël que j’ai eu le plaisir d’expérimenter, le 26 décembre ce sera le lancement du prochain coffret thématique. À surveiller.

Par curiosité, ce type de service existe ailleurs ? Dites-le-nous en commentaire. Parce que clairement, ce type d’initiative pour partager le goût de la lecture, ça mérite vraiment d’être crié haut et fort!

À offrir tout autant qu’à s’offrir!

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Je vous défie!, William H. Danforth

Bon! Nous sommes déjà rendus au 23 décembre alors visiblement, je me suis laissée distancer dans mon projet de Calendrier de l’Avent littéraire!

Ainsi va la vie j’imagine!

N’empêche! Ce n’est pas une raison pour me laisser décourager et abandonner, n’est-ce pas ?

Ce matin, j’ai eu envie de vous parler de ce qui est probablement l’un des premiers livres qui m’ait marqué dans ma vie. Et si j’en parle, c’est que l’ayant lu alors que j’avais autour de neuf ou dix ans, je l’ai retrouvé dans ma bibliothèque ces derniers jours. Et oui! Une quarantaine d’années plus tard, il a survécu à mes innombrables déménagements! Et aux quelques boites de livres perdues en cours de route.

Bref! De quoi ça parle ce livre, «Je vous défie!» de l’auteur Wililam H. Danforth?

C’est en fait un livre de développement personnel. Son auteur, William H. Danforth (1870-1955) est parti de son expérience personnelle de pionnier du monde des affaires pour élaborer ce qui s’avère une méthode de motivation pour se dépasser et atteindre ses objectifs. En 1894, il fonde l’entreprise Purina, bien connue entreprise dédiée à l’alimentation des animaux. En 1928, il co-fonde l’American Youth Foundation, une organisation ayant pour objectif de former des leaders de tous horizons, une organisation qui existe toujours aujourd’hui. Et c’est justement cette organisation qui a publié dans les années soixante-dix cette célèbre méthode du «Je vous défie!», l’auteur étant décédé en 1955.

Selon cette méthode, il y aurait quatre éléments clés dans l’existence de chacun, quatre éléments devant tous être en équilibre pour aspirer au succès. On parle donc du «physique», du «mental», du «social» et enfin, du «spirituel». Chacun de ces aspects mis en valeur stimulant à son tour les autres.

Et je me souviens que lorsque je l’ai lu, il y a vraiment très longtemps, je l’avais trouvé d’une efficacité redoutable. Imaginez! Dès les premières pages, l’auteur nous met littéralement au défi de passer à travers le livre au complet avant d’aller dormir! Histoire d’en capter l’essence et la pensée générale.

L’idée d’ensemble que je garde en mémoire encore aujourd’hui c’est que le monde est rempli de talents inutilisés et de capacités laissées en jachère. Mais que paradoxalement, une minorité de personnes seulement ose. Au fil des pages, l’auteur nous met donc au défi de devenir plus fort, d’avoir une pensée plus créative, de développer une personnalité plus magnétique et de fortifier son caractère.

« Quand Henry Ford a voulu du verre incassable pour ses nouveaux modèles, il n’est pas allé voir les spécialistes. Ils connaissaient trop de raisons pour lesquelles cela était impossible. Amenez-moi des jeunes gens passionnés qui ne connaissent pas les raisons pour lesquelles on ne peut pas fabriquer du verre incassable, a-t-il ordonné. Donnez ce problème à des jeunes gens ambitieux qui pensent que rien n’est impossible. Et son verre incassable, il l’a obtenu. »

«Je vous défie!» William Danforth)

Mon avis c’est qu’on est clairement pas avec un livre à lire avant de se coucher avec ça, l’évidence étant qu’on arrive plus à dormir tant on se retrouve gonflé à bloc, convaincu de pouvoir tout accomplir!

« Christophe Colomb était fou de vouloir naviguer autour de la terre. Les frères Wright étaient insensés de vouloir voler. Mais supposez qu’ils n’aient pas essayé ? »

«Je vous défie!» William Danforth)

Alors à mon tour, je vous défie! Que 2021 soit cette année où vos projets se réaliseront enfin!

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L’art d’aimer, Ovide

Je me souviendrai toujours d’une session particulière à l’époque où j’étudiais en littérature, alors que j’avais le début vingtaine. L’assemblage de mon choix de cours avait fait en sorte que j’avais du lire en trois mois quelque chose comme une trentaine de livres. Non pas des petits romans actuels. Mais plutôt quelques uns de ces livres qui font partie de l’histoire de la littérature universelle.

«La princesse de Clèves» de Madame de La Fayette, «L’Odyssée» de Virgile, ou encore, «Le décaméron» de Bocace. Vous voyez le genre! On est loin, vraiment, de la littérature de dernière fraîcheur, qu’on se le dise !

Si je parle de cette époque (celle où je lisais ces vieux livres) c’est qu’en ce jour 17 de mon calendrier de l’Avent, c’est justement de l’un de ces très vieux bouquin que j’ai envie de vous parler. Parce que je pense qu’on sous-estime grandement d’une part les petits bijoux qu’on peut trouver dans ces vieilles pages de l’antiquité. Mais surtout, parce que d’une façon un peu surréelle, on découvre parfois dans ces vieux textes qu’humains d’hier comme d’aujourd’hui, avons eu ou avons encore et toujours finalement un peu les mêmes éternels questionnements.

Comment aimer ou être aimé? Comment séduire l’élu(e) de son coeur? Comment gagner une guerre? Comment vivre sa vie?

Bref! Rien de nouveau sous le soleil lorsqu’il est question d’humanité!

Alors quel est-il ce livre que j’ai voulu vous présenter aujourd’hui ?

Rien de moins que l’art d’aimer, à la façon d’Ovide.

Écrit en l’An 1, on aurait semble t’il même retrouvé certains des vers de cet art de l’amour en graffitis sur les murs de Pompéi. C’est dire comme en son temps, ce texte, volontairement écrit de façon humoristique, a pu avoir de résonnance en son temps.

«Romains, si quelqu’un parmi vous ignore ce qu’est l’art de l’amour, qu’il lise mon poème pour s’y instruire et apprendre à aimer. Faire avancer les vaisseaux rapides, à la voile comme à la rame, demande un certain art, faire avancer les chars légers aussi; il en est de même pour diriger l’amour.»

(Introduction, P.29)

L’évidence c’est qu’on trouve dans ces vieilles pages des perles de sagesse qui encore aujourd’hui, pourraient en inspirer plus d’un.

«Tant qu’il t’est possible et permis d’aller à l’aventure, la bride sur le cou, choisis une femme à qui tu as envie de dire: «C’est toi seule qui me plais!» Mais elle ne viendra pas à toi en glissant dans l’air léger: Il te faudra chercher des yeux celle qui pourra te plaire. Un chasseur sait bien où tendre ses filets pour prendre les cerfs, il sait aussi dans quelle vallée s’attarde le sanglier qui grince des dents; ceux qui chassent les oiseaux ont l’expérience des bosquets; le pêcheur connâit les eaux poissonneuses. Toi aussi qui cherches un objet que tu puisses aimer longtemps, apprend tout d’abord en quels lieux trouver abondance de jeunes femmes.»

(page 31)

En bref! Une lecture instructive bien que légère, en ces temps de pandémie. Deux millénaires plus tard!

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