Paris m’attend

Ces jours-ci, je suis stressée comme je ne me souviens pas l’avoir été depuis longtemps.

C’est que demain, je prends l’avion. Pour Paris. Seule.

Ceci alors que je ne suis justement pas partie seule en voyage depuis plus de vingts ans.

Et comme il n’y a pas de hasard, c’était en 2001. À Paris aussi.

La vérité c’est que j’aurais eu au moins un million de raisons de reporter mon projet.

Vous savez! Pandémie, incertitude, hausse du coût de la vie, une famille que je laisse derrière moi, la peur de l’inconnu, de me faire voler mon passeport, que mon avion s’écrase, que la situation internationale périclite, de me perdre,… Dans l’ordre et dans le désordre, Alouette!

La liste est longue. Et là-dessus, je vous le garantie, mon imagination est sans limite!

Mais voilà, je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, ces deux dernières années, je les aies trouvées infiniment pénibles et ce, à divers niveaux.

Et puis surtout, j’ai réalisé une chose. Une certitude en fait qui ne cesse de tourner en boucle dans ma tête depuis des semaines. Celle qu’entre le 23 et le 24 février dernier, pour les Ukrainiens ça a été l’équivalent de la fin du monde. La fin de leur monde et de leurs certitudes.

Bref! Je me suis dit que pandémie ou pas, qu’incertitude ou pas, que peu importe que demain puisse sembler un peu effrayant, tout peut changer en une nuit. Et que pour l’heure je suis encore vivante.

Je me suis acheté un billet d’avion pour Paris. J’ai réservé un hôtel, des visites pour voir des expositions dans des musées. J’ai cherché sur internet toutes les belles murales que je pourrais voir et photographier, les expériences que je pourrais vivre, …

Et puis voilà!

Depuis hier, je suis hyper angoissée. J’ai peur de tout ce qui pourrait mal se passer.

Mais je ne peux plus reculer. Mon avion – et Paris! – m’attendent!

Fiction familiale

Je l’ai souvent écrit ici, alors ce ne sera pas là une grande révélation. J’ai toujours été fascinée par les histoires qu’on se raconte. Et dont bien des romanciers seraient jaloux tellement elles relèvent de la plus grande des fictions! Des histoires que l’on raconte – à soi mais aussi aux autres – avec le plus grand sérieux comme si elles étaient scientifiquement démontrées.

Et donc, forcément incontestables…

Et je parle ici de notre histoire personnelle.

Parce que, comme je l’ai déjà écrit, une famille peut tout aussi bien compter des dizaines d’individus de générations différentes ou pas, en racontant un événement de l’univers familial commun, personne n’aura la même version. Et à certains moments, on pourra même avoir l’impression de ne même pas être dans la même histoire…

Et vraiment, en ce qui me concerne, je trouve ce phénomène vraiment fascinant!

Mais, j’ai beau être fascinée, chaque fois que j’y suis confrontée, je suis un peu choquée. Comme je l’ai d’ailleurs vécu il y a quelques semaines.

Mon frère me racontait ainsi qu’une de nos tantes était allée le visiter. Ne me demandez pas comment, la conversation a, un moment donné, dérivé sur la mort de notre père.

Parenthèse ici: ça aussi c’est un mystère. Comment se fait-il qu’en réunion de famille, on finisse quasi toujours par parler d’événements survenus quarante ou cinquante ans plus tôt ? J’ai la certitude que c’est un mystère plus grand encore que celui de la Caramilk. Parce que le mystère de la Caramilk, je vous le dis, c’est surfait!

Bref! La tante en question s’est mise à obstiner mon frère que notre père n’était pas décédé en 1979 mais en 1982. À preuve ? Elle s’en souvenait clairement puisqu’elle était là à l’époque. Non pas sur les lieux o`ù il est décédé bien sur, mais dans l’entourage.

Si j’ai, je l’avoue, été d’abord choquée qu’elle vienne ainsi s’obstiner aussi violemment sur un événement qui nous concerne aussi intimement (la mort de son père, ça nous marque et on s’en souvient n’est-ce pas?), j’y ai rapidement vu une genre de confirmation de ce que je pressens depuis longtemps. Soit que la mémoire collective, et par conséquent les histoires qu’on se raconte, ça n’a rien à voir avec la vérité. Et beaucoup plus avec nos prismes émotifs individuels.

Qu’importe qu’une date soit inscrite sur la pierre tombale de notre père? Que l’état civil lui-même fasse état de juin 1979 ? Que je me souvienne moi-même comme si c’était hier que j’avais eu dix ans une semaine plus tôt? Cette tante, définitivement, en savait plus que nous sur la question!

Il s’agit là bien sur d’un événement somme toutes un peu insignifiant et qui n’aura aucune espèce d’impact sur la suite du monde, pas plus que sur qui nous sommes.

N’empêche!

J’y ai vu prendre forme sous mes yeux cet espère de mur invisible que je sens dans notre famille depuis toujours. Que dis-je? Une muraille littéralement! Entre ceux qui imaginent détenir le droit de raconter leur version. Une version dans laquelle ils prendront leurs souvenirs comme des vérités inaliénables. Et qui au passage, se donnent le droit de donner une version modifiée de la votre, votre histoire. Qu’importe les faits.

***

Cette anecdote somme toutes sans conséquences est venues s’ajouter à un autre événement survenu il y a quelques mois.

Cet événement, je l’avais d’ailleurs déjà raconté ici. Soit, par un concours de circonstances un peu mystérieux, la découverte surprise de la montre ayant appartenu à mon arrière-grand-mère Lucienne. Un objet qui à une époque où on jette pas mal tout, est parvenue jusqu’à moi de façon je dirais rien de moins que miraculeuse. Comme si d’où elle se trouve, Lucienne avait deviné que j’étais probablement la seule à attribuer de la valeur à un tel objet.

Bon, on s’entend que c’est moi qui donne ce sens à l’événement. Mais la vérité c’est que n’importe qui d’autre de la famille qui serait tombé dessus l’aurait tout simplement jetée. Alors que moi je vénère littéralement cette montre qui ne fonctionne évidemment plus. Mais qui est plus chère à mon coeur que n’importe quoi d’autre au monde (à part ma famille, bien sur!)

N’empêche! En voulant partager mon excitation d’avoir mis la main sur cet objet du passé, je me suis fait symboliquement agresser par une autre tante pour qui cette montre était l’équivalent d’Hiroshima. Rien de moins que radioactive. Et qui me l’a d’ailleurs fait comprendre avec une violence que je ne parviens toujours pas à comprendre. Mais complètement choquée que je puisse avoir un autre regard sur ce qui est notre histoire familiale à toutes deux. Mais une histoire sur laquelle selon elle, je n’aurais aucun droit. Sauf celui de la subir.

Bref! Ça me fascine!

Mais je veux croire qu’à travers les générations, c’est moi qui aujourd’hui ai la plume en main. Et avec celle-ci, mon droit d’écrire et de donner un sens à cette histoire qui est aussi un peu la mienne. Quoi qu’on en dise!

Et le sens que j’ai justement envie de donner à tout cela se trouve dans la symbolique – à travers cette montre revenue du néant – de ce temps qui se remet en marche.

Une version infiniment plus poétique et jolie je trouve. Et qui surtout, n’engage que moi. Et ne fait de mal et n’enlève rien à personne.

Les idées qui s’éparpillent

Depuis quelques temps – et j’ai comme le sentiment que c’est aussi évident qu’un bouton sur le nez – je ne parviens plus à écrire.

Est-ce par manque de mots pour dire les maux de l’époque? Ou encore, parce que dans le bruit ambiant, j’en viens à avoir cette impresssion que chacun cherche à crier plus fort que son voisin? Au point de ne plus parvenir à s’entendre penser soi-même?

Je ne saurais le dire.

Mais, une évidence s’impose quand même. Celle d’avoir constamment ce sentiment de n’avoir ni les bons mots, ni même le bon ton, pour parvenir à dire. Ou écrire. N’importe quoi qui ait pour effet d’empêcher l’engorgement des idées à la sortie. Un peu comme prises dans un goulot d’étranglement.

Et c’est ainsi que je commence un billet, interrompue à peine quelques minutes plus tard en me rendant compte que déjà, j’ai perdu le fil. Qu’à peine la deuxième phrase écrite, je devrais déjà en faire le sujet d’un autre billet. Un peu comme si les idées ne parvenaient plus à s’enraciner correctement pour que je puisse ne serait-ce qu’espérer quelque pousse que ce soit. Un peu, peut-être aussi, comme des papillons qui flotteraient autour de ma tête. Et que je ne pourrais que regarder passer, incapable de les attraper…

Est-ce que je ferme définivement mon blogue? Est-ce mieux, dans l’incertitude qui caractérise notre époque pandémique, de tout juste le laisser sur la glace?

Ou simplement en jachère, comme le disaient les vieux dans le temps…

Cela en attendant qu’un jour peut-être, le désir, et les mots surtout, reviennent me titiller l’envie… À condition, bien sur aussi, que le découragement ne m’ait pas complètement coupé l’envie d’ici là d’occuper cet espace abandonné depuis trop longtemps.

Même sur cela, je ne parviens pas à me fixer.

Alors j’attends et je laisse les jours passer. Ces périodes de 24 heures qui se convertissent à une vitesse quasi frénétique en semaines puis en mois.

La bonne nouvelle je pense c’est qu’au coeur de ce vide, j’ai d’une façon mystérieuse retrouvé mes pinceaux que j’avais eux aussi abandonnés depuis trop longtemps. Et je l’avoue, d’avoir ainsi retrouvé une énergie créatrice que je pensais avoir définitivement perdue depuis la nuit des temps, ça m’a apporté une certitude ultra réconfortante. Celle que les mots, eux aussi, finiront définitivement par revenir.

C’est écrit dans le ciel.

Avant que le compteur ne tourne

Il y a un proverbe qui dit que la vie, c’est ce qui arrive quand on est occupés à faire des projets…

Aussi, en regardant les 365 jours qui viennent de passer, me saute au visage cette évidence de ce qui est probablement notre plus grande caractéristique en tant qu’humain. Cette certitude qu’on contrôle quelque chose…

Je regardais il y a quelques jours ces banalités que j’écrivais sur ma page facebook, à peu près au même moment l’année dernière, à quelques heures à peine du passage vers la nouvelle année…

Et j’ai ri. Vraiment fort!

Renversée de réaliser à quel point, alors qu’on se berce de nos certitudes, nous ne sommes même pas proches d’avoir la plus minime idée de ce qui parfois nous pend au bout du nez.

Et qu’en l’espace d’un clignement des yeux, tout peut basculer. Cul par-dessus tête comme l’aurait dit mon grand-père en son temps!

Aussi, à la veille d’un nouveau changement d’année, j’ai envie cette fois-ci de me garder une petite gêne quant à mes prévisions pour les 365 prochains jours. De crainte peut-être d’être forcée d’admettre que je suis bien loin de pouvoir revandiquer l’imagination que je crois avoir…

Mais surtout, parce que j’espère très fort que la vie saura me surprendre, une fois de plus, en apportant un scénario beaucoup plus positif que le plus sombre de mes pronostics.

Car c’est l’évidence n’est-ce pas ? 2020 a été difficile. Et en l’écrivant, j’ai l’impression de saisir pleinement, pour la première fois, ce que le mot «euphémisme» signifie vraiment…

Aussi, il y a quelques jours je suis tombée sur un article fascinant que j’ai trouvé porteur d’espoir pour tenter d’imaginer les prochains mois, les prochaines années.

Publié sur le site du Courrier International, l’article en question fait ainsi le parralèle avec les années d’après la grippe espagnole et la première guerre mondiale pour tenter d’imaginer à quoi pourrait avoir l’air notre prochaine décennie.

«La guerre et la grippe espagnole ont joué un rôle dans le manque d’inhibition et le désir des survivants de vivre à toute vitesse, écrit l’hebdomadaire, certain que “cet esprit animera également les années 2020”. Des cendres de la souffrance occasionnée par la pandémie et la pire performance économique mondiale depuis la Seconde guerre mondiale, “émergera le sentiment que la vie ne doit pas être stockée, mais vécue”.  »

(The Economist, cité par le Courrier International)

En lisant cet article, j’ai été frappée de réaliser à quel point toute ma vie j’ai manqué des opportunités. Des occasions ratées, des envies de voyages que j’ai laissé en suspens. Cela sous prétexte par exemple que ce n’était pas le bon moment, que je n’avais pas le temps, les moyens ou je ne sais quoi encore…

Alors en repensant à la catastrophe et au désastre qui me semblent caractériser l’année qui se termine, une année sous le signe de la Covid, de la solitude, de l’isolement, du télé-travail et de la fragmentation du tissus social, j’ai envie de croire que du bon puisse en sortir.

De quoi l’année nouvelle année sera faite ? Je n’en ai absolument aucune idée.

Alors voilà, ce que je suis tentée de nous souhaiter à tous, en cette fin d’année, pour 2021. Soit qu’en tant qu’humain, cette expérience vécue de façon collective en ce 2020 marqué au fer rouge du Covid nous donnera à tous ce besoin irrépressible de vivre et de savourer.

Ici et maintenant pendant qu’on est vivant.

Avec gourmandise et surtout sans en laisser une miette de crainte d’en manquer.

Car si on a appris une seule chose cette année c’est bien qu’en l’espace d’une demie seconde, tout peut changer. Et pas toujours comme on l’aurait imaginé.

***

Comment comptez-vous célébrer le Jour de l’An ?

Pour ma part une seule chose à mon programme. Ouvrir grandes portes et fenêtres pour m’assurer que l’air de 2020 sorte définitivement de ma maison. Ça n’a rien de scientifique mais je préfère ne pas prendre de chance.

Ah! J’aurais bien allumé un feu de joie et dansé la danse du feu mais je pense que ça aurait été un peu moins discret dans mon petit condo urbain !

Alors dehors de ma maison 2020!

La tempête parfaite

On nous aurait dit il y a quelques mois de cela que dans le temps de le dire, nous passerions d’une époque caractérisée par les libertés pas mal généralisées à son plus total opposé et, je l’avoue, je n’y aurais pas cru.

Je vous laisse imaginer la chose, un peu comme si je vous présentais le résumé d’un film catastrophe…

Ce qui pourrait aller un peu comme suit.

Un monde digne de la plus pure science-fiction dans lequel une pandémie vient frapper la planète, partout quasi en même temps. Un monde ou la peur de l’autre devient la norme. Un monde dans lequel le télé travail devient brusquement la règle dans certains milieux. Un monde encore, où en l’espace de quelques jours, une vague de dénonciations jamais vue jusque-là, si ce n’est pour la comparer à une certaine variation des anciennes chasses aux sorcières de jadis, semble en train d’emporter tout sur son passage.

#MeToo version 2020.

Une vague dans laquelle, surtout, on ne semble plus faire de distinction entre ce qui relève des comportements répréhensibles de ceux qui constituent de véritables agressions sexuelles. Car il en va de même pour le virus que pour les relations humaines. L’ennemi est partout tout autant qu’invisible. Tant pis pour la nuance!

Car tenez-vous le pour dit! C’est bon ou mauvais.

Et au pilori les zones grises!

Peu importe que ces événements se soient produits il y a vingt ans ou il y a cinq minutes, tous dans le même sac. Et l’idée n’est pas ici de banaliser les agressions sexuelles, loin de là. Parce qu’on le sait, une agression ne devient pas moins grave avec le temps. Et souvent, il faut longtemps pour s’en délivrer. Mais plutôt de constater qu’on ne voit pas de distinction entre un dérapage après une bière dans un bar entre deux personnes un peu éméchées (on a pas le contexte alors on imagine!) et une véritable agression qui s’en trouve forcément un peu dénaturée.

Et le courage, désormais, on l’attribue à ceux qui y vont de dénonciations anonymes. Non pas sur la place publique, mais à travers les médias sociaux tels Instagram ou Facebook. Et à ce tribunal populaire «virtuel» donc, la tâche de brûler sur la place publique le «coupable du jour». Sans preuve, sans mise en contexte, et surtout, sans qu’il soit nécessaire de vérifier quoi que ce soit.

Parce que, dans ce monde-là, il suffit de la plus minuscule et invérifiée des allégations d’inconduite pour que le «fautif» se voit d’un coup tout perdre: travail, contrat, réputation. Peu importe que ces allégations soient vraies, en partie, ou pas du tout. Comme une immense claque au visage, instantanée et parfois un peu démesurée (c’est le risque collatéral des dénonciations anonymes et non vérifiées) en regard ce qu’on aura qualifié de faute…

Depuis quelques jours, chaque fois que j’ose jeter un œil sur les médias sociaux, sur Twitter notamment, j’ai l’impression d’être emportée dans une mer de boue. Les #ProMasques par exemple qui jettent des torrents de violence à ceux qu’ils identifient comme étant #AntiMasques. Et vice et versa dans un débat hyper polarisé ou chacun semble déterminé à camper sur sa position. Car ici aussi, pas de demi-mesure. Soit tu es égoïste. Soit tu te masque par amour de ton prochain.

Aucune autre alternative possible. Comme au Moyen-âge!

Le bon ou le mauvais.

Dieu ou le démon.

Il faut choisir son camp.

Aujourd’hui, c’est blanc ou noir. Mais peut-être faut-il ici aussi se méfier des expressions trop connues, n’est-ce pas? Au risque d’être accusé de racisme! Parce que l’évidence, c’est qu’il ne faut plus parler des êtres en terme de couleurs. Ni même en termes de genre. Nous ne sommes plus un homme ou une femme. Nous ne sommes plus de telle ou telle culture, de telle ou telle autre origine.

Et plus encore! Il ne faut surtout prendre aucun risque d’offenser, même sans le savoir, qui que ce soit! Comme ce glacier haut de gamme Dannois qui, craignant d’indisposer les habitants autochtones de l’Arctique, a décidé purement et simplement de «débaptiser» ses esquimaux glacés…

Je l’avoue, j’aurais lu cette histoire dans un roman et je me serais dit que le romancier avait décidément beaucoup d’imagination. La même histoire dans un journal, on se dit «Ah, vous savez, c’est l’époque qui veut ça!»

Aujourd’hui, la différence c’est le pire des scénarios. Le plus grand fantasme? Être tous pareils. Ne jamais faire d’erreur. Être parfaits en tous points. Ne surtout pas avoir dans son sac des dérapages de conduites commis il y a des décennies qu’on aurait autrefois attribués à la jeunesse et qui aujourd’hui peuvent vous couler plus vite que ne l’a été le Titanic. Des êtres indéfinis qui semblent destinés à finir agglutinés et aspirés dans une mer de boue. Elle aussi informe et, qu’on se le dise, parfois puante.

Ainsi, j’en viens à me dire qu’on est passé non pas à ce qu’on pourrait qualifier de scénario de sciences fiction. Mais plutôt du réel au surréalisme.

Et à travers ce qui me semble présenter toutes les caractéristiques de la fin du monde, parfois l’envie de rire (jaune?) en tombant sur une nouvelle qui m’amène à me demander si je ne me trouve pas, non pas dans la vie réelle, mais dans un scénario de cauchemar. Et que, définitivement, le scénariste finira bien par se réveiller. Et qu’il criera alors d’un coup «Coupez! C’est n’importe quoi! On refait tout de zéro!»

Parce que le revirement, je l’attends désespérément moi!

Alors scénariste! Tu t’en vas où avec tes skis ?

La vie est un roman, Guillaume Musso

Ces temps-ci, canicule estivale s’y prêtant, je tente de faire redescendre une autre courbe que celle du covid. Celle de la montagne de livres qui monte chez-moi avec plus de vigueur encore que le plus virulent des virus.

Ma dernière lecture ? Le plus récent livre de Guillaume Musso, «La vie est un roman» que j’avais très hâte de lire étant donné sa thématique particulière. Celle du romancier qui se joue de son personnage. Ou plutôt, est-ce le contraire? Car ici, c’est dans les faits un peu deux romans en un qui nous est offert. D’abord l’histoire du romancier qui écrit. Mais aussi, de son personnage qui refuse de se laisser mener par le bout de sa plume romanesque.

D’un côté donc, Flora Conway, auteure primée de nombreux romans, mère d’une petite fille, Carrie, trois ans. Lors d’une partie de cache-cache dans leur appartement new-yorkais, la fillette disparaît. Aucune explication logique à la chose mais l’enfant demeure introuvable de sorte que la mère sombre et ne parvient plus à écrire.

De l’autre côté, Romain Ozorsky, écrivain vivant pour sa part à Paris, en dépression en raison de la lutte qui l’oppose depuis trop longtemps à son ex-compagne, Almine, qui refuse de lui donner accès à leur fils. Et qui menace de s’exiler définitivement aux États-Unis.

Nous sommes ici de fait un peu comme dans un jeu de miroir, comme une mise en abysse si je peux dire. Tellement qu’on en vient à se demander qui est le personnage fictif et qui est le romancier du réel.

Et, je dois avouer que j’ai beaucoup aimé cette construction un peu particulière dans laquelle je me suis sentie un peu déstabilisée au départ. Et, en filigrane surtout, le discours de l’auteur sur le métier d’écrivain.

Parce que, qu’on ne s’y trompe pas. Un peu comme dans son précédent roman que j’ai aussi lu il y a quelques semaines (La vie secrète des écrivains) on ne manque pas d’entendre dans celui-ci ce qui semble être voulu comme une réponse. Celle-ci en réaction aux frustrations de Musso qui en tant qu’écrivain, semble un peu tanné d’entendre toujours les mêmes reproches de la presse, des critiques et même de certains lecteurs qui l’accusent de faire une littérature dite «facile» et «légère». À la limite, des livres qui n’ont rien de littéraires. Ou même encore, négligeables parce que grand public. Une réaction surtout à ceux qui lui reprochent de créer un personnage de femme alors qu’en tant qu’homme, il ne devrait rien pouvoir y comprendre. Tout à fait, vous l’aurez compris, dans l’ère du temps qui veut qu’aujourd’hui, plus aucun artiste, écrivain ou autre créateur n’ait le droit, semble-t-il, de créer sur autre chose que ce qu’il vit et expérimente personnellement. Et à bas la fiction et le droit de créer si on peut le dire ainsi.

Bref! Même si à la base je ne suis pas particulièrement fan de Guillaume Musso, la vérité c’est que j’ai beaucoup aimé ses deux derniers romans (même si je parle plus précisément aujourd’hui de «La vie est un roman»). Justement pour ce discours qui en ce qui me concerne, est venu m’interpeller plus particulièrement.

Alors ? Vous l’avez lu ? Avez-vous aimé?

Si ce n’est pas le cas, je vous le recommande. Parce que bien sûr, la lecture vous révélera quelques surprises que j’ai préféré taire ici bien sûr. Histoire de ne pas brûler le plaisir.

Lorsqu’on comprend que l’univers a de l’humour

J’ai passé ma vie, début janvier, à prendre des résolutions. Pleine d’espoirs sur les merveilles et autres surprises que la nouvelle année devrait forcément me réserver. La réalité, c’est qu’en ce printemps et début d’été 2020, je trouve particulièrement intéressant de constater que jamais au grand jamais je n’aurais pu imaginer de quoi serait constituée cette première moitié de l’année.

Même en me trafiquant une boule de cristal.

Même en faisant preuve de beaucoup, beaucoup d’imagination! Ce dont suis pourtant bien loin de manquer!

Aussi, bien que j’ai toujours manifesté un certain scepticisme face à ces pages d’astrologie qu’on retrouve bien souvent dans beaucoup de magazines (tiens donc! Des magazines féminins onze fois sur dix, par le plus grands des hasards!) il m’arrive de me laisser aller à lire ce que mon avenir est «supposé» me réserver de beau. Parce que je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, je ne suis jamais tombée sur un horoscope qui me prévenait de l’arrivée imminente des sept plaies d’Égypte dans ma vie.

La vérité c’est que ce serait probablement pas mal moins vendeur! Et de toute façon, pour les mauvaises nouvelles, les journaux existent déjà!

N’empêche! Même si je suis bien consciente que l’horoscope, c’est un peu l’équivalent d’un bon roman savon, il m’arrive de le lire. Par curiosité parfois. La plupart du temps juste pour voir. Un peu comme on surveille la météo, sans nécessairement prendre ça pour argent comptant.

Ce matin, voici sur quoi je suis tombée:

Vitre vie amoureuse est en feu avec des options qui se profilent à droite, à gauche et au centre, ce qui – en adepte de la diversité – n’est pas pour vous déplaire. Vous prévoyez retourner dans un lieu déjà visité? La chance vous sourira! En restant le plus authentique possible, vous passerez de bons moments avec de nouvelles personnes passionnantes.

Décidément!

Au sortir d’un printemps de confinement, enfermée chez moi avec l’homme et l’Ado, me voilà donc prévenue! Ma vie amoureuse est en feu!

Mais je vous le demande! Que vais-je bien pouvoir faire de cette information ?

1500 fois merci

27 juillet 2009.

C’est la date à laquelle j’ai écrit mon tout premier billet sur ce blogue. Inutile de préciser que j’étais alors à des années lumière de me douter que je tiendrais le cap si longtemps! Et c’est vraiment peu de le dire!

Pensez-y!

Presque onze ans.

1500 billets (sans compter ceux que j’ai conservé en mode privé!).

Une quantité incalculable de mots sur une multitude de sujets.

Des livres lus. Des anecdotes racontées. Des coups de gueule. Des montées de lait. Des bonheurs et quelques deuils partagés aussi.

J’entamais alors ma quarantaine. Je me retrouve presque 11 ans plus tard… en quarantaine toujours ! Comme quoi, la vie n’est jamais à court de surprises, c’est le moins qu’on puisse dire!

Alors voilà! Je tenais à consacrer ce mille cinq centième billet pour vous dire merci.

Merci aux lecteurs du début. Merci à ceux qui se sont glissés discrètement dans l’entrée de mon salon. Merci à vous qui êtes venus commenter à certains moments. À vous aussi qui avez partagés certains de mes billets. Merci aux lecteurs avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger de façon directe, par courriel. Vous qui êtes venus me dire que certains de mes billets vous avaient touchés, émus, rejoints.

Merci à vous aussi qui vous êtes tenus dans l’embrasure de la porte de mon salon de façon discrète. Mais dont j’ai senti le cœur battre sur le graphique de la courbe de fréquentation.

Merci à vous qui, je le constate en regardant justement ces statistiques de fréquentations êtes, mine de rien, autant d’ici que d’ailleurs sur la planète.

La vérité c’est probablement que onze ans et 1500 billets sur un blogue, c’est rien de moins qu’une éternité dans le monde du web.

Alors voilà! Un merci sincère à vous tous, lecteurs réguliers et de passage qui avez rendu ça possible!

Je n’oserais jamais m’aventurer à promettre un autre 1500 billets (quelle folie ce serait!)

Mais qui saurait dire ce que l’avenir nous réserve ? Surtout pas moi!

Alors merci ! Parce que je n’ai pas trouvé d’autre mot pour le dire !

La vie au temps du coronavirus…Moments en surbrillance

Jour 32 de confinement

Je ne sais plus trop quoi penser, partagée entre ces réflexions opposées que mon cerveau n’arrive plus à gérer et à départager. Et, je passe ainsi du « le monde devient fou » Genre « Wake Up gang! Vraiment, si les hommes des cavernes s’étaient eux-aussi cachés dans leurs grottes plutôt que de lutter contre l’envahisseur et de s’adapter aux millions de virus qui ont attaqué la planète depuis la nuit des temps, c’est l’évidence, il y a bien longtemps que l’humain aurait été rayé de la carte. Et qu’il n’y aurait vraisemblablement plus personne pour en parler » Et le « Ça y est! La fin du monde dont parlait tellement mon grand-père est bel et bien arrivée! »

À la résidence ou habite ma mère, les cas de Coronavirus ne cessent de grimper. Hier, j’ai appris qu’un cas s’était même déclaré sur son étage, à proximité de sa chambre. Même si j’essaie de me confiner mentalement dans cette partie de mon cerveau ou se loge mon aptitude au déni, la vérité c’est que je suis inquiète.

Parce qu’elle tremble de nombreuses heures chaque jour – ma mère est atteinte de Parkinson – elle m’appelle quand elle le peut, et non pas quand elle le veut. De sorte qu’hier matin, j’ai trouvé sur ma boîte de messages téléphoniques un appel fait durant la nuit… Pour me dire qu’elle avait cessé de trembler. Qu’elle allait bien.

Pour la première fois de ma vie, je me suis dit que ce message, j’étais mieux de ne pas l’effacer. Le garder précieusement au cas ou… Parce que, commence à s’imposer à mon esprit, un peu comme un scénario Z, cette idée que la possibilité existe que cette foutue crise l’emporte.

J’ai cessé de me rendre à l’épicerie, exaspérée par ce sentiment d’avoir été parachutée, un peu comme dans un cauchemar, dans un épisode de La Servante écarlate. Des files d’attente sans fin devant les quelques commerces ayant été jugés essentiels, des « commis au Purrel » qui vous considèrent par défaut comme une menace sanitaire potentielle et qui ce faisant, ont pour seule tache ces jours-ci de vous asperger de gel désinfectant. Et, une fois que vous êtes parvenu au Nirvana de votre journée – entrer dans l’un de ces commerces dits-essentiels – vous retrouver devant des tablettes vides. Le comble, étant la farine qu’on arrive plus à trouver nulle part. L’humanité s’étant semble-t-il jetée dans une frénésie de fabrication du pain. Ceci alors qu’il y a peu – ou alors, il y a mille ans, c’est selon! – j’étais tombée sur un article qui racontait que la farine et autres produits de base, plus personne n’en achetait. Ceci pour la banale raison que la culture culinaire, cette habitude de préparer ses repas, apparaissait comme étant en train de tomber en désuétude dans un monde ou tout semblait devoir aller toujours de plus en plus vite…

Et voilà qu’aujourd’hui, du temps nous ne semblons plus n’avoir que ça.

Des journées grises et beiges que l’on occupe à confectionner des gâteaux, muffins et quantités de recettes de pains, comme si notre vie en dépendait littéralement.

Ou, peut-être tout banalement, parce que c’est la seule chose qui nous permette de nous concentrer sur le moment présent. Et d’oublier tout ce reste que notre cerveau n’arrive plus à gérer…

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