Pages féminines d’un autre temps…De l’éducation des femmes selon Rousseau

L’éducation idéale d’une femme selon Rousseau.

Mesdames, sachez-le! Les hommes survivraient bien sans nous, mais pas nous sans eux!

«Faites-en une honnête femme, et soyez sûre qu’elle en vaudra mieux pour elle et pour nous.
S’ensuit-il qu’elle doive être élevée dans l’ignorance de toute chose, et bornée aux seules fonctions du ménage ? L’homme fera-t-il sa servante de sa compagne ? Se privera-t-il auprès d’elle du plus grand charme de la société ? Pour mieux l’asservir l’empêchera-t-il de rien sentir, de rien connaître ? En fera-t-il un véritable automate ? Non, sans doute ; ainsi ne l’a pas dit la nature, qui donne aux femmes un esprit si agréable et si délié ; au contraire, elle veut qu’elles pensent, qu’elles jugent, qu’elles aiment, qu’elles connaissent, qu’elles cultivent leur esprit comme leur figure ; ce sont les armes qu’elle leur donne pour suppléer à la force qui leur manque et pour diriger la nôtre. Elles doivent apprendre beaucoup de choses, mais seulement celles qu’il leur convient de savoir.

Soit que je considère la destination particulière du sexe, soit que j’observe ses penchants, soit que je compte ses devoirs, tout concourt également à m’indiquer la forme d’éducation qui lui convient. La femme et l’homme sont faits l’un pour l’autre, mais leur mutuelle dépendance n’est pas égale : les hommes dépendent des femmes par leurs désirs ; les femmes dépendent des hommes et par leurs désirs et par leurs besoins ; nous subsisterions plutôt sans elles qu’elles sans nous. Pour qu’elles aient le nécessaire, pour qu’elles soient dans leur état, il faut que nous le leur donnions, que nous voulions le leur donner, que nous les en estimions dignes ; elles dépendent de nos sentiments, du prix que nous mettons à leur mérite, du cas que nous faisons de leurs charmes et de leurs vertus. Par la loi même de la nature, les femmes, tant pour elles que pour leurs enfants, sont à la merci des jugements des hommes : il ne suffit pas qu’elles soient estimables, il faut qu’elles soient estimées ; il ne leur suffit pas d’être belles, il faut qu’elles plaisent ; il ne leur suffit pas d’être sages, il faut qu’elles soient reconnues pour telles ; leur honneur n’est pas seulement dans leur conduite, mais dans leur réputation, et il n’est pas possible que celle qui consent à passer pour infâme puisse jamais être honnête. »

(«De l’éducation des femmes – Émile, ou de l’Éducation», Jean-Jacques Rousseau, 1762, source Galliga)

Pages féminines d’un autre temps…Les secrets du charme

LES SECRETS DU CHARME

LA SÉDUCTION DES ATTITUDES GRACIEUSES

Importance de la pose et de la démarche – Le bon goût est dans la simplicité

Nous disions dimanche dernier que le charme, grâce èa quoi l’on séduit et grâce à quoi l’on réussit, peut s’acquérir et se développer. Il existe pour cela de véritables recettes, que l’on peut employer avec un peu de volonté et de persévérance. Et nous nous sommes efforcés de montrer à nos lectrices comment on augmente par la courtoisie son attrait, comment de menus procédés de gentillesse nous aident à réussir en société. Poursuivons cet examen, et l’étude de ces secrets si précieux.

ENSEIGNEZ-LE AUX ENFANTS

Avez-vous songé combien les attitudes, les poses de notre corps, peuvent exercer une bonne ou une mauvaise influence sur les jugements des autres? D’abord une belle santé, s’extériorisant par le visage et par tout le corps à de fortes chances de plaire. Les hommes aiment une femme saine, et ils ont raison. La bonne santé (qui se cultive comme autre chose par un régime raisonnable) facilite la bonne tenue.

Une femme qui se traînerait, toujours languide, n’attirerait guère. Celle au contraire qui se tient vaillante sur ses jambes et dont la démarche est alerte, trouve plus facilement bon accueil, qu’elle souhaite un emploi ou l’amour d’un homme. On peut remarquer d’ailleurs que des observations analogues s’appliqueront tout aussi bien aux messieurs. Aussi, mesdames les mamans, enseignez à vous enfants, garçons et filles, pour l’avenir, l’importance d’une bonne tenue.

SIMPLICITÉ DES GESTES

Étudiez même vos gestes, de façon à ce qu’ils paraissent bien équilibrés. Évitez qu’ils soient désordonnés, et aussi qu’ils soient affectés. Dans cette étude, c’est la simplicité qu’il faut chercher, une simplicité de bon goût. Chez la femme, plus encore que chez l’homme, on n’aime pas des gesticulations impulsives. Ne trahissez jamais d’impatience.

On attribue la réussite d’Ina Claire à la gracieuse et parfaite simplicité de ses gestes, de son allure, qu’elle soit au repos, qu’elle marche, qu’elle s’amuse. Max Reinhardt lui a rendu hommage qu’elle attirait naturellement par ses poses l’idéal qu’un metteur en scène vraiment artiste recherche. Et rien n’est moins affecté que les manières d’Ina Claire. Si vous vous sentez loin de cette jolie simplicité, efforcez-vous de l’acquérir. Observez vos mouvements, votre démarche. Contraignez votre nervosité. Là encore, l’entrainement fera naître une habitude. Vous aurez fait un nouveau pas vers l’acquisition définitive de la vertu tant souhaitée: le charme. Et nous vous donneront dans d’autres articles d’autres recettes, aussi simples mais aussi importantes, dont l’observation doit assurer votre réussite. À dimanche.

(À suivre)

(Le Petit journal, dimanche 29 avril 1934, page 39)

Pages féminines d’un autre temps…Si vous voulez plaire

Les secrets du charme

SI VOUS VOULEZ PLAIRE, BANNISSEZ L’ÉGOÏSME

Examen de conscience – Indulgence et courtoisie sont deux clés du bonheur.

Il y a des gens qui plaisent, et dont la séduction est difficile à analyser, autant qu’irrésistible. On dit qu’ils ont du charme. C’est indépendant de la beauté, et plus puissant encore pour gagner les coeurs et se les attacher définitivement. C’est un des grands secrets de la réussite en amour d’abord, et ensuite en affaires et à peu près dans tous les domaines. Or, on peut affirmer que si en certains cas le charme est inné, en bien d’autres cas il peut s’acquérir, se cultiver, se développer. Qui donc hésiterait, et surtout parmi les filles d’Eve, à rechercher un si précieux talisman? Existe-t-il des recettes? Pourquoi pas ?

CONNAISSANCE DE SOI-MÊME

Toutes les femmes célèbres qui, depuis Cléopâtre et même avant elle, ont cultivé leur charme et régné grâce à lui, s’accordent sur ce premier et essentiel précepte: connaissez-vous vous-même.

En effet, à mesure que l’on se connaît et que l’on aperçoit ses défauts, nait tout naturellement l’envie de s’améliorer, de remplacer ces défauts par les qualités opposées. Ce qui est, non pas facile certes, mais possible. Et si avantageux que cela vaut un effort.

Très peu d’entre nous possèdent un ami – ou une amie – assez sûre et assez sincère pour nous mettre en garde contre nos défauts, sans flatterie comme sans jalousie. A nous donc, de nous examiner.

Le plus souvent, nous y trouverons double bénéfice. Car si nous découvrons en nous des travers comme l’envie, le dépit, des désirs de vengeance, en nous en débarassant nous nous rendrons plus agréables à autrui, et du même coup nous aurons chance d’améliorer nos conditions de santé et de bonheur. D’une manière générale, l’égoïsme est un grand obstacle à notre succès dans le monde. Pour être aimé, il faut commencer par aimer les autres.

LA COURTOISIE

Le charme est d’abord composé de courtoisie, de gentillesse, d’attentions pour tous. Ne pas se mettre en avant, parler aux gens d’eux-mêmes plutôt que de soi, contredire le moins possible et sans aigreur, voilà déjà de grands secrets dont l’observation sera très précieuse. Ceux qui parlent constamment d’eux-mêmes se rendent détestables.

Apprenez toutes les règles de la courtoisie, voir de l’étiquette. Montrez du respect aux personnes plus âgées, conformez-vous aux usages, aux coutumes, des gens parmi lesquels vous vous trouvez, et ne dites pas que chez vous on fait ceci ou cela, qui est bien mieux.

Si l’on observe ces règles, on finira par le faire d’une manière automatique; l’habitude sera une seconde nature, et l’on sera plus agréable à mesure que l’on vieillira. L’âge amène généralement une certaine indulgence, et c’est ce qui rend le commerce des personnes âgées généralement plus agréable. Pourquoi ne pas commencer plus tôt?

Il y a d’autres secrets, petits et grands, dont la connaissance et la pratique peuvent aider à notre réussite. Nous en décèleront quelques-uns dans une chroniques suivante, dimanche prochain.

(À suivre)

(Le Petit journal, Dimanche 22 avril 1934, page 39)

Pages féminines d’un autre temps…L’Harmonie de la femme

L’HARMONIE DE LA FEMME

S’acquiert par le rythme: non par la force

Les exercices violents ne conviennent pas à la femme

Une grande éducatrice de la danse rythmique, Marion Morgan, croit aux exercices de culture physique pour le développement de la beauté chez la femme et non pas aux sports violents.

Et voici son opinion à ce sujet:

Le sport proprement dit, pour les hommes, oui. Pour les femmes, non! J’admets la natation, le tennis, l’aviron en été; le ski et le traîneau en hiver. Mais, seulement en dilettante… pour s’amuser. Mais pas comme compétition. Je suis contre les courses pour la première place, pour le premier prix, parce qu’il demande un effort physique que la femme ne saurait supporter, sans en souffrir après. Il ne faut pas dénaturer le but de l’exercice qui est de rapporter un effet bienfaisant et salutaire à la santé. L’effort soutenu est un épuisement lent de la santé. Les sports qui demandent des gestes secs et brutaux sont anti-féminins. L’harmonie de la femme est dans la souplesse et non dans la force qu’elle pourrait avoir.

Pas d’effort visible

La danse rythmique (je ne parle pas des danses abrutissantes et éreintantes de nos jours) la danse classique née du sens de l’harmonie et de la grâce, est appelée à faire plus de bien à la femme que les sports violents auxquels trop de nos jeunes filles s’adonnent maintenant.

«Je déteste l’effort qui se manifeste par les contractions du visage et dénature le corps de la femme. Mon idole est la beauté, rien que la beauté…mais la beauté pure…celle qui inspire le respect et l’admiration. Il faut que la grâce du sourire accompagne celle des mouvements et ce n’est que dans la danse rythmique que nous pouvons la trouver!

«Il ne faut point que sur la pureté des traits du visage féminin transparaisse la moindre angoisse, le moindre souci… Il faudrait plutôt supprimer tout effort, abolir tout mouvement forcé, que de supporter l’altération d’un joli visage, d’un geste gracieux.

La danse rythmique est pour la femme ce qu’est une rhapsodie pour un compositeur ou un rondeau pour un poète. Créons la poésie et la symphonie des gestes… nos filles, nos épouses, nos mères n’en garderont que plus longtemps l’harmonie et le charme….»

(Le Petit Journal, 20 janvier 1929)

Pages féminines d’un autre temps…L’art de s’habiller soi-même

L’ART DE S’HABILLER SOI-MÊME

La femme moderne a appris à compter beaucoup sur elle-même et elle est passée maîtresse en cette science utile entre toutes: savoir faire bien avec peu de ressources, ce qui se traduit dans le domaine de l’élégance: être chic avec peu de chose.

Son budget est restreint? Qu’importe! Elle n’ira pas acheter un tissu de mauvaise qualité ou bien s’adresser à une couturière sans goût. Elle choisira une façon simple, qui utilise un métrage raisonnable de tissu et, partant, lui permet de choisir la belle étoffe souple, convoitée depuis si longtemps.

Et…comme on est jamais si bien servic que par soi-même, elle deviendra couturière amateur. Évidemment, il faut une certaine audace pour tailler dans un tissu qu’on risque de gâcher.

Il est bon de faire quelques essais avec des «transformations» de robes, afin de se «faire la main». Mais toute femme aime draper les chiffons et vous retrouverez l’enthousiame d’une fillette qui veut faire belle sa poupée en taillant votre première robe.

Du reste, il ne s’agit pas de tailler au hasard, selon votre inspiration, mais de suivre rigoureusement l’indication d’un bon patron, bien étudié, qui diminuera sensiblement la difficulté de l’entreprise. Un bon patron est aussi difficile à trouver qu’une bonne couturière.

(Le Petit Journal, 20 janvier 1929)

Pages féminines d’un autre temps…Secret de charme

Conseils d’un expert

Secret du charme

(Par John-Robert Powers)

Chez tous les peuples à travers les siècles, on a cherché des aliments spéciaux qui pourraient donner ou conserver la beauté du corps humain. À différentes époques, on a attribué à un aliment ou à un autre des propriétés spéciales relativement à la beauté et à la conservation de la jeunesse. Nombre de beautés célèbres se sont vu offrir des sommes d’argent considérables en échange du «secret» de leur régime.

Et bien! vous, Mesdames, vous êtes vraiment chanceuses, parce que la science a levé le voile sur les secrets d’alimentation en vue de la beauté et rendu accessibles à tous les moyens faciles de conserver la jeunesse.

Posséder un corps attrayant et bien proportionné est le désir légitime de toute femme. Mais pour les modèles Powers, c’est plus qu’un désir, c’est une nécessité. Ces mannequins doivent pratiquer des exercices physiques, consciencieusement, afin que leurs mensurations demeurent constamment les mêmes. De plus, elles doivent suivre un régime scientifique, afin que leur poids se maintienne.

Le mot «régime» sonne-t-il à votre oreille comme quelque chose de sévère? La plupart des femmes lorsqu’elles l’entendent prononcer, ont des visions de café noir et de pain sec. Un modèle Powers, Magie MacNamarra, m’a dit un jour que la première fois qu’elle entendit parler de suivre un régime, elle ressentit aussitôt son estomac crier famine. Cela survint, évidemment avant qu’elle apprit que suivre un régime signifie manger. C’est simplement le fait de manger des aliments appropriés qui vous permettra de diminuer, d’augmenter ou de maintenir votre poids.

Si vous avez un poids idéal, vous êtes une personne vraiment chanceuse. Il est difficile de perdre du poids. Il est encore plus difficile d’en gagner. Mais si votre poids est normal, ne vous laissez pas aller à une trop grande confiance en vous-même. Au contraire, surveillez constamment votre silhouette et mangez en vue de la beauté et de la santé. Si vous désirez garder votre poids actuel, Madame ou Mademoiselle, commencez dès demain à suivre le régime que nous vous donnons ci-dessous:

Buvez huit verres d’eau chaque jour;

Déjeuner: un jus de fruit, un œuf bouilli ou poché, une tranche de pain rôtie ou beurrée, thé, café ou lait;

Dîner: salade de fruits oui de légumes ou un plat de légumes chauds, pain brun, lait;

Souper: Viande maigre, poisson ou volaille (bouillie ou rôtie), du foie, une fois par semaine, deux légumes (dont un vert), fruit crème renversée, crème glacée ou pouding, café, thé ou lait.

(Le Petit Journal, 15 mai 1949)

La nouvelle cuisinière canadienne

Comme dimanche dernier, en ce 13e jour de mon calendrier de l’Avent, j’ai eu envie de vous proposer un livre qui soit aussi dans l’ère de mes Pages féminines d’un autre temps que j’aime tant!

Aujourd’hui, c’est donc du vieux livre «La nouvelle cuisinière canadienne» publié en 1865 que j’ai eu envie de vous parler.

Paru en 1840 pour la première fois, ce livre est considéré comme le premier livre de recettes écrit en français au Canada. Cette quatrième édition sortie en 1865 présente ainsi des plats français et anglais, certains intégrant des ingrédients locaux tels le maskinongé, la farine de maïs ainsi que le sirop d’érable. En ce qui me concerne, je trouve assez fascinant de découvrir ces anciens plats à travers des recettes à la méthodologie parfois un peu aproximative. Dans certains cas la marche à suivre est inexistante, le temps de cuisson semblant lui matière au jugement du cuisinier. C’est vous qui voyez en quelques sortes. Et pire, plus d’une trentaine d’unités de mesures (la pincée, la poignée, la cuillérée, la chopine, la pinte, la roquille, le gallon, le demi setier ou demiard, le mirésrable, la livre, le quarteron, l’once, le doigt, , le pied, le dé, etc) y figurent. Bref! Il y a de quoi perdre son latin! Mais surtout, un risque assez grand de se retrouver avec un résultat, disons-le, pour le moins aléatoire.

Mais ce que ce livre nous promet? Rien de moins que le bonheur éternel avec «Tout ce qui est nécessaire de savoir dans un ménage, tel que l’achat des diverses sortes de dentéres; les recettes les plus nouvelles et les plus simples de préparer les potages, les rotis de toutes espèces, la pâtisserie, les gelées, glaces, sirops, confitures, fruits, sauces, puddings, crèmes et charlottes; poissons, volailles, gibiers, oeufs, légumes, salades, marinades; différentes recettes pour faire diverses sortes de breuvages, liqueurs, etc,. etc. » (Quatrième édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée, Montréal, 1865)

Et de fait, on y retrouve de véritables perles de la science ménagère que toute femme souhaitera bien sûr connaître.

«Le coup d’oeil bienveillant, l’aimable sourire de la maîtresse de maison et de sa fille sont l’heureux pronostic d’une cordiale et douce hospitalité. Savoir faire les honneurs de chez soi, c’est savoir oublier qu’on en est le maître. Regardez à deux fois avant d’inviter un convive; mais n’oubliez pas que dès que vous l’avez reçu, il est plus que votre hôte, il est votre ami.»

(Page 9)

Coup de foudre en ce qui me concerne! Pour la curiosité, pour la découverte de l’évolution de la langue française dans une société dans laquelle se côtoient anglais et francophones. Une belle leçon d’histoire à travers le quotidien bassement alimentaire.

Je vous laisse avec cette recette de biscuits à la madeleine.

Biscuits à la madeleine

Battez six œufs avec trois quarterons de sucre, trois quarterons de beurre défait en crème, ajoutez un verre à vin d’anis bien lavé, un demiarre de lait, gros comme un dé de perlasse, brassez le tout en­ semble, avec une livre et demie de farine; laissez lever deux heures près du feu : prenez la pâte par morceaux, roulez-la, et mettez sur une tôle dans le fourneau. Ou peut aussi les faire cuire dans le saindoux bouillant.

(page 125)

Pages féminines d’un autres temps…Comme les esquimaux

Oh que ça fait envie !

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Ce qui se passe chez nos voisins du grand Nord

LA SOLUTION DU DIVORCE CHEZ LES ESQUIMAUX

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Ils sont fidèles à leur première épouse, qui demeure à l’iglou et participe au travail de l’époux, en mâchant ses bottes pour qu’elles soient plus flexibles

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La solution du grand problème du divorce peut-être tirée de la vie des Esquimaux de la terre de Baffin, le pays où le divorce est inconnu et où la vie se fait avec autant de délices que les pays où les divorces sont grandement favorisés. L’explorateur Sir J. Williams-Green, de retour de quatre mois passés au pays des Esquimaux a déclaré cette semaine que ce peuple nomade avait trouvé la véritable solution du grand problème qui travaille les peuples civilisés.

«La solution, dit-il, est dans l’imitation des Esquimaux primitifs, qui ne connaissent pas le divorce, puisque leur race est le développement d’une vie économique mutuelle, dans laquelle la femme demeure à l’iglou – sorte de cabane de glace – pour y mâcher la dure botte de peau de phoque de son époux, de sorte qu’elle soit plus flexible et plus confortable pour ses courses à travers les neiges et les glaces polaires.»

«Ayant continuellement la disette à sa porte, l’Esquimau est le plus joyeux des hommes du monde. Ses nécessités sont peu nombreuses, ses goûts sont simples, et à la Terre de Baffin, il est complètement monogame, dévoué à sa femme et à ses enfants. Sa peuplade est nomade, continuellement en circulation, et pendant que son épouse s’occupe des travaux domestiques, sa principale fonction est d’assurer le confort aux pieds de son mari, pendant ses longues parties de chasse. Elle mâche sa botte, pour rendre flexible la peau de phoque, durcie par la température glaciale de l’endroit.»

«Au Groenland, les Esquimaux sont plus amateurs de la variété et ils aiment à faire l’échange d’épouses, mais l’Esquimau de la Terre de Baffin demeure fidèle à son premier amour, malgré que celle-ci lui est destinée par le sort, les femmes étant moins nombreuses que les hommes. Il arrive quelquefois que les enfants d’un Esquimau miséreux sont adoptés par un qui est dans l’aisance, c’est-à-dire, qui possède un bon traineau, une quinzaine de très bons chiens et plusieurs caches de poisson et d’œufs gelés.»

 (Le Petit Journal, 16 octobre 1927)

Pages féminines d’un autre temps…Savoir s’en aller

Les bonnes manières

SAVOIR S’EN ALLER

Notre époque affairée, où les heures manquent de minutes, n’admet pas qu’une visite, sauf à un ami intime, s’allonge en une causerie. Les gens mal élevés ne savent pas «s’en aller»; l’objet de leur visite étant épuisé, ils demeurent collés à leurs siège par une force qu’ils croient être la politesse et qui n’est que la gaucherine.

On nous saura toujours gré, l’objet de votre visite étant épuisé, de vous lever pour regagner la porte. Si l’on désire une prolongation de votre présence, on saura vous l’exprimer. Du moins aurez-vouis montré que vous respectez le temps d’autrui, donc que vous êtes bien élevé.

Frapper à une porte

Dans le privé on ne doit jamais entrer dans certaines pièces dont la jouissance appartient à autrui (cabinet de travail oui boudoir, chambre à coucher, cabinet de toilette) sans d’abord avoir frappé et entendu qu’on vous donnait l’autorisation d’ouvrir la porte. Par contre on ne doit jamais, même si l’on est domestique, frapper à la porte d’un salon, d’une salle à manger, d’un office ou d’une cuisine.

(Le Petit Journal, 24 octobre 1937)

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