06/6/13

Doute

Crédit: IStock

Depuis quelques jours, je suis aux prises avec le doute. Celui, un peu comme Don Quichotte, de me battre contre des moulins à vents…

Me demandant si je ne me mens pas à moi-même en écrivant depuis si longtemps sur mes fantômes familiaux. Espérant ainsi ne plus me sentir comme dédoublée, prise entre la Marie-au-nom-composé que je présente au quotidien, et celle – virtuelle – qui ici, sur un blogue, s’imagine pouvoir tout dire…

Sans conséquence !

Parce que comme me l’écrivait avec justesse une amie, quand nous fouillons dans le passé, il ne faut pas être surpris d’en voir sortir beaucoup de poussière… Et j’ajouterais peut-être, d’avoir peine à respirer par moments…

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03/23/11

Des squelettes dans le placard

Les secrets de famille ont la vie dure…et pas que pour moi !

J’écoutais hier midi une entrevue radio qu’Alexandre Jardin donnait à l’animatrice Christiane Charrette en janvier dernier (la magie d’Internet !) dans laquelle il parlait de son dernier livre «Des gens très bien» et je dois dire que j’ai été particulièrement touchée !Touchée par sa voix ou l’on sent toute l’émotion qu’il ressent à «dire» l’indicible. À dire tout haut ce que tout le monde chez-lui a tut trop longtemps !

Pour entendre cette entrevue, vous aussi, c’est par ici

Dans ce roman, Alexandre Jardin raconte la véritable histoire de sa famille, loin des gentilles historiettes auxquelles il nous avait habitué jusque-là, mettant au jour l’implication de son grand-père dans l’un des événements les plus sensibles de l’Histoire des français : la rafle du Vel’ d’Hiv qui eut lieu le 16 juillet 1942 et qui mena des milliers de juifs à la mort.

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03/29/10

Et après…

 

Pexels

Si le fait d’apprendre l’orientation de ma grand-mère a pu laisser sous l’impression que dans notre famille, l’acceptation de cette situation s’était passé de façon calme et paisible, ou d’office, sachez qu’il n’en est, mais alors là, vraiment rien !

Néanmoins, si dans la famille le fait que ma grand-mère se soit affichée ait pu susciter bien certainement des sentiments contradictoires pour la génération de ma mère dont Jeanne était la mère, je n’ai jamais su si en tant que femme qui préférait les femmes, elle avait vécu du rejet ou de la discrimination à cet égard dans sa vie en général. Ce qui est plus que probable…

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03/18/10

Sommes nous libre de nos choix ?

Pexels

Sommes-nous vraiment libre de nos choix ?

Voilà une bien grande question que je me pose souvent; le genre de question-piège capable de vous aspirer tellement les réponses possibles sont comparables à un puit sans fond ! Et lorsque je regarde le destin commun de mes grand-parents (en commun, mais hors du commun assurément !!!), je ne peux faire autrement que de me demander quelles sont les ramifications sous-terraines sensées expliquer leur relation. Car il m’apparaît hors de tout doute qu’ils avaient toutes les raisons du monde de ne jamais se rencontrer ces deux-là !

En effet, si ma grand-mère, éduquée aux études classiques, est devenue professeur de français, mon grand-père quant à lui a été le plus pur produit d’une famille de défricheurs et de travailleurs acharnés, un homme qui aurait trouvé bien plus de bonheur à mon humble avis à vivre en hermite qu’à jouer les pères de famille… Ses ancêtres (et aussi les miens, bien sur !), partis de Ste-Thècle dans les années 1920, sont venus littéralement défricher l’Abitibi pour y construire leurs maisons, leurs vies. Néanmoins, le seul point commun que j’arrive à percevoir entre mes grand-parents étant la culture: la sienne à elle, et celle des arbres pour lui car l’homme qui plantait des arbres, je vous assure que c’était bien lui, le gouvernement lui donnant alors 5 cent/l’arbre planté !

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12/3/09

Déracinement

Pexels

À ce point de mon histoire, vous vous demandez peut-être ce qui a amenée la famille de mon grand-père en Abitibi ?

La guerre bien sur !

En effet, la guerre de 14, et avec elle l’arrivée de la conscription rendra un peu inquiet mes arrière-arrière grand-parents, Alfred et Julie, pour l’avenir de leurs fils. En effet, trois des dix fils vivants sont alors en âge d’être enrôlés, Ernest, Joseph et Émile. C’est ainsi que devant l’insistance des recruteurs militaires qui désirent les enrôler, Alfred décide-t-il de faire un beau « cadeau » à ses trois fils (dont mon grand-père Joseph) en leur achetant chacun une terre en Abitibi. Disons que j’aurais bien envie de lui demander pourquoi il n’a pas eu la créativité de penser à un endroit plus chaud mais bon… Il semble qu’on fasse avec ce qu’on a ! Mais il ne fait aucun doute que c’est cette décision qui allait séparer physiquement cette grande famille en deux clans, ceux de l’Abitibi et ceux qui étaient demeurés en Mauricie.

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12/1/09

L’appel de l’aventure…

Bien qu’il m’apparaisse difficile de cerner ce qui a bien pu réunir un jour mes grand-parents, il reste néanmoins que l’histoire familiale de mon grand-père fut tout aussi « romanesque » que celle de Jeanne, ma grand-mère.

Ainsi, mon arrière-arrière grand-mère, Julie, (la grand-mère de mon grand-père, vous l’aurez compris !) naquit-elle près de Plessisville en 1866. Instruite (elle avait pu aller à l’école jusqu’à 14 ans !), elle refuse cependant un emploi d’institutrice pour, comme beaucoup d’autres jeunes de l’époque, aller tenter sa chance aux États-Unis. Hébergée chez une tante à Lowell, elle y trouve un emploi dans une manufacture de coton, ou elle fera d’ailleurs la connaissance de celui qui allait devenir son mari, mon arrière-arrière grand-père Alfred.
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11/25/09

Là ou les mots manquent

Mon grand-père est sans aucun doute l’image masculine la plus positive que je conserve à l’esprit ! En effet, lorsque je pense à lui, je ne peux m’empêcher de lui vouer une certaine admiration pour l’homme qu’il a été et qu’il est toujours.

Lui et ma grand-mère, aussi loin que je me souvienne, ont toujours vécu séparément mais sans jamais divorcer. Ainsi, il a été à côté d’elle jusqu’à la mort de celle-ci, la veillant au chevet de son lit d’hôpital jusqu’à la fin, il y a quelque cinq ans déjà.

Bien qu’ils aient vécu chacun de leur côté pendant des années, je me souviens que lorsque j’étais toute jeune, ma grand-mère allait tous les dimanches faire le souper pour toute la famille qui se rassemblait alors dans la maison « grand-paternelle » pour le souper dominical. Une petite maison qui dans mon souvenir, restera toujours celle qui trônait fièrement sur le haut de la côte, dans ce rang qui serpentait comme un ruban dans la campagne, au milieu des champs et de tous ces arbres que mon grand-père a passé sa vie à planter. Car « l’homme qui plantait des arbres », c’était bien lui !

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11/13/09

Et les pièces du casse-tête se mettent en place..

Comme dans toutes histoires familiales – et la mienne ne fait pas exception à la règle – il est plus aisé de parler de ses ancêtres éloignés avec détachement puisque leur aura est alors baigné, pour une large part, de légende.

Les anecdotes entendues à leur sujet font d’eux, plus souvent qu’autrement, des personnages dignes d’un roman en raison du fait, probablement, qu’on les a parfois connu un peu mais le plus souvent, pas du tout.

Il en va tout autrement lorsqu’on arrive à parler de ses grand-parents et de ses parents qui eux, ont un visage dans notre esprit…Mais en même temps, je pense qu’il est frappant de constater qu’en parallèle de celui de notre famille, c’est le portrait de l’évolution de la société elle-même qui s’en trouve brossé du même coup…

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11/9/09

Au début…

C’est en janvier 1877 qu’est effectivement née Adeline , cette femme qui était destinée à devenir mon arrière-arrière grand-mère (ou plutôt de qui j’étais destinée à devenir l’arrière-arrière petite fille !).

Le 11 juin 1894, elle épouse à St-Raymond dans le Compté de Portneuf mon arrière-arrière grand-père, Édouard. Au moment de leur mariage, dans la tradition de l’époque, Adeline était tout juste âgée de 17 ans…. Ensemble, ils auront plusieurs enfants, dont deux en particulier qui reviendront plus tard dans mon histoire; Dollard et Anne-Marie.

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10/27/09

Un voyage ?

Photo: IStock

J’ai compris très jeune qu’au lieu de garder honteusement pour moi les secrets et déboires de ma famille, risquant ainsi l’asphyxie émotionnelle, ou dans le pire des cas, la dépression majeure, je pouvais en toute sécurité tout raconter.

Du père alcoolique à la grand-mère lesbienne, du frère préférant de loin affronter les Talibans que de supporter son sentiment d’impuissance face à notre mère, au grand-père vivant mieux avec les arbres qu’avec les humains, de la mère trois fois mariée, deux fois veuve, trois fois divorcée (qu’est-ce qu’elle n’a pas compris ? comme dirait mon grand-père !) , à la tante qui s’était sauvée par la fenêtre à 17 ans pour aller rejoindre son amoureux, un peu comme dans une fresque de Garcia Marquez, et qui en était revenue 7 ans plus tard …pour souper.

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