Ce qu’un jeune mari devrait savoir, collectif

On ne se mentira pas, je n’ai pas beaucoup écrit cette année.

Mais fort heureusement, il y a eu la lecture. Et après m’être promis de lire plus que l’an passé, je dois avouer que je suis assez fière d’être en voie de voir augmentée ma liste de livres lus en 2021.

Le petit dernier a avoir trôné sur ma table de chevet? Un tout petit livre vraiment rigolo qui a fait passer un magnifique moment à la fan de ces conseils un peu ringards qu’on destinait aux femmes d’une autre époque afin que celles-ci deviennent des épouses plus que parfaites pour leur cher et tendre époux. Et qu’à travers un collectif d’autrices et d’auteurs (parce qu’il s’y en glissent quelques uns), on transpose au masculin…comme dans un effet de miroir des plus intéressants.

Parce que «Ce qu’un jeune mari devrait savoir», c’est vraiment ça. Un guide féministe écrit par presque une vingtaine d’autrices différentes (Martine Delvaux, Heather O’Neill, Rose-Aimée Automne T. Morin, Léa Stréliski, etc…à travers lesquelles se glissent par ailleurs quelques gars, dont le chanteur Patrick Watson) et qui chacun et chacune, offre sa vision de ce que devrait être un bon mari de nos jours.

Si certains des premiers textes m’ont un peu moins rejointes, d’autres m’ont carrément plu et beaucoup fait rire. Et parmi mes préférés, ce texte de Véronique Grenier (autrice, conférencière, chroniqueuse et blogueuse) qui dans «Conseils pour un mari idéal» distille ses précieux conseils. Par exemple, que le mari idéal évite vraiment les mots «t’as juste à demander» qu’on a pourtant toutes déjà entendus, un peu comme l’écorchure d’une craie sur un tableau. Comme si parce qu’on est une femme, on devrait par défaut être la maîtresse de ce grand chantier qu’est la vie de couple/famille.

«Le mari idéal se sent tout autant engagé que son ou sa partenaire de vie dans la gestion des tâches et l’organisation de la vie commune. Au lieu d’attendre passivement qu’une demande lui soit formulée, il pensera plutôt à penser. Il prendra des initiatives. Ainsi, le mari idéal sait combien il reste de lait dans la pinte, s’il faut acheter du papier Q, il voit la poussière s’accumuler sur les meubles, remarque que les cheveux de la progéniture (si progéniture il y a) commencent à être longs ou que les plantes ont besoin d’eau. Et non seulement il le sait, mais en plus il ira acheter ce qui commence à manquer, enlèvera la poussière, prendra le rendez-vous chez le coiffeur ou la coiffeuse et arrosera les plantes. Sans espérer une médaille, juste parce qu’il sait que ça fait aussi partie de son ordinaire que de faire ces choses.» (page 141)

Et Véronique Grenier inclue dans sa liste d’autres conseils tout aussi avisés comme de savoir gérer sa graine, d’être capable d’avoir de la sollicitude pour les menstruations mais aussi, de savoir prendre soin de son bien-être psychologique. Parce qu’une épouse, qu’on se le dise, ce n’est pas une psy!

J’ai aussi beaucoup aimé le texte de Rose-Aimée Automne T. Morin (autrice, chroniqueuse, ancienne rédactrice en chef d’Ubania) qui, «Dans un travail de funambule» conseille ardemment au futur mari de s’atteler illico pour devenir ami avec les copines de sa dulcinée. Et l’autrice l’avoue tout de go: le défi est grand et s’apparente carrément à un travail de funambule. «Il est donc là le paradoxe: pour rendre votre femme heureuse, vous devez conquérir ses amies, mais vous ne devez surtout pas donner l’impression d’avoir envie d’elles

Pour y parvenir, l’autrice recommande notamment d’éviter les compliments d’ordre physique, de mettre de l’avant la tendresse que vous éprouvez pour votre dulcinée. Mais surtout, de ne jamais négliger le fabuleux pouvoir d’une répartition égalitaire des tâches.

De son côté, Coco Béliveau (humoriste, comédienne et battle-rapper néo-brunswiquoise) partage avec les messieurs dans «Le mariage en dix étapes difficiles à digérer» quelques secrets pour s’assurer de devenir le meilleur mari qui soit. D’abord, se répéter encore et encore, un peu comme un mantra «ma femme est magnifique» Et cela «peu importe son nom, sa race, sa taille, son poids, la couleur de ses yeux ou l’odeur qui se dégage de ses pieds quand elle enlève ses souliers après une longue journée de travail.» (page 154). Mais aussi, sois lui fidèle. Car «puisque toutes les femmes sont brillantes, il peut être tentant d’aller se dorer la bedaine sous un autre astre que celui qui vous a jadis dit: «oui je le veux», mais sache que les chasseurs de rayons finissent toujours par attraper un coup de soleil (voire un cancer de la peau). La femme dans sa magnificence, se rend toujours compte que son mari la trompe.» (page 156). Mais par dessus tout, comprend bien une chose! Ça n’existe pas «ne pas être bon à faire la vaisselle»!

«Petite astuce: Si tu dis: «Je vais le faire», les femmes trouvent ça vraiment cool quand tu te lèves et que tu le fais toute suite. Tu montres ainsi que tu nous respectes et que tu respectes notre temps (quoique «après mon café» est une réponse tout aussi acceptable).» (page 165)

Bref! Ce serait un euphémisme que de dire que j’ai beaucoup aimé ce petit livre des plus légers et rigolos que j’aie lu depuis longtemps.

Et vous ? Vous l’avez lu? Sinon, quel conseil donneriez-vous à ces messieurs qui veulent s’assurer de devenir le meilleur mari qui soit ? Pour ma part, je serais tentée de dire que de savoir cuisiner, c’est franchement gagnant. Je n’ai qu’à repenser à l’Homme de la maison qui, il y a une vingtaine d’années maintenant, était arrivé au boulot ou nous nous sommes connus en tant que petit nouveau qui prenait des cours de cuisine…. Vous dire combien la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre parmi la horde de filles célibataires qui nous étions alors! Une nouvelle presque aussi excitante que si nous avions appris qu’il avait littéralement inventé la roue.

Un coup de circuit assuré que je vous dis !

«Ce qu’un jeune mari devrait savoir», une oeuvre collective, Marchand de feuilles, 2021

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