Comme des papillons évanescents qui disparaissent devant la lumière

 

Crédit: IStock

Le désavantage d’écrire moins souvent sur mon blogue, c’est sans doute de réaliser que ces idées qui me semblaient pourtant si claires au moment d’écrire mon dernier billet… se sont comme évaporées depuis.

Que cette suite à écrire, et dont le lien vous aurait semblé évident, m’apparaît aujourd’hui comme avoir été victime du temps qui fuit comme le sable qui coule entre les doigts…. 

Impossible à retenir.

Ainsi, n’eut été la folie des derniers jours dont j’ai peine à remonter le fil, et qui me donne aujourd’hui un peu le vertige, j’aurais pu vous raconter la sortie de ma mère de l’hôpital, suite à sa deuxième opération au cerveau pour son Parkinson. De la Neuro-Stimulation qu’ils appellent cela ! J’aurais pu également vous raconter qu’une fois ma mère sortie de chirurgie, j’avais naïvement imaginé pouvoir éviter les hôpitaux. Du moins pour quelques temps. 

Mais cela bien sur, c’était avant d’apprendre que mon neveu s’était pris trois coups de couteau et qu’il était entre la vie et la mort à l’hôpital.

N’ais-je pas déjà dit à outrance que la vie était bien loin d’avoir quoi que ce soit à voir avec les longs fleuves tranquilles ? Semblant parfois bien plus apparentée à du sport extrême. Du rafting en eaux fortes par exemple.

Enfin bref. 

Étrange tout de même de réaliser que parfois la vie, de façon inexplicable, nous place devant ces situations qui semblent avoir été copiées-collées sur le passé. Se faisant le reflet d’événements du passé que nous pensions bel et bien derrière nous….

Comme ce neveu, qui à vingt ans ne semble rêver de rien, n’espérer rien. Et qui pour le reste de sa vie, portera sur son corps les traces de l’agression dont il a été victime. Telle la carte routière de cette route qu’il aura empruntée, ne fut-ce qu’un court instant.

Un peu comme la trace indélébile de ces bêtises que l’on commet parfois dans nos jeunesses tourmentées.

Pour ma sœur, ce deuil qu’elle devra se résoudre à faire. Celui de ce que nous voudrions tous: que nos enfants soient parfaits. Cela bien sur avant de se résoudre à les accepter comme ils sont.

Des humains avec leurs propres failles… Et que par conséquent, nous ne pourront pas toujours empêcher de trébucher…

Et moi, qui ne peut m’empêcher de me poser mille questions devant cette impression de voir se répéter encore et encore les mêmes scénarios familiaux. Mon neveu aujourd’hui, mon père il y a plus de quarante ans, jouant l’un et l’autre, à des époques différentes, le même rôle.  Ne semblant ni l’un ni l’autre avoir su se raccrocher à quoi que ce soit qui leur eu semblé valoir la peine…

Et moi encore, avec ce même sentiment d’impuissance avec mon neveu aujourd’hui qu’avec mon père alors que j’avais quatre ans. Ne pouvant m’empêcher de me demander quel message la vie veut ainsi me transmettre.

Et puis, cette évidence que la famille de mon père, contre qui j’ai été tellement en colère pendant de si nombreuses années en raison du fait qu’ils n’étaient pas intervenus il y a des décennies…étaient probablement aussi impuissants devant les réactions de mon père…que je lui suis aujourd’hui face à celles de mon neveu….

Peut-être le temps est-il venu de leur pardonner.

À eux aussi.

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4 commentaires sur “Comme des papillons évanescents qui disparaissent devant la lumière

  1. Pardonner… dois-t-on pardonner? Se souvenir… souvent inévitable de classer de douloureux souvenirs dans une petite boîte de notre cerveau. Même sous clé, dans un coffre blaindé… les souvenirs douloureux peuvent reprendre surface… Accepter la fatalité, la réalité, le moment… de par notre impuissance.

    Les eaux troubles sont aussi source de renouveau, de mouvement, de vie… ne l’oublie pas!

    1. Merci pour tes bons mots Fleur d’âme ! Comme tu le dis si bien, les eaux fortes, c’est également source de mouvement ! Clairement même s’il arrive que ça nous étourdisse un peu 🙂 L’important, c’est peut-être de savoir en tirer quelque chose pour grandir !

      Une bonne journée à toi !

      Marie

  2. J’ai eu l’idée – ce matin – de venir faire un tour sur ton blogue, comme ça, tout simplement. Quelle belle surprise que ton retour !

    J’ai toujours aimé tes réflexions qui m’ont aidée certaines journées plus difficiles.

    Il ne faut pas désespérer en ce qui concerne ton neveu. Parfois, la lumière prend plus de temps pour briller dans le cerveau de certaines personnes. Il ne faut jamais désespérer. Les chemins de la vie offrent des épines, mais aussi de si jolies fleurs.

    Tellement contente de ton retour et surtout de lire que tu commences à réfléchir sur une possibilité de pardon. Le coeur est toujours plus léger et heureux lorsqu’on trouve la force – pas toujours facile – de pardonner.

    Bonne journée à toi,

    Marjo xx

    1. Bonjour Marjo ! Je suis contente de te retrouver ici ! En effet, je suis revenue plutôt timidement, incertaine si c’était pour de bon ou juste par exception. Et puis voilà que je me rends compte que j’ai encore beaucoup de choses à raconter, ayant fait de nouvelles découvertes alimentant mes projets d’écriture.

      Pour mon neveu, effectivement, je souhaite que cette « expérience » l’aura fait réfléchir. Il a été chanceux dans les circonstances puisqu’il n’aura pas de séquelles. Très chanceux ! Je souhaite de tout cœur que ça lui fera voir la vie sous un autre angle, plus positif !

      Une bonne journée à toi !

      Marie

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