Conciliation travail-famille: un «work in progress»

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J’ai parlé récemment du fait que j’avais débuté il y a quelques semaines un cours universitaire à distance (MOOC) traitant de la difficile conciliation travail-famille et des modèles existant ailleurs dans le monde.

Parce que comme le dit le proverbe, «quant on se compare, on se console»…

Et bien je suis tombée ce matin sur cet excellent article du Magazine Psychologie qui traite justement de la difficile conciliation au niveau des tâches ménagères (difficulté parmi d’autres, il va sans dire!)!

La lecture de cet article m’a amenée cette réflexion qu’on ne peut jamais imaginer ce que ce sera comme expérience de tout concilier parce que les difficultés n’arrivent pas du jour au lendemain mais de façon progressive. On se marie, tout va bien, on s’aime. On achète une maison en banlieue parce que la ville c’est hors de prix. On se dit alors que de faire 2-3 heures de transport par jour, ce ne sera pas si terrible. À la limite, tout ce temps passé dans le train de banlieue constituant une belle occasion de lire, écrire et même dormir parfois.

Puis ?

Arrivent les enfants. L’hiver et les tempêtes de neige. La surpopulation du train parce que tout le monde a eu la même idée de s’éloigner pour «gagner» en qualité de vie. Puis votre mère ou votre père (parfois les deux si vous êtes du genre «chanceux» à la loterie!) tombent malades. Ou deviennent tout simplement moins autonome. Entre temps, votre (ou vos) enfant(s) qui était tout petit devient un peu plus grand. Et avec cette réalité, celle des devoirs, des rencontres avec les professeurs et j’en passe !

L’employeur peut bien être compréhensif, les promotions vous sont exclues sous prétexte que vous ne faites pas de temps supplémentaire. Et que par conséquent, vous êtes – à leurs yeux – moins impliqués dans votre travail.

En ce qui me concerne, nous avons choisi de vendre notre maison et de changer de mode de vie pour revenir en ville (plus de bruit, moins d’espace, des locataires qui ne paient pas toujours leur loyer, donc, d’autres facteurs de stress!). Mais, les allers-retours pour le travail sont moins longs.

Alors à la difficile question de déterminer quelles seraient les principales conséquences des difficultés de conciliation travail et famille pour les hommes et pour les femmes, je répondrais tout simplement qu’à ce chapitre, rien n’est simple et qu’il n’y a pas de recette magique.

Ainsi, si pour certains, la solution réside dans le fait pour les femmes (parce que ce sont elles, majoritairement, qui en décident ainsi), de demeurer à la maison pendant que les enfants sont petits; ou encore, de travailler à temps partiel ou encore, à la maison, pour d’autres la seule solution réside dans le perfectionnement de cet art du bricolage qui nous permet de tricoter nos horaires afin de garder la tête hors de l’eau.

Est-ce que les employeurs devraient être plus conciliants ? Est-ce que les gouvernements devraient être plus enclins à mettre sur pied des programmes d’aide à la famille ? Je ne sais pas trop ! Personnellement, je crois foncièrement qu’une même recette pour tous est loin d’être souhaitable. Parce que dépendamment de notre vécu et / ou de nos valeurs, notre façon de vivre la famille peut être fort différente !

Pour ma part, je me suis questionnée récemment sur le bien fondé de courir ainsi tous les jours, avec ce sentiment parfois d’être comme une poule sans tête ou encore, un chien qui court après sa queue! J’en suis venue à la conclusion que même si j’avais eu le choix financier de demeurer à la maison pour élever mon fils, je serais tout de même retournée au travail. Et cela, même si le simple fait de l’avouer, à le pouvoir de m’attirer des roches à une époque ou les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à faire le choix de demeurer à la maison… Certaines passant une grande partie de leur temps à critiquer sur les médias sociaux celles qui selon elles, sont des mauvaises mères pour privilégier leur carrière !

Bien sur, nos choix de vie sont presque toujours en lien avec notre vécu n’est-ce pas ? Pour avoir moi-même vu ma mère «en arracher» à élever seule trois enfants, se mariant à trois reprises pour des raisons «alimentaires», je me suis promis très jeune que ma vie m’appartiendrait et que jamais je ne serait dépendante de qui que ce soit.

Même si pour cela, je dois parfaire mes aptitudes en «bricolage» !

Au bout du compte, peut-être que le simple fait d’aborder la question de ce qu’on appelle la difficile conciliation travail famille, tant dans un cours universitaire que partout dans les médias afin que le fait de demander des ajustements susceptibles de nous simplifier la vie devienne moins mal perçu par la société, les employeurs mais aussi, tout ceux qui n’ont pas d’enfant et qui pensent qu’on fait du caprice, ce serait déjà un gain inestimable !

Et vous ? Comment gérez-vous la question ?

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4 commentaires sur “Conciliation travail-famille: un «work in progress»

  1. Étrangement pour moi, la conciliation travail-famille n’est venu que lorsque mes enfants ont été à l’âge de l’adolescence…
    Je ne sais pas si j’étais moins fatiguée quand ils étaient petits ou bien si c’est que la vie s’est toujours bien arrangée et qu’avec leur père on y arrivait vraiment bien, mais toujours est-il que le clash est venu plus tard, lorsque l’on ne s’y attendait plus!
    Avec une fille qui nous a fait une crise d’adolescence digne des films trash, une grand-mère qui s’est mise à aller mal, une mère que je sentais fatiguée et au bord de la crise de nerf, je me suis mise à vouloir aider tout le monde et donner le meilleur de moi (pour donner l’exemple à ma fille je pense…)
    Je me suis mise à courir dans tous les sens et à n’être efficace nulle part!
    Je me suis trouvé bien chanceuse d’avoir un employer qui offre des assurances et des congés plutôt facilement.
    Bien chanceuse d’être syndiquée…
    Maintenant, même si je suis encore jeune, mes enfants sont assez vieux pour commencer leur vie d’adultes à côté de moi, mais sans trop bouleverser mes horaires…
    Et comme j’avais le temps de souffler…
    Eh bien je me suis partie une entreprise en plus de mon travail régulier…
    Ce qui me fait dire, un peu comme toi, que j’aime bien bricoler et que mon désir d’autonomie financière et d’être « maître » de ma vie est encore plus importante pour moi que le fait de pouvoir relaxer tous les soirs sous la couette!

    J’adore le sujet, comme tu peux le constater, il touche tout le monde, sans égard au sexe, à la religion et à l’échelle sociale (quoique… les 1% de la planète ont les moyens de se payer les nounous, femmes de ménage et autres aides offertes)

    Toujours un plaisir de te lire!

    1. Bonjour Julie ! La phrase que tu dis et qui résume tout à mon avis c’est lorsque tu écris « Je me suis mise à courir dans tous les sens et à n’être efficace nulle part! » Mon Dieu que j’ai ressenti ça souvent moi aussi ! Toute cette énergie pour si peu au bout du compte !

      La conciliation, c’est un sujet sans fin finalement ! Parce que tous nous sommes concernés à un moment ou à un autre de nos vies. Il aurait été inimaginable il y a dix ans seulement de voir un cours universitaire porter là dessus ! Alors c’est clair que je vais en parler encore 😉

      Marie

  2. Je me sens terriblement concernée par cet article !!
    Difficile conciliation de toutes nos vies… ça résume bien la situation je crois.
    En ce qui me concerne, je ne fais pas 3 heures de trajet par jour, habitant une petite ville, je suis à 10 mn de mon travail tout en habitant en rase campagne (ce qui ne m’empêche pas de pester dès le moindre « bouchon », râleurs que nous sommes, ça n’est pas qu’une réputation j’en ai peur !). Mais je travaillais encore il y a peu de temps à temps complet, avec 2 enfants, qui ont chacun leurs activités, et surtout, un mari qui a un commerce, et qui compte sur moi pour faire tout le travail administratif…
    J’ai obtenu il y a peu de temps un 80%, je suis comblée depuis, quel soulagement dans le quotidien !
    Mais effectivement ça n’est pas facile à obtenir (il faut déjà pouvoir se le permettre financièrement !), les employeurs ne voient qu’une chose : qu’on veut se consacrer à nos enfants !
    Mais pourtant ces patrons sont également pères bien souvent, ils sont bien peu enclins à favoriser une bonne ambiance au travail, ils en retireraient pourtant de la reconnaissance et une plus grande motivation de la part de leurs salariées !
    Enfin ça n’est que mon avis…
    Merci pour cet article en tout cas !

    1. Bonjour Estelle ! C’est tellement vrai que la moindre adaptation de notre travail peut faire une immense différence ! À une période avant que je ne revienne en ville, j’avais réussi à obtenir de travailler quatre jours/ semaines. C’était comme si j’avais remporté le million $ tellement la différence était grande dans mon quotidien. Parce que le vendredi, je pouvais faire les courses et toutes ces autres obligations de la maison qui en temps normal plombent mon weekend ! De sorte que j’avais moi aussi un weekend ! Malheureusement, pour le nouveau poste que je voulais plus que tout, j’ai du renoncer à cela mais au moins maintenant, je peux à l’occasion travailler de la maison. Ce qui est fort appréciable également. Comme quoi, je comprends tout à fait que votre nouvel aménagement du temps de travail fasse toute la différence pour vous ! On imagine à tort que de grandes modifications aux lois sont nécessaires alors que les petites choses comme celles-ci font une grande différence ! Mais il est vrai également que trop d’employeurs préfèrent encore fermer les yeux sur cette réalité malheureusement. Mais avec les plus jeunes qui entrent massivement sur le marché du travail et qui sont beaucoup plus exigeants que nous l’avons été, cela risque de changer je pense 😉

      Marie

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