Déracinement

Pexels

À ce point de mon histoire, vous vous demandez peut-être ce qui a amenée la famille de mon grand-père en Abitibi ?

La guerre bien sur !

En effet, la guerre de 14, et avec elle l’arrivée de la conscription rendra un peu inquiet mes arrière-arrière grand-parents, Alfred et Julie, pour l’avenir de leurs fils. En effet, trois des dix fils vivants sont alors en âge d’être enrôlés, Ernest, Joseph et Émile. C’est ainsi que devant l’insistance des recruteurs militaires qui désirent les enrôler, Alfred décide-t-il de faire un beau « cadeau » à ses trois fils (dont mon grand-père Joseph) en leur achetant chacun une terre en Abitibi. Disons que j’aurais bien envie de lui demander pourquoi il n’a pas eu la créativité de penser à un endroit plus chaud mais bon… Il semble qu’on fasse avec ce qu’on a ! Mais il ne fait aucun doute que c’est cette décision qui allait séparer physiquement cette grande famille en deux clans, ceux de l’Abitibi et ceux qui étaient demeurés en Mauricie.

Cependant, comme la guerre continue, les trois frères sont tout de même conscrits et en 1918, craignant d’être obligés d’y aller, ils décident de vendre leurs bêtes, vaches et veaux en Abitibi, et retournent à Ste-Thècle. Mais ce voyage, ils le feront en partie en train, et le reste à pieds, prenant soin d’éviter les recruteurs militaires en marchant à travers les bois et en longeant le chemin de fer.

Lorsqu’ils sont enfin de retour à Ste-Thècle, au printemps 1918, les frères n’ont d’autre choix que de se cacher au grenier de mes arrières-arrières grand-parents. C’est Julie qui allait alors leur porter à manger. Et comme les recruteurs se présentaient à l’occasion afin de vérifier qu’il n’y avait aucun jeune homme en âge d’aller à la guerre, il va de soi que personne ne voulut prendre de chance à cet égard ! Et vers la fin de 1918, le fils Alphee risquait de devenir le quatrième conscrit de la famille mais, comme la guerre prit fin, il n’eut toutefois pas besoin de se cacher lui aussi.

Tous apprirent la fin de la guerre par téléphone ou à la radio…Enfin toute cette période sombre était-elle derrière !

Suivez et aimez nous:
error0

Quelques suggestions de lecture supplémentaire :

Des fleurs, enfin !

N'avez-vous jamais eu cette impression ? Au moment ou on s'y attend le moins, se produisent parfois de ces événements qui vous donnent cette 'impression de tanguer. Comme sur un bateau malmené par les vagues... C'est un peu[...]

Tous des emmurés

Photo: PABvision.comJe vous disais hier combien «Le domaine des murmures» de Carole Martinez m'avait touchée...C'est peu dire !Car du coup, je n'ai pu m'empêcher d'y voir un lien avec mon arrière-arrière-grand-père Édouard qui si j'arrive[...]

Dans mon beau jardin

  Ces jours-ci, alors que mai nous inonde de soleil et que comme chaque année, l’arrivée du printemps amène avec lui un certain sentiment de légèreté, je ne peux m’empêcher d’avoir cette image d’un jardinier ayant[...]

Clin-d'oeil

Il y a, je pense, des indices qui parfois, vous donnent à croire que vous êtes irrémédiablement en train de traverser de l'autre côté, vos parents devenant comme vos enfants... Pour moi, c'est arrivé hier[...]

L'essentiel

Les enfants ont cet art, vraiment, de nous ramener à l'essentiel n'est-ce pas ? Samedi matin, alors que je réveille, un regard dans le miroir me renvoyant ce reflet de la fille aux prises avec une[...]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.