Déresponsabilisation globale

Je m’étais bien promis de ne plus aborder le sujet…. Tout semblant avoir été dit ! Plus que le nécessaire même, si on s’en tient aux débordements observés ces derniers jours sur les médias sociaux…. Twitter venant en tête de liste !

Et pourtant, je suis tellement perturbée par toute cette affaire du père qui tue ses deux enfants (je refuse de nommer son nom !) et qui sous prétexte qu’il a but du lave-glace mais surtout, qu’il était dépressif suite à la fin de son couple, est déclaré non responsable de ses actes…

Est-ce la multitude de procès dont les médias nous ont écrasé l’esprit ces dernières semaines qui est en cause ? Ou l’horreur dont ces mêmes procès se sont parés ? Je ne sais trop… Mais la vérité est que ce que je trouve le plus troublant dans toute cette affaire je pense, c’est d’avoir cette impression que de nos jours, plus personne n’est responsable de rien !

Lors du procès de Stéphanie Meunier par exemple, cette femme qui a reçue une peine de 25 ans de prison ferme pour avoir battu à mort le jeune garçon de son nouveau conjoint, un couple de voisins est venu dire que tous les jours, il y avait des cris dans cette maison. Que c’en était effroyable ! Lorsqu’on leur a demandé pourquoi ils n’étaient pas intervenus, imaginez la réponse ! « Vous savez mon bon monsieur, nous on ne se mêle pas des affaires des autres !»

Voyez ! Plus personne n’est responsable de quoi que ce soit ! Un père tue ses enfants ? C’est la faute de ce divorce qu’il n’acceptait pas ! De son ex-femme qui avait une nouvelle liaison. D’un instant de folie à la limite ! Pourquoi pas ?

Un enfant se fait battre à mort sous nos yeux ? On se bouche les yeux et les oreilles pour éviter de se sentir coupable de ne pas intervenir…

Des catastrophes naturelles touchent des populations entière, comme Haïti l’a été par exemple ? On remplit les bulletins de nouvelles de leur misère, chacun donnant de l’argent et puis hop ! Débrouillez vous ! Chacun se confortant de l’idée d’avoir fait sa part…

Je ne peux que voir dans tout cela le reflet d’une société ou chacun fait sa petite affaire sans se soucier des autres. Une société ou les parents ont droit de vie et de mort sur leurs enfants sans que personne n’intervienne… Et ou l’on peut trouver excusable qu’un homme tue ses enfants comme seul moyen de faire face à un divorce auquel il ne sait pas faire face. Une société ou la misère humaine, à part de remplir les bulletins de nouvelles, ça n’accable plus personne. On en parle autour de la machine à café et puis le lendemain, plus personne ne s’en souvient. Un peu comme si même nos vies étaient maintenant devenues jetables… Tel de vieux papiers journaux sur lesquels nous nous essuierions les pieds ou encore, qui iraient remplir les bacs de recyclage…

Je me sens comme une mésadaptée devant un monde auquel je refuse de m’identifier…

Pas rigolote la madame ce matin ? J’en conviens !

Mais ce n’est pas ma faute moi non plus ! Je n’ai rien de réjouissant sous les yeux !

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2 commentaires sur “Déresponsabilisation globale

  1. Moi aussi ça me désespère. La déresponsabilisation. C'est complètement écoeurant. J'essais de ne pas penser à « lui », au monstre, mais je n'y arrive pas. Je ne comprends pas qu'il puisse continuer de vivre avec lui-même. Pourquoi il ne se tue pas? Qqun à donner un très bon descriptif de cet homme et de sa façon d'agir. En disant qu'il n'acceptait juste pas que tout son monde s'écroule. Qu'il est égocentrique et n'a pensé qu'à lui dans tout ça, pas aux enfants. Je le crois.

    Et je le crois responsable aussi. S'il était assez lucide pour comprendre que ses enfants ne devaient pas le trouver mort le lendemain matin, il était assez lucide pour savoir que les tuer n'était pas une bonne chose non plus…

    Je suis tout à fait révoltée Marie. JE sais même pu quoi dire. Au moins je me dis qu'il devra vivre avec son « fardeau » et j'espère que le peuple aura la mémoire longue concernant ce monstre. Qu'ils n'oublieront pas son visage et son nom quand il se cherchera une job ou à acheter une maison…

  2. La seule chose positive dans toute cette histoire je pense c'est la réaction des gens. Bien sur, il y a ces personnes qui n'étant pas avocats, et n'ayant jamais été jury, se disent que ces jury ont fait de leur mieux avec la preuve qu'ils avaient en mains. Mais surtout, il y a cette majorité qui est complètement perturbée par autant de banalisation de la violence faite aux enfants. Personnellement, je trouve cela rassurant que ce verdict ne passe pas comme lettre à la poste et que cette majorité ait encore ce pouvoir de se scandaliser ! C'est rassurant à mon avis !

    À ce titre, j'ai bien aimé la chronique de Stéphane Laporte qui dans La Presse dit ceci «Les esprits rationnels ne devraient pas mépriser les gens qui, comme moi sont abasourdis par le dénouement de l’affaire Turcotte. Nous ne sommes pas d’émotifs vengeurs qui désirent lyncher l’homme qui a tué ses enfants. C’est beaucoup plus complexe que ça. Et ça va bien au-delà de cette cause. Mardi, c’est la vie qui a perdu, une fois de plus.»

    L'article complet est ici: http://blogues.cyberpresse.ca/laporte/2011/07/09/la-vie-ne-vaut-rien/

    Marie

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