Don’t kill the piano player…

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Avez-vous déjà été au théâtre ? Si c’est le cas, vous avez peut-être déjà vécu ce phénomène si particulier d’être assis au premier rang : vous avez presque l’impression de faire partie de l’intrigue tellement ça se passe près de vous; vous pourriez sans doute toucher une main ou attraper un bout de vêtement si vous allongiez le bras; ou recevoir peut-être même de la poussière au passage…

Mais, même si vous « voyez », « ressentez » et « vivez » ce qu’il y a sur scène, vous n’en demeurez pas moins un spectateur, invisible aux comédiens.

C’est un peu l’analogie que je serais tentée de faire en ce qui concerne mon histoire familiale. Car, si l’orientation de ma grand-mère a pu me paraître « sans importance », à moi, se peut-il que ce soit en fait parce que notre famille dans son ensemble constituait alors un puit sans fonds de drames et de non-dits et que par conséquent, cette « identité » de ma grand-mère ait pu être en fin de compte le dernier de mes soucis ?

Car il est bien évident que ce qui a pu me paraître à moi « anecdotique » n’en a pas moins eu des conséquences inimaginables sur toute la famille. Des répercussions qui résonnent sans doute encore aujourd’hui ! Mais au delà de cette constatation, nous, mon frère, ma sœur et moi, même si nous étions présents et témoins au moment des événements, c’est un peu comme si nous avions été invisibles aux protagonistes. Eux-même aveuglés par leurs drames intérieurs comme on peut imaginer que le sont sans doute les comédiens face aux divers éclairages de la scène. Ainsi, se peut-il que tous n’aient jamais eu la conscience la plus élémentaire que tout cela avait pu avoir de l’impact sur nous ? Ne dit ont pas aux enfants «ferme tes yeux et les mauvais rêves disparaîtront» ? Et quant je dis « tout cela », je parle entre bien autres choses du conflit ouvert entre ma mère et ma grand-mère; Je parle de la violence et de l’absence de mon père dont je ne saurais dire laquelle des deux fut la pire en fin de compte et qui eut notamment pour conséquence de nous emmener à aller vivre chez mon grand-père pendant un temps; je parle de l’incapacité de tous à parler de quoi que ce soit, chacun semblant s’imaginer qu’en faisant comme si de rien n’était, il n’y aurait justement rien à dire..

C’est particulier en fin de compte de regarder les événements à la lumière du temps qui nous en sépare. Une peu comme une vieille photo jaunie devant laquelle nous aurions l’impression que certains éléments continueraient perpétuellement de nous échapper…

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