Du vent

Photo: IStock

Mon Dieu qu’aujourd’hui, la pression elle est partout!

Je sais, j’ai l’impression de radoter un peu lorsque je dis cela, surtout, que je le dis souvent ! Mais comment faire autrement lorsqu’on tombe sur une nouvelle comme celle-ci en lisant son journal, le samedi matin ou même un autre jour !


C’est que la journaliste y parle de cette nouvelle campagne de publicité du site Moiaussijallaite.com visant la promotion de l’allaitement maternel (tout ce qu’il y a de plus naturel bien sur!) mais dans laquelle, on veut nous faire croire que l’allaitement, c’est glamour ! 


Et que par conséquent, ça se fait en talon haut et robe du soir! Cette image à des années lumières des yeux cernés, des nuits sans sommeil et de la feuille de chou sur les seins qui font mal…

Au delà d’avoir le sentiment d’être face à du n’importe quoi, l’article m’a ramenée à cette conversation téléphonique que j’ai eu, pas plus tard qu’hier soir, avec ma cousine Kat qui habite à plusieurs heures de route d’ici. Et qui a accouché de la plus belle petite fille du monde il y a tout juste trois mois. 

Et qui est en train de devenir folle à force de vouloir allaiter, au point d’être complètement épuisée avec un bébé qui pleure douze heures par jour parce que visiblement…le lait maternel ne lui convient pas !


Si vous saviez le nombre de commentaires qu’elle a pu recevoir sur Facebook de bonnes âmes pleines de bonnes intentions, qui toutes, pensent détenir la connaissance infuse en ce domaine ! Je n’ai personnellement jamais vu une conversation sur Facebook générer autant de commentaires ! Et oui elle a essayé le peau à peau! Et oui elle a essayé ceci et cela! Et oui surtout, son mari et elle sont complètement épuisés au point de se partager la nuit en deux, de façon a avoir chacun au moins quelques heures de repos! Cela, malgré toute l’aide du monde apportée par leurs parents à tous les deux qui tous, ne rêvaient que de ce nouveau membre de la famille qu’en tant que grands-parents, ils pourraient cajoler à leur goût !


Cela m’a rappelé la naissance de mon fils, il y a six ans déjà ! Et que moi aussi j’avais voulu allaiter, sans y parvenir. Pendant une semaine, une armée d’infirmières avaient défilé dans ma chambre, à tour de rôle, chacune ne pouvant croire que ça ne fonctionne pas. Mes seins avaient beau avoir des airs de Kaboul après les bombes, mon visage des cernes à n’en plus finir, aucun moyen d’y échapper ! 

Jusqu’à ce que je décide que mon fils et moi, nous pourrions survivre sans mon lait. Et que comme par hasard, à ce moment précis et en plein milieu de la nuit suivante, une infirmière vienne me demander…. si j’aimerais retourner à la maison ! Parce qu’une mère qui n’allaite pas, bien sur c’est moins bien vu dans un hôpital qui se veut l’ami des bébés, prônant l’allaitement jusqu’à l’obsession…


Alors ? La question qui tue ! Peut-on foutre la paix aux mères et cesser de faire comme si elles étaient les dernières à savoir quoi faire de leur bébé ?


C’est justement ce que j’ai dit à ma cousine hier soir ! Fais toi confiance. Tu n’es pas une folle. Tu n’es pas isolée sans aide extérieure. Et avec ta formation universitaire en psychologie, tu es loin d’être sans jugement ! Aussi, je n’ai aucun doute que face à n’importe quel questionnement qu’elle pourra avoir à un moment ou à un autre, elle va demander de l’aide à des professionnels, médecins et autres, qui l’a rassureront.


C’est peut-être le seul conseil qu’en tant que mère, j’aurais aimé recevoir !


Pour le reste, c’est du vent !

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8 commentaires sur “Du vent

  1. Don't get me started!

    Pour moi aussi l'allaitement a été une expérience traumatisante… j'étais une nouvelle maman de quelques heures seulement, terrorisée et sans référence autre qu'une bande d'infirmières surexitées qui me poussaient à faire une chose qui de toute évidence, ne convenait ni à moi ni à mon bébé. Au deuxième bébé, j'étais beaucoup plus sûre de moi et très ferme dans mon intention d'utiliser le lait maternisé… on a quand même trouvé le moyen de me recommender fortement de me faire discrète !!

    La tyrannie de l'allaitement ! Moi aussi, cette image de la jolie starlette qui affirme à toute les futures mamans qu'allaiter, c'est glamour ! m'a profondément choquée.

    Tant mieux pour les femmes qui allaitent dans le bonheur et qui ont l'impression d'être une reine de la fertilité en robe du soir ! Mais pour beaucoup de maman, l'allaitement est un geste difficile… alors, pourquoi y rajouter la honte et la déception de ne pas être capable de le faire facilement et en beauté comme la voluptueuse blonde du magazine?

    Encore un standard irréaliste que les femmes se sentent obligées de rencontrer sous peine de ne pas être ''comme il faut''.

    Mon conseil à toutes les nouvelles mères qui se forcent à allaiter même s'il s'agit d'une expérience frustrante et douloureuse autant physiquement que psychologiquement : Ce dont un bébé a besoin, bien plus que les anticorps et nutriments contenus dans le lait maternel, c'est une maman calme, heureuse et bien dans sa peau.

    1. Je suis d'avis que l'allaitement peut être une expérience merveilleuse ! Mais pourquoi se culpabiliser quant ça ne fonctionne pas ! Il me semble que la valeur d'une mère, ça va bien au delà de savoir si elle a allaité on pas, non ? Et comme toi, je pense qu'un enfant, ce qu'il a d'abord besoin, c'est de créer un lien avec sa mère, un mère pas trop stressée de préférence !

      Marie

  2. e te trouve bien courageuse de rapporter notre conversation d'hier soir sur ton blogue, tu pourrais recevoir des poursuites de la « mafia de l'allaitement » ;). Sérieusement, je considère l'allaitement comme étant le meilleur qu'on puisse donner à notre bébé. Je crois aux bienfaits que l'allaitement peut procurer à l'enfant, à la mère et à la relation mère-enfant. Ce qui me dérange, c'est le manque de nuance qui semble de plus en plus présent dans le discours des « pro-allaitement ».

    Oui, l'allaitement procure des anticorps au bébé, permet à la mère de se protéger contre différentes maladies, renforce le lien mère-enfant, etc. Certaines vont jusqu'à dire que les bébés allaités seront plus intelligents. Or, un chercheur a démontré que les études qui indiquaient que les bébés allaités étaient plus intelligents ne considéraient pas les autres variables qui avaient pu influencer ce résultat, tel que le statut socio-économique de la famille. En controlant ces facteurs, l'allaitement ne semblait plus jouer un rôle si important dans le QI des enfants… Voilà une nuance qui, selon moi, mérite d'être nommée. Une autre nuance concerne la relation mère-enfant. J'ai eu la « chance » d'accoucher dans un hôpital qui se dit « ami de bébés ». Durant les cinq jours durant lesquels j'ai été hospitalisée, j'ai dormi moins de 10 heures… Sans compter la nuit de l'accouchement où je n'ai pas fermé l'oeil. Tout ce qui importait pour le personnel de l'hôpital était que j'allaite toutes les deux heures, que je tire mon lait pour favoriser ma lactation, que je reste peau-à-peau avec mon bébé et ce, pour favoriser notre lien. Résultat: une maman épuisée à la sortie de l'hôpital, à la limite du post-partum. Les infirmières n'avaient pas pu garder mon bébé quelques heures au poste et lui donner du lait maternisé pendant ce temps pour que je me repose, cela leur était interdit depuis que l'hôpital détenait l'étiquette « ami des bébés ». Mais est-ce que le lien mère-enfant peut être maximiser quand la maman est complètement épuisée? Pourrait-on plutôt traiter les cas de façon personnalisée, selon le déroulement de l'accouchement, l'épuisement des parents, le déroulement de l'allaitement, etc.? Bref, pourrait-on apporter des nuances?

    De retour à la maison, je me suis battu pendant un mois pour allaiter. Ma fille buvait à chaque heure le soir et pleurait sans arrêt. J'étais de plus en plus épuisée. Finalement, nous avons appris qu'elle souffre peut-être d'une intolérance aux protéines bovines. Un choix s'est alors offert à moi: éliminer les protéines bovines de mon régime alimentaire ou cesser l'allaitement. J'ai tenté pendant quelques jours d'éliminer les protéines de mon alimentation. J'ai vite réalisé que PLUSIEURS aliments en contiennent. Je sentais beaucoup de pression; il faut allaiter pour être une bonne mère non?? Lorsque j'ai réalisé que chaque moment que je passais avec mon bébé était de me battre avec elle pour l'allaiter (car ensuite je la mettais dans les bras de mon mari ou de ma mère pour aller me reposer…), j'ai réalisé que dans mon cas, l'allaitement ne contribuait pas du tout à développer un lien avec mon bébé, au contraire… Et elle souffrait chaque fois qu'elle buvait. Depuis que j'ai arrêté d'allaiter, j'ai l'impression de passer beaucoup plus de moments de qualité avec elle et de remonter enfin la pente…

  3. suite…

    Mais je me sens toujours un peu coupable. Car selon les pro-allaitements, il y a toujours des solutions. Il est IMPOSSIBLE qu'un allaitement ne fonctionne pas (?).

    Les pro-allaitements luttent pour que l'allaitement soit autorisée partout, cause que je considère tout à fait louable. Par contre, j'estime qu'il est aujourd'hui plus tabou de donner le biberon en public que d'allaiter en public. Pour avoir expériementé les deux, je peux dire que je suis beaucoup plus mal à l'aise de donner le biberon en public que de donner le sein… À ce sujet, Rima Elkouri a écrit un très beau texte dans La Presse ce matin.

    J'ai lu sur un blogue qu'il n'était pas question de déculpabiliser les mères qui n'allaitent pas et qu'elles DOIVENT se sentir coupables de ne pas donner le sein à leur enfant. J'ai envie de pleurer quand je lis de telles absurdités…

    J'ai lu également des commentaires de filles qui critiquaient un texte qui soulevait que l'allaitement pouvait être contraignant pour une femme. Ces filles mentionnaient que les enfants n'étaient pas des plantes vertes et qu'allaiter ne devait pas être, dans ce cas, contrignant. Est-ce qu'il est possible de soutenir l'allaitement et de croire qu'il s'agit du meilleur pour notre bébé sans reconnaitre, du moins un peu, qu'il peut être contraignant pour une maman d'allaiter!? Prenons l'exemple de la grossesse. Pour moi, la grossesse a été une belle période dans ma vie. Par contre, je peux affirmer que j'ai eu à faire face à des contraintes durant ma grossesse. Terminé le vin lors d'un bon souper, terminé le fromage au lait cru, terminé le saumon fumé, terminés les sushis. Donc oui, j'ai eu à faire face à des contraites, mais j'étais prête à faire tout ce qu'il fallait pour la santé de mon bébé. Je crois qu'il s'agit de la même chose pour l'allaitement: il apporte des contraintes à la mère (p. ex.: faire attention à ce qu'on boit et ce qu'on mange, rester auprès de son bébé pour l'allaiter à la demande, etc.). Reconnaitre ces contraintes ne signifie pas du tout que nous considérons notre bébé comme une plante verte… Et certaines mères peuvent décider que ces contraintes ne leur conviennent pas et qu'elles préfèrent donner le biberon, ce qui ne signifie également pas qu'elles sont de mauvaises mères…

    Donc, mon (long) commentaire visait à déplorer le manque de nuance trop souvent présent dans le disours des pro-allaitement, souvent au détriment du gros bon sens… La santé physique et psychologique d'un enfant ne dépend pas seulement de son mode d'alimentation lorsqu'il était bébé. Il y a plusieurs autres causes très nobles à défendre, il faut cesser de mettre autant d'emphase sur l'allaitement selon moi.

    Et je tiens à préciser que je pensais de cette façon avant même de devenir maman et « d'échouer » mon allaitement. Je ne suis pas seulement une maman frustrée d'avoir « échoué » ;).

    Kat

    1. Ne t'en fais pas, je serai prudente lorsque je sortirai de chez-moi 🙂 Blague à part, je trouve dommage, tout comme toi, le peu de nuance dans les discours et l'excès dans lequel ça tombe parfois. Je trouve qu'il y a tellement de raisons d'être malheureux dans une vie qu'il est sans doute inutile d'en rajouter! Et puis comme toi, je pense que ce qui devrait primer, c'est le lien qu'une mère doit créer avec son enfant à la naissance parce qu'ils le sentent lorsque leur mère est malheureuse, dépassée et épuisée. Alors ne lâche pas ma chère ! Tu es une magnifique maman !

      Marie xx

  4. Merci!

    Je m'emporte un peu quand il est question de ce sujet! Je suis vraiment pour l'allaitement, mais j'ai toujours détesté l'extrémisme, peu importe sa nature! Et malheureusement, trop de pro-allaitement sont extremistes et la pression est de plus en plus grande…

  5. Tout à fait d'accord, le seul conseil : se faire confiance à soi et à son bébé.
    Quand on est une jeune maman il peut arriver qu'on se sente perdue, et avec la montée de lait, la chute des hormones, les seins qui saignent, le bébé qui pleure, le manque de sommeil, il arrive souvent qu'on ait le moral dans les chaussettes. Et on culpabilise car c'est le moment le plus beau de notre vie et on se sent mal, on pense qu'on est une mauvaise mère. Alors quand en plus chacun y va de son petit commentaire culpabilisant, ça ne fait qu'aggraver les choses.
    L'allaitement est une option, il n'a rien d'obligatoire. J'ai allaité mais je pense que bébé sera plus heureux de recevoir le biberon d'une maman épanouie et détendue que de téter le sein d'une maman épuisée et culpabilisée à l'idée de mal faire.
    Alors bib or not bib, ce n'est pas la question. Simplifions nous la vie, allons seulement vers ce qui est le mieux pour nous et le bébé sans écouter les donneurs de conseils non demandés.
    Bises Marie
    PS : j'ai changé l'url de mon blog je te mets le nouveau
    http://toutlessence.blogspot.fr/

    1. Bonjour Guen ! Comme toi, je suis convaincue que l'essentiel pour un enfant c'est que sa mère soit là pour lui, qu'un lien soit créé entre les deux et qu'il se sente en sécurité. Pour le reste, c'est du bonus.

      Je prends bonne note de ton nouveau lien et je le mettrai à jour dans ma liste de blogues 😉

      Bonne journée à toi !

      Marie

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