Et les pièces du casse-tête se mettent en place..

Comme dans toutes histoires familiales – et la mienne ne fait pas exception à la règle – il est plus aisé de parler de ses ancêtres éloignés avec détachement puisque leur aura est alors baigné, pour une large part, de légende.

Les anecdotes entendues à leur sujet font d’eux, plus souvent qu’autrement, des personnages dignes d’un roman en raison du fait, probablement, qu’on les a parfois connu un peu mais le plus souvent, pas du tout.

Il en va tout autrement lorsqu’on arrive à parler de ses grand-parents et de ses parents qui eux, ont un visage dans notre esprit…Mais en même temps, je pense qu’il est frappant de constater qu’en parallèle de celui de notre famille, c’est le portrait de l’évolution de la société elle-même qui s’en trouve brossé du même coup…

Ainsi, ma grand-mère Jeanne et son frère Ernest eurent-ils la chance malgré tout, en étant élevé par leur grand-mère et le deuxième mari de celle-ci, d’avoir accès à une certaine éducation. En effet, Joseph-Pierre, bien qu’il ne sut pas lui-même écrire, avait promis qu’il ferait instruire les petits-enfants de son épouse. Ce qu’il fit ! Néanmoins, les deux enfants n’apprirent-ils la vérité au sujet de leurs origine qu’à l’adolescence; Jeanne avait alors 14 ans et Ernest, environ 16 ans. Dès lors, tous deux réagissent-ils différemment à la nouvelle.

Ernest s’enrôle dans l’armée ou il deviendra parachutiste pour la Royal Air Force ce qui l’amènera, du côté des anglais, à combattre en Angleterre au cours de la deuxième guerre. Il en reviendra pour s’installer plus tard à Toronto. Sur une vieille photo jaunie, on peut le voir à son retour d’Angleterre alors que sa vraie mère, Lucienne, était allée le chercher à l’aéroport, bras dessus, bras dessous, le visage souriant… Ernest se mariera deux fois, une première fois avec une femme dont il n’aura pas d’enfant, puis avec une seconde épouse qui lui donnera deux filles.

Jeanne quant à elle suit un tout autre parcours. Lorsqu’elle apprend la vérité au sujet de ses parents, elle se révolte au point ou ses parents adoptifs l’envoient chez les sœurs. Selon certaines versions, elle y restera jusqu’à 22 ans alors que dans d’autres versions, elle serait allée dès 18 ans rejoindre son père en Alberta (alors que la majorité était alors fixée à 21 ans) ou elle aurait enseigné pendant quatre ans. Mystère encore une fois lorsqu’il est question de démêler le vrai du faux de tout cela !

Quoi qu’il en soit, elle finira bien par revenir puisque qu’en mai 1949, elle épouse en Abitibi mon grand-père, Elphège…Jeanne est alors âgée de tout juste 22 ans.

Je pense néanmoins que ce qui s’est passé jusqu’à ce moment de l’histoire – même avec plein de trous en ce qui concerne la chronologie des événements – est en partie la clé de se qui se produira ensuite…

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