Fragments de réalité

Photo: PABvision.com

Je sais ! Il n’aura sans doute échappé à personne que je parle peu de mon livre ces temps ci… Aussi, vous serez-vous même fait la réflexion que je me dérobe peut-être. Ou qu’à la limite, je ne vous dis pas tout…

Mais la vérité est tellement plus complexe ! Car alors que mes recherches sur mon histoire familiale m’ont appris bien des choses que je n’avais pas su ou encore, sur lesquelles je n’avais vraisemblablement pas porté attention au moment ou elles se sont produites, ces derniers mois ont été plutôt tranquilles de ce côté. Me donnant sans doute l’illusion d’avoir peut-être fait le tour du « sujet ». D’être venue à bout de ce « nid de crabe » familial infesté de secrets qui tel des poupées russes, n’en finit plus de se révéler….

Mais, je réalise maintenant que de fouiner dans son histoire familiale, ça doit sans doute avoir quelques ressemblances avec le fait de marcher sur des sables mouvants…. Alors que c’est au moment ou nous sommes convaincus d’avoir enfin prise sur du solide…qu’on s’enfonce.

Deux « révélations », échappées au cours de conversations avec ma mère, m’ont ainsi amenée à penser que cette idée de l’histoire familiale que j’avais pu construire au fil des mois pouvait finalement n’être qu’un fragment de la réalité. Et qu’un seul « détail » avait le pouvoir d’en redéfinir du tout au tout les contours…

Mais que je vous explique.

Je vous ai déjà raconté que mon arrière-arrière-grand-mère maternelle, Adeline, s’était retrouvée dès 1928 à élever ses petits enfants (ma grand-mère Jeanne qui avait alors environ deux ans et son frère Ernest qui quant à lui devait être âgé de tout au plus quatre ans) suite à la séparation de son fils Dollard et de son épouse Lucienne. Mon arrière-grand-mère Lucienne ayant décidé de tout laisser derrière elle, mari et enfants, pour venir refaire sa vie à Montréal.

Veuve fin 1918 de son premier mariage avec celui qui fut mon arrière-arrière grand-père, Édouard, Adeline s’était remariée l’été suivant avec Joseph-Pierre, veuf également. C’est donc avec ce dernier qu’elle prit en charge Jeanne et son frère Ernest, les considérant comme ses propres enfants (elle en avait eu six avec Édouard !) Une vérité qui lorsque ma grand-mère Jeanne la découvrit à l’adolescence, allait la perturber profondément, alors que celle qu’elle prenait pour sa mère était en fait… sa grand-mère !

Enfin, j’y reviendrai.

Car là ou je veux en venir c’est que la « légende » familiale telle que je la connaissais jusque là voulait qu’Édouard, après avoir été mobilisé pour la première guerre mondiale, soit revenu pour mourir de la grippe espagnole quelques mois plus tard. Mais des documents de généalogies retrouvés sur Internet la semaine dernière par ma mère pourraient remettre en questions cette version…

Sur ce registre de décès d’Édouard, on peut en effet constater qu’il serait mort à le 24 octobre 1918, à l’Hôpital St-Michel-Archange de Québec. Qui était alors…un hôpital psychiatrique.

Bien sur, j’ai été estomaquée par cette découverte dans laquelle j’ai néanmoins vu deux possibilités. Soit que la mortalité causée par le grippe espagnole était tellement impressionnante que les hôpitaux étant littéralement débordés, les autorités durent mettre à contribution tout hôpital digne de ce nom.

Ou encore, cette possibilité plutôt effrayante qu’Édouard qui souffrait d’Épilepsie (considérée comme de la folie à l’époque !) ait été envoyé dans cet hôpital psychiatrique (ce qui n’exclurait pas forcément qu’il soit mort de la grippe espagnole !) Ou de façon tragique, « l’histoire familiale » l’aurait « oublié »…

Et qui expliquerait qu’Adeline lorsqu’elle s’est remariée quelques mois plus tard ait quitté Saint-Raymond-de-Portneuf ou elle habitait, pour s’installer à La Tuque avec son deuxième mari…. Comme pour mieux fuir cette réalité qui selon les normes de l’époque aurait pu être vue comme honteuse…

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3 commentaires sur “Fragments de réalité

  1. Ton livre n'est pas encore écrit que déjà – je suis prise par ton histoire familiale – qui est plus que passionnante par le peu lu ce matin sur ton blogue.

    C'est vraiment intéressant de se pencher sur l'Histoire de nos ancêtres – ne dit-on pas ''qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va ?''

    Vivement la suite…!

    Marie-Jo

  2. Je suis tout à fait d'accord qu'il est passionnant de se pencher sur son histoire familiale ! Parce que ça nous en apprend sur nous même bien sur ! Mais aussi pour tout ce que ça nous dit sur la société dans laquelle ces personnes ont vécu, sur les préjugés et les convenances qui d'une époque à l'autre génèrent des injustices incroyables…et sur tout ce qui ne change pas tellement finalement ! Au bout du compte, c'est le regard que nous portons sur notre famille qui change… Et c'est un lien qui se crée entre ces personnes que je n'ai pas toutes connues et moi avec qui j'arrive maintenant à me trouver des points communs autre que le sang…. C'est bon ! Mais j'avoue que parfois, de découverte en découverte, je suis un peu dans le cirage pour analyser tout cela ! Un peu comme dans une intrigue policière dont je serais l'héroïne 🙂 Merci de me lire 😉

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