Frida Kahlo, Rauda Jamis

« Ma peinture porte en elle le message de la douleur, chaque touche de pinceau est une trace de souffrance »  (Frida Kahlo)

En ces jours de confinement, je pense qu’il n’y aura jamais meilleur moment pour se plonger dans la lecture n’est-ce pas? Ne serait-ce que pour découvrir qu’il existe des milliers d’autres sujets que ce satané virus auxquels s’intéresser!

C’est ainsi que j’ai pu me plonger ces derniers temps dans cette biographie de Frida Kalho de l’auteure latino-américaine Rauda Jamis. Un livre qui attendait bien sagement sur ma table de chevet depuis l’été dernier, au moment où j’avais alors découvert qu’une exposition consacrée à Frida Kahlo et Diego Rivera allait se tenir ce printemps à Québec. Et, fort heureusement pour moi, mon habituelle impatience m’aura dans ce cas servis puisque je suis allée visiter cette exposition dès son ouverture, début mars. Car avec le Coronavirus qui s’est imposé partout depuis, ce Musée comme tous les autres lieux culturels a dû fermer ses portes lui aussi. Inutile de dire, donc, à quel point je me considère chanceuse d’avoir pu voir de mes yeux certaines des œuvres de cette femme fascinante.

N’empêche! L’occasion était parfaite pour découvrir plus à fond la vie de cette peintre hors du commun et qui aura vraisemblablement connu mille fois plus de succès après sa mort qu’au cours de son existence.

Car si Frida est devenue littéralement une icône de la culture populaire, la vérité c’est qu’elle a vécu une existence particulièrement courte et tragique, traversée de souffrances physiques presque constantes tout au long de sa vie.

À dix-huit ans, alors qu’elle étudie la médecine, un accident de tramway change littéralement le cours de sa vie en la clouant sur le coup à son lit pendant deux ans. Une période pendant laquelle, pour contrer l’ennui, elle se met à peindre des autoportraits à l’aide d’un miroir que ses parents ont fait installer au-dessus de son lit.

Au cours de cet accident, de nombreux passagers trouvent la mort alors que Frida elle en sort grièvement blessée. Son abdomen et sa cavité pelvienne sont transpercés par une barre de métal de sorte qu’elle devra porter au cours de sa vie de nombreux corsets tous plus souffrants les uns que les autres et dont le but était de soutenir sa colonne vertébrale gravement atteinte.

À la fin des années quarante, Frida subit au cours de la même année rien de moins que sept opérations à la colonne vertébrales. Des chirurgies qui n’aideront que très peu son état. En août 1953, on doit par ailleurs lui amputer une jambe de sorte qu’elle finira sa vie en chaise roulante. Elle meurt d’une pneumonie un an plus tard, en juillet 1954 à tout juste 47 ans.

En lisant cette biographie, je n’ai pu m’empêcher de me dire que c’était quand même assez remarquable que Frida Kahlo ait pu peindre avec une telle force créatrice dans les circonstances. Rien de moins que 143 tableaux, la plupart peints alors qu’elle était alitée et en très grande souffrance physique.

Une histoire des plus bouleversantes dont la lecture me donne encore plus envie de me rendre à Chicago cet été pour une autre exposition qui doit être elle-aussi consacrée à la peintre au Cleve Carney Museum of Art. Mais, qu’on se le dise, dans l’état actuel des choses, j’avoue que je commence à me faire à l’idée que je vais devoir en faire mon deuil…

« De cette agonie sans fin qu’a été ma vie, je dirais : j’ai été comme un oiseau qui aurait voulu voler et qui ne pouvait pas.’ (Frida Kahlo)

« Frida Kahlo », Rauda Jamis, Éditions Babel

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