Granny’s Finest: Tricoter la solidarité une maille après l’autre

Crédit: IStock

Ne me demandez pas pourquoi mais je suis toujours fascinée lorsque je tombe sur ce genre d’article qui démontre le pouvoir de la solidarité et de l’entraide ! Un peu comme une façon de faire contre-poids aux mauvaises nouvelles qui inondent au quotidien les journaux, bulletins de nouvelles et autres infos…

Car je ne sais pas s’il s’agit d’une illusion d’optique de ma part mais toujours est-il que j’ai sérieusement l’impression ces jours-ci que quelque soit le moment ou j’ouvre la télé pour écouter les infos, ou encore, que j’ouvre mon journal, c’est pour y trouver le détail d’un meurtre, d’une tuerie, d’une catastrophe (humaine et/ou naturelle). Un peu comme si l’adage voulant que le bonheur ne soit pas vendeur doive être confirmé encore et encore…

Inutile de dire donc que lorsque je me trouve devant ce genre d’article à contre-courant ou l’on parvient à trouver de la beauté dans le monde, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de le partager !

Voilà que deux jeunes entrepreneurs de Rotterdam aux Pays-Bas ont eu cette idée plutôt géniale d’ouvrir une boutique de vêtements et accessoires de laines tricotés…par des mamies esseulée. Une entreprise dont le but, loin d’être de générer des bénéfices astronomiques, soit plutôt de nouer des liens entre les générations. Et de donner un sentiment d’utilité à ces personnes âgées qui autrement, pourraient avoir l’impression de ne s’occuper qu’en attendant de mourir…

«Une vieille dame tricotait. Pour personne. Niek van Hengel a fait sa connaissance alors qu’il rendait visite à son grand-père dans sa maison de retraite. Il l’avait déjà repérée plusieurs fois. Assise sur son fauteuil dans le hall, elle transformait comme par magie des pelotes de laine en jolis tricots. Un jour, il lui a adressé la parole. Qu’êtes-vous en train de tricoter ? Et pour qui ? La femme n’a pas su lui répondre. Elle n’avait pratiquement pas de famille ou d’amis, elle ne faisait rien de spécial. Elle aimait tricoter, voilà tout.» (C0urrier International)

C’est ainsi qu’en faisant un plus un, est venue à Niek Van Hengel cette idée d’ouvrir une boutique ou l’on mettrait en commun le talent de jeunes stylistes avec celui de «mamies ambitieuses aimant le tricot Appelée Granny’s Finest, l’initiative permet ainsi à des mamies (au-delà du simple but mercantile de ses créateurs), de ressentir de la fierté et de se retrouver les unes les autres dans un projet social favorisant une certaine cohésion.

Et, plus encore que de favoriser les liens entre personnes âgées, l’initiative vise également à encourager les liens avec les plus jeunes, de même qu’avec les clients. Chaque vêtement, par exemple, étant accompagné d’une petite carte avec un texte écrit par la personne l’ayant tricoté… Et les acheteurs étant par la suite invités à prendre une photo d’eux portant le vêtement et à l’envoyer par l’entremise du site internet de l’entreprise à la tricoteuse qui elle, la reçoit sous forme de carte postale… Ces dames appréciant tellement ces photos qu’elles en décorent parfois le manteau de leur cheminée comme s’il s’agissait de trophées.

Quant au lien ainsi favorisé entre les tricoteuses et les jeunes stylistes, l’entrepreneur précise:

«C’est fantastique de voir ce que peuvent s’apprendre réciproquement nos stylistes et les mamies, dit M. Pulles. Les tricoteuses ont appris aux stylistes tous les points de crochet et de tricot en vogue dans les années 1950. Les couturiers ont appris aux mamies à tricoter en fonction de patrons pour confectionner les vêtements que portent les jeunes d’aujourd’hui.» (Courrier International)

À ce jour, l’initiative doit uniquement son existence aux diverses subventions des municipalités de Rotterdam et de Schiedam, à certains fonds de soutien ainsi qu’à un prix décerné par l’Aardig Onderweg Award. Les banques quant à elles ayant jugé la production insuffisantes.

N’empêche ! Granny’s Finest espère prendre éventuellement de l’ampleur en s’étendant à d’autres municipalités des environs.

À mon avis, une magnifique façon de favoriser la transmission entre générations!

Inspirant !

Source: Courrier International.

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2 commentaires sur “Granny’s Finest: Tricoter la solidarité une maille après l’autre

  1. A force d’entendre parler des Pays Bas de manière aussi dithyrambique dans tous les domaines, j’ai bien envie d’y habiter un jour !:)
    Les médias deviennent complètement « tarés », ils ne suivent même plus l’évolution de la société qui elle développe l’empathie à travers la myriade d’associations et d’actes de solidarité. Ils ne se rendent même plus compte que la messe du 20h n’est allumée qu’en attente de se poiler avec nos chers voisins en pleines « scènes de ménage » 🙂
    En ce moment, je travaille à faire fabriquer des poupées « frimousse » pour l’Unicef, ce sont des mamies bénévoles qui sont venues au centre pour apprendre aux jeunes leur confection. Le lien intergénérationnel est notre force de cohésion, il devrait être notre grande cause nationale 2013 ! 🙂
    Bonne soirée, bises 🙂

    1. Bonjour Avalon ! Comme toi, je pense que nous devrions valoriser de plus en plus ce lien entre générations. Nous voyons trop de personnes âgées abandonnées à elles-mêmes dans des centres « vendues » comme des paradis dans les publicités mais qui en sont très loin dans la réalité… Même si nous vieillissons tous, je pense que nous avons-aurons tous toujours besoin de se sentir utiles et valorisés. C’est bien ton projet de poupées pour l’Unicef. Les enfants ont besoin aussi d’apprendre à penser aux autres et de sentir qu’ils peuvent faire une différence dans ce monde qui sera aussi le leur 😉

      Bonne journée à toi !

      Marie

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