Histoires sans fin

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Le samedi matin, je ne sais pas pour vous, mais à moi, il me semble chaque fois que j’ai la vie devant moi, un monde de possibilités infinies. Cela, jusqu’à ce que je revienne à la réalité, le dimanche matin, me redécouvrant soudainement soumises aux heures qui fuient. Et à leur irréductible fuite vers l’avant.

Ce weekend, devant l’annonce d’un torrent de pluie visiblement déterminé à déverser sa vie sur ma ville, j’ai décidé de consacrer du temps à cette fameuse pile de livres qui n’en finit plus de s’allonger sur ma table de chevet… Un peu comme une interminable file d’attente dont on en vient à ne plus voir le bout.

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Hier, en fouinant sur internet, je suis tombée sur un vieil article de L’Obervateur dans lequel on se demandait s’il était possible de juger un livre en ne lisant qu’une seule de ses  pages. Un peu comme un coup d’oeil destiné à évaluer d’un coup vers quels auteurs consacrer notre énergie de lecteur. Ceci avec bien sur, les possibilités de se tromper qui en découlent. Et pire, d’échapper ainsi des perles au passage.

Si d’office l’idée peut sembler un peu loufoque, n’empêche que depuis quelques années, il y a sans doute peu de personnes qui n’ont pas entendu parler du principe de la fameuse page 99. L’idée ayant été popularisée autour de 2010 par un site Britannique qui proposait alors de ne juger les livres que sur cette seule et unique page 99.

L’idée derrière tout cela ?

Le fait qu’à la lecture d’un livre, quelque part autour de la centième page, le lecteur soit en mesure d’obtenir certains indices sur les qualités du-dit livre. Ceci alors qu’on sait très bien qu’une majorité d’éditeurs, débordés devant la marée de livres qu’ils se voient proposer chaque année par au moins autant d’auteurs, abandonnent bien avant cela. Mais également, et j’en ai fait l’expérience plus d’une fois, le lecteur qui parfois, malgré un début de livre pourtant prometteur, abandonne bien avant d’être rendu à cette centième page… L’ennui, la déception, parfois un peu des deux, ayant fait leur oeuvre…

Bref ! Même si l’idée peut sembler apparaître comme étant l’équivalent d’un sacrilège pour n’importe quel amoureux de livres (et qui plus est, pour ceux qui les écrivent!), n’en demeure pas moins qu’en notre ère du 140 caractères, du visionnement de séries télé en « binge Watching » et du « tout-toujours-plus-rapidement », l’idée ne me semble pas à moi si détonante de cette époque sous stéroïdes dans laquelle nous vivons aujourd’hui…

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Ce weekend, devant l’annonce d’un torrent de pluie visiblement déterminé à déverser sa vie sur ma ville, j’ai décidé de consacrer du temps à cette fameuse pile de livres qui n’en finit plus de grandir sur ma table de chevet…

Aussi, ce que j’ai envie de vous proposer ce matin, histoire de susciter la curiosité (la mienne tout autant que la vôtre!) sur d’éventuels futurs livres à lire (ou pas!) ?

Prendre ce livre que vous êtes en train de lire, y trouver la quatrième phrase de la page 57. Et venir la citer ici en commentaires.

Pour moi ce matin ?

« Et l’histoire ne s’arrête pas là mais s’embrouille en se mélangeant avec une autre, celle d’un foetus qui serait en train de germer dans le ventre de la démente et qui devrait son existence, pour moitié, à un jeune auteur célèbre, foetus monstrueux car forcément imaginaire, vu l’âge avancé de la dame aux instincts maternels brisés et jusqu’ici, sans causer trop de dégâts, détournés sur les lamentables poupées. » (- Nancy Huston, Sensations fortes, page 57)

Ouf ! Et moi qu’on accuse de faire des phrases d’une longueur démentielle ! J’ai soudainement de l’espoir !

Et vous ? Qu’y a-t-il à la quatrième phrase de la page 57 de ce que vous lisez en ce moment ?

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