Là ou les mots manquent

Mon grand-père est sans aucun doute l’image masculine la plus positive que je conserve à l’esprit ! En effet, lorsque je pense à lui, je ne peux m’empêcher de lui vouer une certaine admiration pour l’homme qu’il a été et qu’il est toujours.

Lui et ma grand-mère, aussi loin que je me souvienne, ont toujours vécu séparément mais sans jamais divorcer. Ainsi, il a été à côté d’elle jusqu’à la mort de celle-ci, la veillant au chevet de son lit d’hôpital jusqu’à la fin, il y a quelque cinq ans déjà.

Bien qu’ils aient vécu chacun de leur côté pendant des années, je me souviens que lorsque j’étais toute jeune, ma grand-mère allait tous les dimanches faire le souper pour toute la famille qui se rassemblait alors dans la maison « grand-paternelle » pour le souper dominical. Une petite maison qui dans mon souvenir, restera toujours celle qui trônait fièrement sur le haut de la côte, dans ce rang qui serpentait comme un ruban dans la campagne, au milieu des champs et de tous ces arbres que mon grand-père a passé sa vie à planter. Car « l’homme qui plantait des arbres », c’était bien lui !

Bourru, sans doute qu’il l’était mais à mes yeux, j’ai toujours préféré voir en lui l’homme qui était finalement si particulier ! Je me souviens par exemple qu’il disait qu’il n’y aurait pas une femme qui entrerait chez-lui avec autre chose que sa sacoche… et qu’elle était bien mieux de ne pas l’oublier… Ou encore, qui, en remplissant un bidon d’essence nous disait, le plus sérieusement du monde, « il ne faudrait pas qu’il y ait une flamme qui touche à ça, ça ferait un méchant dégât » alors qu’il avait la cigarette au coin des lèvres…

Me vient également à l’esprit le souvenir de la façon si particulière qu’il avait eu d’entamer la nouvelle année il y a environ une dizaine d’années, alors qu’il avait décidé de ne pas répondre au téléphone le 1er janvier… afin de voir combien de temps ça prendrait à ses enfants pour s’inquiéter !!! Ou qui un été, avait décidé de monter sur le toit pour y faire des travaux et qui, sous l’effet d’une faiblesse, s’était brûlé les fesses en raison de la chaleur des bardeaux sur lesquels il avait du s’asseoir ! Un personnage, vraiment s’en était un !

Bien que je ne sache pas tout à fait ce qui a pu les réunir, ma grand-mère et lui, il ne fait aucun doute à mon esprit qu’ils représentent néanmoins le couple le plus improbable qui soit ! Mais la réalité est tout de même qu’ils eurent ensemble six enfants, dont ma mère, l’aînée. Et je dois avouer que cette partie de mon histoire est beaucoup plus difficile à aborder, car pleine d’incertitudes, rendant quasi impossible quelque volonté que ce soit de brosser un tableau de la réalité, quelle que fut celle-ci.

Ainsi, j’imagine, je ne puis que rapporter la légende, pleine de mystère, d’interprétation (et de fabulation sans doute ?) qui s’est rendue jusqu’à moi, faisant de mon histoire, et ce même pour moi, une chose aux contours imprécis.

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