La vie au temps du coronavirus…Flottement

Jour 60

Ces temps-ci, malgré mon désir d’écrire, je peine à le faire. Non pas par manque de motivation, ni même par manque d’énergie.

Encore moins par manque de temps, inutile de le dire!

Mais plutôt, je dirais, parce que j’ai le sentiment de faire de mon mieux pour faire en sorte que ma santé mentale puisse garder le cap. Envers et surtout malgré ce déluge d’informations de tous genres dont on nous gave constamment et jusqu’à plus soif. Des informations la plupart du temps – qu’on se le dise – sans le moindre recul. Et qu’au pire, on aura juste à démentir le lendemain.

Car comme le veut l’adage, parlez-en en bien, parlez-en en mal mais parlez-en!

Parce que dans une semaine, de toute façon, qui s’en souviendra, n’est-ce pas ?

Et donc, dans le contexte et devant surtout ce déluge de commentaires et d’avis la plupart du temps de qualité plutôt inégale, sinon douteuse, il m’arrive de me dire que de moi-même en rajouter, c’est probablement seulement… Comment dirais-je?

Pas tant nécessaire?

Bref! J’accumule les thématiques au sujet desquelles je pourrais/voudrais écrire. Puis en les voyant s’accumuler, je me vois prise d’un pesant «bof» qui sonne un peu comme un cul-de-sac.

Parce qu’il y a ça aussi je pense.

Le fait qu’avec cette pandémie et en deux mois, c’est carrément toutes nos évidences qui ont déviés de leurs trajectoires. De sorte que je – mais vous aussi probablement – nous nous retrouvons à ressentir soudainement certaines de nos anciennes priorités comme un peu désuètes, sinon définitivement décalées.

Un exemple? Toute cette pile de livres que j’accumule de façon compulsive sur certaines thématiques surreprésentées dans ma bibliothèque. Des thématiques liées au féminisme par exemple. Et qui en cette période de pandémie et de confinement mondial semblent tellement hors sujet.

Parce que quand certains perdent leurs emplois, qu’ils se voient obligés d’aller dans des banques alimentaires, ou que des jeunes sont tristes devant l’annonce des écoles fermées jusqu’à l’automne, on a d’autres chats à fouetter j’imagine que de se questionner sur l’égalité des genres. Même si bien sûr, l’un impacte bien souvent l’autre.

Et comme au Monopoly, on retourne au point de départ. Sans passer par Go.

Parce que, je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, de façon un peu paradoxale sans doute, je n’ai jamais eu autant le sentiment de ployer sous le poids de ma charge mentale que depuis que je travaille de la maison.

Et oui! Fou comme ça!

Aussi, j’ai beau ne plus avoir à gaspiller un temps fou dans les transports en commun, je me retrouve d’une façon qui peut sembler inexplicable avec ce sentiment d’avoir la charge mentale frôlant les limites autorisées au-delà desquelles même Wonderwoman émettrait sans doute quelques réserves….

Parce qu’en plus de faire face aux demandes professionnelles, je découvre que ce cher Ministre de l’Éducation a décidé d’un coup que la charge de l’école à la maison des adolescents était maintenant sous la coupe des parents. Mais on ne se racontera pas d’histoires vous et moi n’est-ce pas ? On le sait bien qu’en entendant le mot «parents», c’est le mot «mères» qui résonne….

Et me voilà, moi cette mère parmi tant d’autres, qui me retrouve avec la double tache de mon horaire professionnel Et de tout gérer chez-nous. En plus de l’éducation de mon fils avec qui beaucoup d’insistance et de renforcement positif sont nécessaires pour tenter de maintenir un tant faire se puisse sa motivation à faire autre chose que ses jeux Minecraft. Alors je l’avoue, lorsque je vois mon ado qui à l’image d’un poisson rouge passe ses journées à manger, dormir et tourner en rond dans son bocal, il m’arrive de me dire que la lumière au bout du tunnel, ça ressemble de plus en plus à une légende urbaine.

Même pas en rêve ma grande!

Et encore! Si j’ai la chance que chez-nous nous soyons deux adultes pour un adolescent, je n’ose même pas imaginer ce que la situation actuelle représente pour vous, les mères monoparentales sur qui repose tout le poids du monde de cette crise. Une crise dans laquelle, on ne se le cachera pas, les questions financières, professionnelles, parentales et éducatives se mélangent soudainement dans un cocktail au potentiel explosif… Et je ne parle même pas du couple. Parce que ce serait se mettre la tête dans le sable que d’imaginer que lui n’écope pas…

Alors, en attendant de trouver mes repères, j’ai le sentiment de flotter dans le néant.

Je ne sais pas encore à quel point notre monde se trouvera modifié par cette crise. Mais l’évidence c’est que déjà, rien n’est plus évident. Et que ce qui me semble séparer le hier connu et le demain incertain, c’est un peu je pense comme la coupure nette et précise d’un scalpel…

Seul le temps nous dira la profondeur que la cicatrice laissera.

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