L’amour pour toujours, et si on se trompe, Ciao Babe !

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Hier, je suis tombée sur un article un peu troublant. Tellement que je me suis empressée de le partager sur la page Facebook des Chroniques d’une cinglée.

Et à voir le nombre de réactions qu’il a suscité, je suis forcée de constater aujourd’hui que je suis bien loin d’être la seule qui s’en soit trouvée un peu perturbée…

Ainsi, dans cet article trouvé sur le site internet du journal Suisse Le Temps,  on parle du fait que de nos jours, l’amour, le vrai, celui  ultra-parfait des comédies romantiques dont l’idée, j’en ai l’impression, nous a probablement un peu tous et toutes été transfusée par intraveineuse à notre naissance, ne nous ferait tout banalement plus rêver. Et que dans les faits, contrairement à l’idée reçue, l’amour ne nous rendrait plus aveugle. Le contrat de rupture étant un peu comme d’office intrinsèque au premier baiser… Celui qui dans les comédies romantiques rime rien de moins qu’avec le début d’une vie parfaite, celle-ci faite d’échanges et de moments partagés avec cette moitié avec laquelle l’héroïne se voit enfin réunifiée.

Que pour le meilleur, bien sur !

Selon cet article donc, nous serions ainsi entrés de plein fouet dans une époque que l’on pourrait qualifier comme étant celle de l’amour réaliste. Celui, un peu désillusionné d’une nouvelle génération habituée de consommer de tout et de rien. Même l’amour.

Si vous n’avez pas lu cet article, je vous invite à le faire ! Mais je vous préviens d’office ! C’est super déprimant !

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Le weekend dernier, profitant d’un moment de solitude presque miraculeux alors que l’Homme de la maison et fiston étaient tous deux partis je ne sais plus ou, je me suis assise. Et, profitant de cette période de liberté bénie, j’ai décidé de terminer de visionner un film que j’avais mis sur mon enregistreur – pouvez-vous croire! – pendant les fêtes de fin d’année (oui! oui! Il y a presque six mois!). Un film que j’avais pourtant commencé de regarder pendant le congé des fêtes. Mais, la vie étant ce qu’elle est, que je n’avais pas eu le temps de terminer !

Le film en question ? « Suite Française« , un film franco-britannico-belge écrit et réalisé par le réalisateur Saul Dibb et sorti sur les écrans en 2015. L’intérêt de l’histoire se trouvant à mon avis ici à deux niveaux. D’une part dans le fait que l’histoire du roman raconte une histoire d’amour impossible entre une française avec un allemand pendant l’occupation allemande du début des années 40. Mais également, dans l’histoire du roman lui-même, celui-ci ayant été écrit par l’auteure juive d’origine ukrainienne Irène Némirovsky alors que celle-ci était détenue dans un camp de concentration après avoir été déportée. Elle y mourut avant d’avoir pu terminer son livre.

Alors que Nemirovsky avait planifié écrire cinq livres pour compléter son histoire, elle n’eut le temps de n’en écrire que deux, miraculeusement préservés dans des cahiers qui furent transmis d’une façon un peu incroyables aux deux filles de l’auteure Denise Epstein et Elisabeth Gille Epstein. C’est Denise qui, en 1998, après la mort de sa soeur, se mettra enfin à la tache de lire les écrits laissés par sa mère. Puis de les publier, à titre posthume, en 2004.

Pour connaître la petite histoire qui se cache ici derrière la grande, il suffit de cliquer vers ce lien parmi bien d’autres. Vous verrez ! Comme quoi, parfois, la réalité dépasse grandement la fiction !

Bref! Tout cela pour en venir au fait que lorsque j’ai terminé le visionnement de ce film qui  se termine un peu tragiquement par la mort de l’un des deux personnages, je me suis fait cette réflexion que ce genre d’amour unique mais complet sans être nécessairement parfait, décidément,  on n’en voyait plus de nous jours….

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Et puis ce matin, voilà que je tombe sur cet autre article, celui-ci de Slate qui parle quant à lui des comédies romantiques, un genre un peu indémodable s’il en est un, et  qui se définit d’office par son happy-end final. Genre de passage obligé des personnages qui à la toute fin, dans un moment de révélation ultime, trouvent enfin leur moitié.

Un genre surtout, la comédie romantique, qui se clôt invariablement sur un baiser.

En lisant cet article, j’ai réalisé une chose qui m’avait probablement un peu échappée jusqu’ici. C’est que, comme on le dit dans ce dernier article, dans une volonté que je soupçonne assumée, on nous a probablement tous leurrés pendant des décennies.

Comment ?

En nous amenant à croire que cet amour parfait puisse exister dans le réel sous une simple faute d’omission. Soit celle de nous présenter des histoires qui se terminent toujours trop tôt, au moment du baiser fatidique. Celui-ci étant présenté comme la finalité à laquelle nous devrions tous aspirer. Alors que dans le réel, ce baiser ne constitue dans les faits que le tout début d’une longue aventure qu’on ne nous a, paradoxalement, jamais appris à appréhender.

Au final, on se retrouve avec ce quotidien vorace qui se met de la partie avec les enfants qui crient et qui pleurent, avec les nuits sans sommeil ou nous en offrant trop peu, avec les repas à planifier qui finissent par prendre des airs de jour de la marmotte… Toutes ces joyeusetés de la vie de couple finissant trop souvent par en désillusionner plusieurs…

Et, je le réalise maintenant, la fin, comme dans un scénario, peut donner l’impression d’avoir été déjà écrite.

Et nous, on se retrouve avec cette cette désagréable impression d’avoir été floués !

- « Hey Monsieur le scénariste !  Je n’ai pas signé pour cela moi ! »

Mais cette vérité, très clairement, ça ne ferait jamais courir les foules au cinéma j’imagine!

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