L’année du oui de Shonda Rhimes

Décidément, le mot audace m’interpelle particulièrement depuis le début de cette nouvelle année!

Tellement que j’ai parfois le sentiment d’être littéralement aspirée par n’importe quel livre, article ou publication qui traite du sujet.

Dans mes derniers billets, je parlais de l’audace qu’il nous faut pour aller vers les autres. Pour se faire de nouveaux amis. Pour sortir de sa zone de confort. Parce que ça on le sait ! L’humain est un être d’habitudes. Un peu, je dirais, comme ces vieux souliers que l’on s’acharne à porter. Usés à la corde, déglingués, mais néanmoins confortables parce qu’on y est habitués. Alors que les nouveaux souliers, on en est très conscients, nous obligeront pendant un temps à avoir soudainement conscience de nos pieds… Douloureux pendant un temps… Avant qu’on s’y habitue.

Parce que la réalité, elle est sans doute là ! Dans ce fait qu’on finit par s’habituer à tout. Même aux nouvelles habitudes que l’on tente d’intégrer à sa vie.

Bref ! Ce long préambule pour en venir à vous parler de ce livre avec lequel j’ai voulu débuter mon année: «L’Année du oui» de la scénariste américaine Shonda Rhimes.

D’abord, il faut savoir que Shonda Rhimes (pour ceux qui l’ignorent), c’est « Grey’s Anatomy », « Private Practice », « Scandal », parmi bien d’autres séries américaines dont la dame est justement la créatrice. C’est donc dire, des milliers et des milliers de pages qu’elle doit écrire sans arrêt pour que, ce qu’elle appelle ce « train fou qui fonce droit sur elle » (la production, les comédiens, les décors, etc) puisse rouler sur les « rails » (ou textes) qu’elle pose ainsi pour lui.

Donc d’office, la fille qui travaille justement dans le milieu de la télé (moi!) s’est sentie en terrain connu. Parce que, d’une façon qui tient probablement un peu du hasard, je fais en quelques sortes moi aussi figure de train qui la poursuit (bien loin derrière, inutile de le préciser), alors que je suis justement celle qui ici au Québec, doit classer en fonction de leur contenu (Général, 8+, etc) les épisodes de « Grey’s Anatomy » que la chaîne pour laquelle je travaille, diffuse.

Ceci n’étant qu’une parenthèse, j’ai toujours imaginé, comme vous sans doute, que les « grands de ce monde » (et j’entends ici toute personne connue de façon internationale) étaient remplis de confiance en eux, entourés de dizaines et de dizaines d’amis. Et qu’ils avaient été comme gratifiés à la naissance de ce petit plus qui fait qu’on se démarque.

Ou pas.

Mais, très clairement, je dois avouer que j’ai justement craqué pour ce livre de Shonda Rhimes pour cette façon bien à elle de se montrer authentique et vraie, un peu comme si elle avait décidé de faire de ses lecteurs des amis. Avec ce sentiment que j’ai moi-même eu par moments de me retrouver dans un souper de filles. De ceux dans lesquels on aborde les difficultés de concilier famille et vie professionnelle, confiance en soi, capacité de parler devant les autres malgré une timidité avérée, de problèmes de poids, etc..

D’ailleurs, comme dans un vrai souper de filles, l’auteure nous aborde en racontant d’office que pendant ses années d’université, elle rêvait du jour ou l’étudiante sans le sous qu’elle était alors pourrait s’acheter une bouteille de vin et un steak sans se préoccuper du prix. Ces années pendant lesquelles, étudiante en cinéma et souvent sans argent, elle devait parfois se résoudre à choisir entre une bouteille de vin…et l’achat de papier de toilette.

Et que contre toutes attentes, le papier de toilette ne gagnait pas toujours. Parce que parfois, une femme a sérieusement besoin d’un verre de vin ! Là dessus, on s’entend !

Mais ici bien sur, nous sommes dans l’anecdote. Parce que le gros du livre, il est plutôt concentré sur cette année du oui du titre. Un défi qu’elle s’est donnée ce jour de 2013 au cours duquel sa sœur lui a comme reproché, à Thanks Giving, de toujours dire non à tout. Non aux opportunités. Non aux occasions de briller en société. Non à tout ce qui n’est pas d’écrire ses textes et de s’occuper de ses enfants. Ce que personne au monde n’irait reprocher à une mère célibataire de trois enfants, n’est-ce pas? Car en ce qui me concerne, je me suis rapidement demandée comment Dieu du ciel elle pouvait juste espérer y arriver !

Bref!

Si d’office, on peut se demander comment dans une vie il est possible de dire oui à tout, on comprend rapidement à la lecture du livre qu’il s’agit, en cours de route, de mieux choisir ses priorités de façon à se dire oui à soi.

C’est donc à travers un récit très personnel que Shonda Rhimes nous raconte ce défi qu’elle s’est donné à elle-même. Lui même enchâssé dans la multitude de ces autres défis que constituent le fait d’être une femme, noire de surcroît, dans un monde d’hommes (le monde de la télé), aux États-Unis… Qui plus est, quant on est mère célibataire de trois enfants. Et qu’on a envie de se réaliser dans un métier aussi prenant que celui de scénariste. Un métier dans lequel, il faut bien le préciser, l’auteure a une influence directe sur le travail de milliers d’autres artisans (comédiens, réalisateurs, etc). S’ajoutant bien sur à tout cela le stress des fameuses cotes d’écoutes qui elles, déterminent au final le fait qu’une série soit renouvelée. Ou pas.

Alors, les gros changements qu’elle a effectué dans la vie, c’est ici qu’on y vient !

Au fil de cette année du oui, c’est donc aux autres, à elle-même, à son corps (elle était en surpoids jusque là, comme elle l’avoue elle-même) qu’elle commence à dire oui.

Mais également?

À une nounou pour l’aider auprès des enfants. Et cela, malgré le jugement qu’ elle aussi, comme toute mère en a vécu les effets un jour (soit parce qu’elle allaitait, parce qu’elle n’allaitait pas, parce qu’elle travaillait, ou qu’elle avait choisi de demeurer à la maison…), a ressenti face à ce choix de se faire aider auprès de sa famille. Et cela, sans se sentir coupable.

Pour ma part, j’ai été particulièrement touchée par ce chapitre dans lequel elle tente de nous convaincre de l’importance d’accepter sa maternité et cela, quelle que soit la manière dont on décide en tant que femme de la vivre. Et cela surtout, sans culpabiliser. Mettant ainsi fin à cette guerre entre mamans qui fait que certaines ont l’impression de ne pas y arriver alors que d’autres veulent nous faire croire qu’elles, elles l’ont forcément compris l’affaire en choisissant de demeurer à la maison…

Parce qu’au final, que l’on travaille ou que l’on demeure à la maison auprès de nos enfants, toutes, nous sommes toujours des mères. Une façon n’étant pas mieux que l’autre, les deux méritant le respect. Rien de moins qu’une forme d’ode à la solidarité féminine.

Ensuite ? Oui encore au temps pour soi. Oui aux compliments (N’est-ce pas qu’on a de la difficulté à les accepter ceux-là!).

Finalement, une multitude de « oui » qu’on se dit à soi au fil du temps. Et qui nous amènent inévitablement à dire non dans certaines circonstances.

En fin de compte, j’ai vraiment beaucoup beaucoup (j’ai du au moins le dire dix fois dans ce billet, n’est-ce pas?) aimé ce livre. Tellement que déjà, j’ai le sentiment que d’une certaine façon, il a un peu contribué à cette remise en question que j’ai l’impression de faire depuis quelques mois. Dans ma façon d’aller aux autres. D’oser un peu plus.

Et d’être, d’une certaine façon, un peu plus douce et indulgente face à moi-même !

Et vous ? Vous l’avez lu ? Sinon, je vous le recommande chaudement ! Un immense coup de coeur de ce début d’année!

Et vous ? Vous avez envie de dire oui à quoi cette année?

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