Le paradoxe du choix ou les relations humaines à l’heure de l’abondance

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Sommes-nous vraiment plus heureux, globalement, aujourd’hui ? Dans nos sociétés dans lesquelles de nos jours tout est accessible et permis?

Un monde dans lequel par conséquent, cette abondance de choix semble parfois – un peu paradoxalement – devoir s’accompagner d’une certaine «obligation d’être heureux».

Et gare à ceux qui n’y parviennent pas, n’est-ce pas !

Car c’est clairement leur faute s’ils ne sont pas heureux !

Honnêtement, je me pose la question!

Aussi, je suis tombée ce matin sur un article fascinant publié par Slate qui met en perspective cette réflexion sur laquelle je me suis longtemps questionnée.

Dans cet article, on aborde cette grande question sous le prisme des relations amoureuses. Et du célibat qui aujourd’hui, semble être devenu littéralement un parcours du combattant lorsqu’il est question de trouver le partenaire «idéal». Ce dernier, tenant compte de toutes les méthodes qui sont désormais à notre portée pour le trouver, devant A-B-S-O-L-U-M-E-N-T nous correspondre le plus parfaitement possible n’est-ce pas?

Et je l’avoue ! Si j’ai moi-même été longtemps célibataire dans la vingtaine, découragée devant le peu de sérieux avec lequel beaucoup s’imaginaient convaincre les autres de leur envie de s’impliquer dans une vie amoureuse soutenue (au point d’organiser moi-même des activités pour célibataires!), je serais aujourd’hui bien en peine de me retrouver seule. Et de devoir notamment affronter toutes ces applications et autres méthodes de géolocalisation, par exemple, qui promettent rien de moins que de trouver la perle rare au coin de la rue !

Car j’ai parfois ce sentiment que de plus en plus, nous nous retrouvons devant une certaine marchandisation des relations humaines. Et tant pis pour «l’humain»lui-même à certains égards! Car si vous ne le trouvez pas ce partenaire idéal, j’ai le bonheur de vous annoncer qu’on vous propose désormais des robots !

Et je ne blague même pas !

Comme quoi, il n’y a pas de quoi rire !

Misère!

*****

J’écoutais récemment à la télé ce qui s’apparente à une téléréalité, version française d’une production américaine intitulée «Married at first sight» dans laquelle des psychologues entreprennent de faire passer un interminable test à quantité de célibataires. Ceci dans le but de tenter de créer des couples qui, en fonction des réponses données aux plus de 500 questions qui leurs ont été posées préalablement, soient le plus parfaitement compatibles. La chose partant du principe que s’ils partagent les mêmes valeurs, le même type de parcours, les mêmes envies, ces couples seront forcément compatibles.

Conséquence? Les duos ainsi formés acceptent se rencontrer pour la première fois…le jour de leur mariage ! Et oui, vous avez bien lu !

Littéralement un coup de dés je dirais pour ces hommes et ses femmes qui remettent ainsi le choix de leur partenaires entre les mains de psychologues, sous prétexte de science.

Si, je l’avoue, je suis littéralement «scotchée» devant ce que les producteurs qualifient d’expérience sociale, je suis surtout fascinée de constater à quel point ces personnes semblent convaincues, au fil des épisodes, que s’ils épousent une personne qui soit presque leur portrait, il seront forcément plus heureux. Alors que moi, j’aurais plutôt tendance à penser le contraire! Soit que ce sont peut-être justement les personnes qui nous ressemblent le moins qui peuvent nous apporter ce que je qualifierais de certain équilibre…

Pour l’heure, je n’ai pas de réponse à la question bien sur !

N’empêche ! Car pour revenir à la question du choix, puisque c’est de ça dont je voulais parler ici, je partage avec vous cette vidéo présentée par la plateforme TED et que j’ai trouvée vraiment très intéressante. Une présentation dans laquelle le professeur américain Barry Schwartz expose ce qu’il qualifie de paradoxe du choix.  Et, ce faisant, sa «théorie de la confiture» dans laquelle il explique, de façon imagée, que si vous vous retrouvez en magasin devant 24 choix de confiture, il y a de très fortes chances, paradoxalement, que vous ressortiez sans en avoir choisi aucune. L’abondance de choix semblant avoir pour conséquence de paralyser votre capacité de prendre une décision. Alors que si vous vous retrouvez devant seulement cinq ou six choix, vous aurez plutôt tendance à passer plus de temps pour évaluer chacun de ceux-ci. À les examiner. Pour finalement choisir celui qui vous fait le plus envie.

La théorie du professeur Schwartz m’a semblé tout à fait apparentée à celle que j’avais moi-même développée à l’époque et que j’avais appelé ma «théorie du gâteau au chocolat»

Le principe que j’avais élaboré à l’époque ? Soit que ceux qui s’imaginaient pouvoir se gaver du crémage pour ensuite se désintéresser du gâteau lui-même pouvaient bien aller se faire voir 😉

Je me demande si je n’aurais pas du écrire un livre là dessus ! Qui sait ? Je serais peut-être millionnaire aujourd’hui !

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