L’écriture inclusive: le sujet explosif de l’heure

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L’écriture inclusive, ça vous dit quelque chose ?

Sinon, clairement vous manquez quelque chose! Parce que définitivement, ça semble être le sujet de l’heure, celui-ci au cœur d’une immense polémique ayant cour actuellement sur internet et sur les médias sociaux.

D’ailleurs, sur Twitter notamment, le sujet semble bien loin de vouloir s’éteindre! À preuve le hashtag #ecritureinclusive qui frôle drôlement la surchauffe depuis des semaines !

Mais au fait, vous demandez-vous. Qu’est-ce que ça mange en hiver et d’où ça vient cette fameuse écriture inclusive ?

En bref, la« chose» a été initiée, quelque part en 2015, d’abord par certaines associations féministes dans le but de lutter contre les stéréotypes associés aux genres (féminin/masculin) dans l’écriture.

En quoi ça consiste exactement? Et bien dans ce fait d’inclure le féminin, entrecoupé de points servant à ajouter les terminaisons d’accord. Celles-ci visant à faire en sorte que tous se sentent inclus.

Par exemple ? «Très fier.ère.s d’avoir publié le premier manuel d’écriture inclusive». Ou encore ? «Agriculteur.trice.s», «Écrivain.e.s»

««L’idée de l’écriture inclusive est de redonner de la place au féminin, de s’affranchir du masculin générique, neutre, qui est englobant», explique Raphaël Haddad, fondateur de l’agence de communication Mots-Clés, auteur d’un manuel d’écriture inclusive et docteur en communication à l’université Paris-Est Créteil. En France, la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin n’était pas la norme jusqu’au milieu du XIXsiècle. La professeure émérite de littérature française Eliane Viennot souligne fréquemment que, jusqu’au XVIIe siècle, la règle de la proximité primait. Cela signifie que l’accord se fait avec le mot le plus proche, ce qui explique pourquoi Racine écrivait «Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle» dans sa tragédie Athalie en 1691. «La langue n’est pas juste une construction de grammaire, c’est aussi un enjeu de société, insiste Raphaël Haddad.»  (Libération)

Bref! Avouez que malgré les bonnes intentions à l’origine de cette idée d’écriture inclusive, appliquer cela dans un texte, y a de quoi donner des boutons même au plus aguerri des écrivains ! (ou devrions-nous dire: «au.x plus aguerri.e.s des écrivain.e.s»)

Ouf !

Surtout à l’heure où, c’est prouvé, une majorité de lecteur peine aujourd’hui à se rendre au bout d’un texte ou d’un article d’à peine 500 mots !

Néanmoins, pour vous donner une idée de la surchauffe causée par ce «débat» digne d’une question d’intérêt national, il suffit de chercher dans Google les mots-clé «écriture inclusive» et vous aurez une vague idée de la teneur émotive que provoque la question !

Pour ma part, si bien sur je ne peux qu’être un peu mitigée sur la question, j’avoue que je suis toujours assez fascinée de voir que lorsqu’il est question de la langue française et de son évolution au fil du temps, la guerre soit si ouvertement déclarée entre les deux parties. D’un côté, les puristes, ceux qui veulent croire dur comme fer que la langue française d’aujourd’hui n’est plus que misère, bien loin de celle associée à Molière. Et de l’autre, ceux dont je suis assurément, et qui croient au contraire que la langue, comme tout ce qui est culturel, est un peu le reflet d’une époque, de ses croyances et réalités sociales. Et que forcément, elle évolue. Parce que c’est dans l’ordre des choses.

Car si Molière en son temps n’a forcément jamais eu l’obligation ou l’envie (surtout pas les moyens techniques, ceux-ci n’existant juste pas!) d’envoyer un courriel, la vérité c’est qu’aujourd’hui, c’est ainsi que nous communiquons quasi majoritairement. Alors quoi ? Il ne faudrait pas nommer la chose? Et cela, tout juste parce que Molière ne savait pas que ça existerait un jour ?

Alors oui, ici au Québec surtout, on invente des mots pour dire. On envoie aujourd’hui des «courriels» (et non pas des «mails»). Et non! Nous ne «chattons» pas, car nous ici, nous avons plutôt décidé de «clavarder» (contraction de clavier et bavarder).

Bref ! Je suis d’avis que la langue, tout comme ceux qui la parlent, c’est quelque chose de vivant. Et que par conséquent, ce n’est pas figé.

Alors, si certaines associations féministes, à travers des initiatives telles que celle de l’écriture inclusive sont ainsi en position de susciter un questionnement de société sur la place que les femmes devraient pouvoir prendre dans notre monde prétendument évolué, je dis «Et pourquoi pas?»

Bien sur, il y aura, comme dans n’importe quelle «révolution» certains volets qui ne seront jamais applicables. Mais si au final, la langue française finissait un jour par comprendre (et par être en mesure de l’exprimer!) que le masculin ne l’emporte pas nécessairement toujours sur le féminin, ce ne serait déjà pas si mal, n’est-ce pas ?

(Et oui, je sais ! Je suis une idéaliste!)

Enfin bref! Tant pis pour Molière ! Je me dis qu’il a l’éternité pour s’en remettre !

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