Les coulisses du blogue, semaine 3: les fautes d’orthographe

Crédit: Pexels

Je ne sais pas si ce n’est que moi mais il me semble que depuis un  moment déjà, la qualité de la langue a sérieusement décliné sur internet !

Avez-vous remarqué ?

Ou peut-être n’est-ce simplement qu’une pure déformation pour la fille qui a étudié à l’Université en français écrit et qui, pendant un moment, a songé a devenir correctrice !

N’empêche !

Je suis toujours un peu dubitative lorsque je constate à quel point beaucoup de rédacteurs web, peu importe que ceux-ci soient des professionnels du domaine ou pas, semblent carrément sous-estimer l’importance (encore plus grande peut-être?) de présenter leur contenu d’une façon grammaticale qui vise le plus possible le bon usage. Un peu comme s’ils ne réalisaient pas à quel point leur contenu, peu importe que celui-ci puisse être le plus pertinent au monde, se trouve pénalisé par une mauvaise qualité du français écrit.

Et je ne parle pas ici que d’une simple coquille (ou deux) à s’être faufilées au milieu d’un texte! Mais de dizaine et dizaines de fautes d’orthographe qui au final, rendent tellement difficile la lecture que l’opération prend vite des airs de déchiffrages de hiéroglyphes… Au point où on se prend, en tant que lecteur, à devoir lire à voix haute pour espérer, au son, avoir une idée du message.

En ce qui me concerne, devant l’abondance de contenus que l’on retrouve aujourd’hui sur internet, je ne fais ni une, ni deux! Lorsque je me retrouve devant l’un des ces textes où les fautes d’orthographe s’accumulent au  nombre de treize à la douzaine, JE FUIS! Parce que décidément, j’ai le sentiment qu’on se fout de ma gueule ! Et que clairement, ce n’est pas sérieux!

Et la tendance est bien loin de n’être perceptible que sur internet, hélas ! Je l’ai constaté récemment lorsque je suis arrivée au service de garde de l’école pour aller chercher mon fils, un jour de décembre dernier, et qu’une immense affiche écrite à la main invitait les visiteurs à «saluez» le M. Bonhomme de neige de  plastique qui trônait à l’entrée du service !

Déjà que de saluer un bonhomme de plastique….

Et je ne parle même pas ici de ces entreprises qui paient des fortunes pour produire d’immenses affichages devant leurs commerces et qui ne se soucient même pas d’en vérifier l’orthographe !

Si l’accord des participes passés est l’élément du français écrit qui est le plus maltraité de façon générale, je constate depuis quelques années que l’une de ces nouvelles «plaies linguistiques» qui envahie maintenant les communications écrites c’est le «z» de la deuxième personne du pluriel…maintenant additionné à toutes les sauces….

Par exemple? «N’hésitez pas à vous apportez une collation» (le bon accord étant bien sur «N’hésitez pas à vous apporter…)

Mais qu’on se le dise ici, un peu comme entre parenthèses! Je suis, je l’avoue, toujours hésitante à aborder ce sujet de la qualité de la langue. Parce que j’ai toujours l’impression que je serai d’un coup étiquetée comme étant une matrone ringarde qui ne fait que souligner les fautes d’orthographe des autres. Et qu’on me dira «Non mais elle se prend pour qui celle-là?»…

La vérité, et je l’avoue fort humblement, c’est que des fautes d’orthographe, j’en fais moi-aussi ! De sorte que je suis tout à fait consciente à quel point il est facile d’en échapper. Parce que tout s’accélère. Que la qualité du français est de moins en moins valorisée, tant à l’école que sur la place publique. Mais surtout, qu’en notre ère sous le règne du 140 caractères, nous relire avant de publier ou de mettre en ligne un contenu semble être devenu franchement une perte de temps que beaucoup préfèrent voir comme étant optionnelle.

N’empêche ! C’est tellement important je trouve ! La réalité étant qu’une mauvaise qualité du français a pour effet immédiat de carrément discréditer le messager (ou rédacteur du message)… Ce dernier trahissant à son insu un certain manque de professionnalisme.

C’est pourquoi je me suis toujours beaucoup soucié, presque plus même, de la qualité linguistique de mes billets que des billets eux-mêmes sur mon blogue. Au point ou une fois un texte mis en ligne, il m’arrive fréquemment de revenir corriger des coquilles parce que et oui, c’est humain d’en faire ! Mais malgré tout, je considère que c’est l’ultime marque de politesse que je puisse accorder à mon lecteur que de me soucier de ne pas lui imposer l’obligation de me lire à voix haute pour espérer déchiffrer ce que j’ai voulu communiquer. Comme c’est souvent le cas dans les messages et commentaires que tout un chacun peut maintenant laisser sur les médias sociaux et autres forums de discussions sur internet… Et dans lesquels il faut parfois lire «à l’oreille» pour avoir une idée de ce que la personne a voulu dire!

Alors !

Mon message aujourd’hui c’est que si vous êtes rédacteurs web, si vous avez un blogue, si vous gérez un site internet, peu importe que celui-ci soit professionnel ou simplement amateur, de grâce, faites l’effort de vous relire. De vous faire relire par un ami. À la limite d’utiliser les ressources linguistiques qui se trouvent sur internet ! Surtout que dans bien des cas, elles sont gratuites!

Et cela, je ne suis pas la seule à l’affirmer ! Une étude (parmi des dizaines) il y a quelques années ayant clairement démontré qu’une mauvaise qualité de la langue pouvait influencer très négativement la perception des consommateurs face à un produit ou à une entreprise.

«Une récente recherche a révélé qu’une mauvaise qualité de la langue dans la documentation accompagnant un produit est remarquée par le consommateur et influence négativement son évaluation de cette documentation. De plus, la mauvaise qualité de la langue semble directement affecter la perception des consommateurs quant à l’entreprise. À leurs yeux, les erreurs de langue dénotent un manque de professionnalisme, de sérieux ou même de considération pour les clients.» (La Presse Affaires, «La qualité du français, c’est important», 21 sept. 2009)

Aussi, le meilleur conseil que j’ai jamais reçu à vie à cet effet je crois, c’est celui de cette professeur de français en correction d’épreuves qui nous avait un jour dit que le plus important, ce n’était pas d’avoir un français irréprochable. Mais plutôt de douter continuellement. De sorte qu’il devienne l’équivalent d’un réflexe de vérifier soit dans un dictionnaire, soit ailleurs, l’orthographe d’un mot.

C’est pourquoi l’un des secrets les mieux gardés de l’univers je crois c’est ce site que j’ai trouvé et qui m’aide encore aujourd’hui lorsque je ne suis pas certaine de la conjugaison d’un verbe. Soit celui de Ça peut servir (tellement!!!) dont la section Conjugaison est un véritable trésor !

Vous arrivez sur la page. Il suffit alors d’inscrire le verbe dont vous avez besoin. Puis M-A-G-I-E! Vous obtenez toutes les déclinaisons imaginables du verbe en question.

Rien de moins que l’équivalent du Saint-Gräal oserais-je dire (si je ne craignais ainsi d’être automatiquement étiquetée comme étant la personne la plus inintéressante de l’univers !) Mais sérieusement! Tellement excitante cette ressource que vous aurez envie d’écrire juste pour vous en servir 😉

Alors, usez et abusez de ce secret (avec un « z » bien sur!) ! Mais de grâce ! N’en dites rien à personne !

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6 commentaires sur “Les coulisses du blogue, semaine 3: les fautes d’orthographe

  1. J’utilise tres souvent ce type de site pour vérifier la conjugaison des verbes… pour ma part je doute à fond, car je suis une vraie quiche en orthographe/conjugaison. Mais je me soigne : http://www.bizzetmiel.com/coulissesdublog-3-fautes-dorthographe/

    Je ne sais pas si le niveau général baisse vraiment, mais forcément avec la démultiplication des contenus cela démultiplie les risques de fautes. Là je où je trouve que c’est vraiment inadmissible, c’est quand je vois des coquilles sur des articles de « grands » site type lepoint.fr ou lemonde.fr. Je vais rarement les lire mais quand ça arrive j’en vois régulièrement : quand on est professionnel de l’écriture on a pas le droit de faire des fautes.

    1. Bonjour Aude !

      C’est vrai que c’est extrêmement bien fait et utile cette ressource «Ça peut servir». J’ai découvert il y a de nombreuses années et je ne pourrais plus m’en passer!

      Comme toi, ce qui me dérange le plus, ce sont les textes de grands médias qui, en raison bien souvent des coupures financières, choisissent de négliger la qualité linguistique et orthographique de leurs contenus. Je me souviendrai toujours de la traduction française de la série Outlander (Le chardon et le tartan) à travers laquelle j’étais passée comme une folle (les 4 premiers livres en une semaine!). J’avais été vraiment dérangée par le fait que le mot «Néanmoins» revenait presque 12 fois par pages. Un «tic langagier» du traducteur mais qui à force de tomber dessus, avait fini par bousiller mon plaisir de lire. C’est rare que ça arrive mais ça arrive.

      Quelques coquilles sur un blogue, on s’en rend compte mais ça dérange moins je trouve. Alors qu’un magazine, un livre ou encore, le site internet d’un grand média, ça m’apparaît comme carrément inexcusable !

      Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, tout va si vite qu’il est facile d’appuyer sur «éditer» en échappant quelques coquilles. L’important je pense c’est de viser le mieux. Et ça, ça demeure un défi !

      Marie

      1. J’ai une explication pour ce « tic langagier », qui a mon avis ne viens pas du traducteur.
        Il y a peu j’ai traduit un article australien pour mon blog et justement j’étais agacée parce qu’il y avait énormément de répétitions dans les mots. Pour moi ça sonnait comme « mal écrit ». J’avais l’impression d’être prise pour une idiote, avec des phrases genre « on s’est demandé quoi faire pour les serviettes. On a loué les serviettes. » : oui ok je me souviens qu’on parle de serviettes depuis la phrase précédente. J’en ai discuté avec une copine qui a étudié l’anglais et elle m’a expliqué que c’était très fréquent en anglais, car ils ne considèrent pas la répétition comme une mauvaise chose. Ils vont juste au plus « simple ».
        Voici l’article : http://ecologie-citadine.com/un-mariage-zero-dechet/

        Donc à mon avis c’est juste que le texte a été traduit de manière literraire et que ce mot avais été beaucoup utilisé par l’auteur. Là où la traduction a été bâclée c’est que ça fait parti du boulot d’adapter le texte aux codes de la langue cible et donc de lisser ces répétions…

        1. C’est une bonne explication je trouve ! Mais oui, pour un si gros succès de librairie, ça aurait sans doute nécessité de s’adapter à l’importance du public ! Enfin, ce n’était pas dramatique mais je l’avais tout de même noté !

          Marie

  2. je déplore aussi que l’orthographe ne soit pas plus valorisé à l’école. Pour moi c’est le B-A BA !
    Bien lire, bien écrire, bien s’exprimer, bien compter, c’est à ça que sert l’école. Tout le reste : éducation civique, histoire, géographe est important aussi, mais ça vient après. Pourquoi ?
    Parce que je suis convaincue que si les enfants apprenaient à s’exprimer correctement à l’oral et à l’écrit, avec un vocabulaire riche, juste et précis, ils n’auraient pas besoin de s’exprimer pas la violence !
    Vocabulaire, lecture, dictées, expression écrite, maths…voilà à quoi devrait ressembler le primaire. Et ce serait d’autant plus facile que les parents peuvent encore être derrière les enfants facilement.
    Puis à l’âge difficile de l’adolescence, on pourrait passer à tout le reste.Les ados continuent d’apprendre, tant mieux. Ils se révoltent, tant pis pour eux, mais ils auront au moins acquis les fondamentaux… Et puis c’est si grave que ça de ne pas savoir placer la Slovénie sur une carte ?

    1. Bonjour ! Je suis tellement d’accord ! Le problème c’est que les gens arrivent à l’Université ou ils sont acceptés, sous condition de faire un cours de français visant à réussir l’épreuve de langue première. Ils ont un an pour réussir l’examen qu’ils ont échoués une première fois. C’est fou ! Je trouve incroyable que ce ne soit pas déjà maîtrisé depuis longtemps, et qu’une fois rendus à l’Université, certains doivent ainsi faire du rattrapage. Sous peine d’être expulsés.

      Savoir communiquer, écrire et lire, c’est indéniablement ce qui permet d’argumenter, de négocier, de se présenter aux autres plus tard. Alors je partage tout à fait votre point de vue sur le fait que c’est au primaire qu’il y a des lacunes ! Là ou parfois, même les professeur font des fautes dans leurs communications écrites ! Clairement, on part de loin !

      Marie

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