Les échanges épistolaires à l’ère 3.0, le poscrossing et le retour à une certaine humanité

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En regardant ce qui se déroule sous mes yeux, un peu comme au théâtre, j’ai parfois l’impression d’avoir été soudainement parachutée dans un monde parallèle.

Un lieu ou personne ne se parle plus. Chacun semblant évoluer comme dans des univers parallèles, destinés à ne jamais se toucher. 

Hier soir ainsi, alors que j’assistais à un souper-spectacle avec l’Homme de la maison, je me suis arrêtée quelques instants pour observer le manège de tous ces couples, groupes d’amis et autres inconnus à nous côtoyer, l’espace d’une soirée. Je n’ai pu m’empêcher d’être un peu traumatisée (oui, oui, c’est le mot!), en constatant qu’une majorité qui se retrouvait ainsi, en théorie pour passer un bon moment ensemble, était en fait littéralement « scotchée »…à son téléphone intelligent…

Ensemble. Mais désespérément seuls.

D’une tristesse sans nom, n’ai-je pu m’empêcher de me dire !

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En décembre 2014 (il y a au moins un siècle à ce qu’il me semble!), je vous disais que j’avais redécouvert un plaisir un peu démodé, celui d’envoyer des cartes postales.

Pour le simple plaisir à l’époque, un peu banalement, de trouver autre chose que des factures et autres publicités rarement sollicitées dans ma boîte aux lettres.

Je constatais alors que j’avais été littéralement séduite par ce phénomène (s’en est vraiment un!) du Postcrossing. Celui-ci consistant à envoyer et recevoir des cartes postales de partout dans le monde. De purs inconnus, Chinois, Russes, Américains, Français, Belges (et j’en passe!) qui prennent le temps, dans ce monde de fous dans lequel nous pouvons parfois avoir l’impression de vivre, de choisir une carte pour quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Et d’écrire, un peu comme une bouteille à la mer, un court message destiné à faire sourire son destinataire.

Aujourd’hui, alors que j’en suis à quelques 400 cartes reçues (et autant d’envoyées, il va sans dire!), je suis forcée de constater que c’est probablement une « drogue dure » de la dépendance de laquelle il est bien difficile de se défaire…

En cours de route, je me suis trouvée une correspondante vivant en République Tchèque. Elle parle la langue du pays. Je parle français. Ensemble,  nous échangeons dans un anglais plutôt…rudimentaire.

Mais quel plaisir que de recevoir ces petites enveloppes pleines de surprises ! Des cartes aux paysages qui font envie. Et parfois même ? Des sachets de thé ! Un thé qu’on ne prend pas ensemble. Mais qu’il nous fait plaisir de partager.

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En regardant ce qui se déroule sous mes yeux, un peu comme au théâtre, j’ai parfois l’impression d’avoir été soudainement parachutée dans un monde parallèle.

Un lieu ou personne ne se parle plus. Chacun semblant évoluer comme dans des univers parallèles, destinés à ne jamais se toucher. 

Hier soir donc, alors que j’observais tous ces gens qui, autour de nous, passaient un moment ensemble, mais sans se voir réellement, un peu comme s’ils s’ennuyaient royalement. Et qu’ils cherchaient, les yeux fixés à leurs téléphones intelligents, à se fuir, au moins virtuellement l’espace d’un instant, j’ai été frappée de cette évidence que tous, dans notre monde ultra-connecté, n’avons, un peu paradoxalement, jamais été aussi déconnectés les uns des autres.

Mais voilà que ce matin, en lisant mon journal, je suis tombée sur cet article de La Presse dans lequel on raconte qu’il y aurait actuellement un véritable retour à la lettre épistolaire. Celle que l’on écrit à la main sur un papier minutieusement choisi. Puis décoré avant d’être envoyé à la bonne vieille méthode de la poste.

Une méthode qui, je m’en étonne toujours dans notre monde ou rien ne va jamais assez vite, prend toujours, d’une façon un peu inexplicable, un temps fou! Les cartes, lettres et autres envois postaux mettant, encore aujourd’hui, parfois plus d’un mois à se rendre à leur destinataire. Pour vous dire ! J’ai même une carte qui a mis un mois et demi à se rendre…aux États-Unis ! Comme il y a 100 ans alors que les lettres voyageaient en charrette tirée par des chevaux !

Comme quoi, semble-t-il, tout n’est peut-être pas encore perdu pour les irréductibles sentimentaux dont je suis 😉

Crédit: Chroniques d’une cinglée
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