Les falaises, Virginie DeChamplain

«Les falaises» de l’auteure québécoise Virginie DeChamplain, c’est sans aucun doute l’une des belles surprises de ce marathon de lectures qui aura occupé mon année 2020.

Ce que ça raconte? L’histoire de cette femme qui exilée à Montréal depuis des années, retourne dans sa Gaspésie d’origine au moment de la mort de sa mère. Celle-ci ayant été retrouvée échouée comme une sirène, recrachée par le fleuve, non loin de la maison familiale.

«J’ai l’automne à l’envers. En dedans au lieu d’en dehors. Humide, tiède dans le creux des joues. Du vent qui craque dans la cage thoracique. C’est octobre. Ma mère est morte et j’ai pas encore pleuré.» (page 7)

S’étant d’abord rendue sur les lieux dans le but tout simple de vider la maison de sa mère, elle y passe finalement plusieurs mois. Un peu comme échouée elle aussi sur le grand matelas qu’elle installe au milieu du salon à l’image d’une ile, en même temps qu’elle tente de se réconcilier avec cet univers de femmes insoumises qui l’ont précédées. Car dans cette maison, en plus de retrouver le fantôme de sa mère, elle retrouve du même coup celui de sa grand-mère à travers de vieux cahiers écrits des années plus tôt.

Vraiment, il y avait dans ce livre tous les éléments réunis pour que je sois immédiatement happée. Cela avec des thématiques qui m’interpellent particulièrement, il faut bien le dire! La maternité, la transmission, la recherche du sens de ce que ça signifie être une femme. Et surtout, le deuil. Celui qu’on est forcés de faire un jour ou l’autre avec ceux qui nous ont précédés. Cela afin de nous inscrire nous-même dans l’histoire familiale.

Mon seul bémol, les jurons. Bien sur, ce type de langage est de façon un peu facile (selon mon humble avis) associé à la culture québécoise mais en ce qui me concerne, j’ai toujours un malaise avec ça. Mais bon, comme l’auteure n’en a vraisemblablement pas abusé, ça n’a rien enlevé, en ce qui me concerne, au plaisir que j’ai eu dans ce moment de lecture. Une lecture que je pourrais qualifier de poétique et aérienne et dans laquelle il m’a semblé par moment entendre le bruit du fleuve qui coule.

Vous l’avez lu? Si c’est le cas, je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé. Coup de coeur pour moi et c’est pourquoi il figure dans ce jour 2 de mon calendrier de l’Avent 2020!

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