Les mots des autres ou lorsque le récit de notre propre histoire devient comme un rite de passage

Fleurs sauvages (c) 2010 Michael Bourquin

Et si le fait d’écrire au «Je» se voulait tel un rituel sacré ?

« Je reprends possession de mon passé»

(-Annemarie Trekker)

 « Je suis fille unique de parents eux-mêmes enfants uniques. Il y a quelques années, ma mère, décédée depuis, a eu la maladie d’Alzheimer et, à la même époque, j’étais en difficulté avec mon père. Cet épisode m’a conduite à écrire un livre : je voulais reprendre possession de ce qui m’appartenait, mon passé. Je n’ai pas pu l’écrire à la première personne du singulier car c’était trop difficile, mais c’était le récit de ma propre histoire. Écrire sur soi, c’est se remettre en mouvement et ne pas se figer dans un «soi» établi une fois pour toutes. En remontant la chaîne familiale, j’ai eu l’impression d’enlever une chape de silence. Aujourd’hui, j’anime des tables d’écriture en «histoires de vie», aventure qui a donné naissance à une maison d’édition. Transformer ses souvenirs, sa mémoire en un livre, par un travail de mise en forme, est constructeur. Je le compare à un rite de passage comme on en connaît dans les sociétés archaïques, avec la traversée des âges de la vie. Là, l’écriture vient dire : «Tu as accompli un rituel que tu n’avais pas pu accomplir précédemment.» Les mots sont une excellente médiation pour réussir à parler de soi tout en prenant une certaine distance et, lorsque c’est bien fait, l’intime rejoint l’universel. »
(Annemarie Trekker est l’auteure de La Mémoire confisquée (L’Harmattan, 2003). Elle est directrice éditoriale des éditions Traces de vie (Belgique) Extrait du Psychologie Magazine, Pourquoi j’écris sur moi, Septembre 2010)

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Quant à moi, je suis a évaluer une nouvelle idée qui a germée récemment à mon esprit…

La grande question qui me talonne depuis ? Mais est-ce trop fou ?  

Quelques suggestions de lecture supplémentaire :

Les mots des autres...Train de nuit pour Lisbonne

Nous laissons quelque chose de nous quant nous quittons un lieu. Nous y restons bien que nous en partions. Il y a des choses en nous que nous ne pouvons retrouver qu'en y retournant. Nous partons vers nous-même[...]

En passant...

Photo: PABvision.comCe matin, peu de temps pour écrire... Tout juste une petite pensée à partager... Quelques mots qui flânaient sur mon passage...  «L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à quelqu'un, c'est ce que quelqu'un[...]

Les mots des autres... Scott Fitzgerald sur les écrivains

«Un écrivain qui n'écrit pas ressemble à un fou enfermé en lui même» (-F. Scott Fitzgerald cité par Walter Kirn dans Blood Will Out)

Romain Gary, ou lorsqu'on a plus la vie devant soi

«Je me demande si toute ma vie n'a pas été, aussi bien comme romancier que comme changeur de métiers si je puis dire, un effort de ne pas être moi-même. Et le roman le permet.[...]

Les mots des autres...Dans une prison sans barreaux

« Mais le pire, quand on habite une prison sans barreaux, c’est qu’on n’a pas même conscience des écrans qui bouchent l’horizon; j’errais à travers un épais brouillard et je le croyais transparent » (- Simone[...]

8 commentaires sur “Les mots des autres ou lorsque le récit de notre propre histoire devient comme un rite de passage

    1. Bonjour Sylvie !

      Ce n'est pour le moment qu'un germe d'idée que je dois encore mijoter pour en définir les détails. Je ne peux pas en dire plus pour le moment !

      Une bonne journée à toi !

      Marie

  1. Laisse aller ton fou comme on dit.

    Si ton idée en plus concerne l'écriture, n'hésite pas. Fonce à mille kilomètres et plus…

    Bonne journée,

    Marjo

    1. Wow ! Je ne pensais jamais que cette toute petite phrase en fin de mon texte allait susciter autant de réactions 🙂 Je vais en parler très bientôt, décidément !!

      Une bonne journée à toi Carina !

      Marie

  2. Écrire au je est toute une expérience. Je l'ai fait il y a de nombreuses années pour animer des groupes de soutien. Quand on écrit au je on nomme le sentiment qui nous habite. Par contre en lisant ton livre que tu as mis gratuitement sur ce blogue,j'ai remarqué que tu introduis quelques fois le « elle » en parlant de toi.J'adore ça. C'est une belle introduction pour des sujets parfois plus difficiles. Et disons le,mon personnage préféré dans la petite vie s'appelait Réjean car justement il parlait à la troisième personne. Comme si il n'avait aucun rapport avec lui -même et ainsi pouvait dire un peu n'importe quoi de « l'autre ». Moi aussi je suis curieuse de connaître la suite de tes réflexions quand tu te sentiras prête à nous la partager bien sûr. Bonne journée Marie!

    1. Bonjour Étoile ! Et oui, comme tu le dis si bien, le « Je » est beaucoup plus « impliquant », plus personnel. Quant au « Elle » dont tu parles, je m'amusais à l'époque à faire comme si j'entendais des voix 🙂 Mon entourage à un peu craint pour ma santé mentale un court instant 🙂 J'aimais bien ce fait de faire entrer un autre point de vue de cette façon !

      Quant à ce fameux projet qui mijote actuellement, j'y reviendrai dans les prochains jours: promis !!

      Marie

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