Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale, Titiou Lecoq

Les derniers mois, je dois l’avouer, j’étais tellement fatiguée que juste l’idée de me plonger dans un livre et la chose m’apparaissait comme rien de moins que hors de ma portée. La  concentration à zéro et le niveau de mon énergie lui aussi à sec, je n’arrivais tout simplement plus à lire plus d’un paragraphe avant de me résoudre à refermer mon livre.

Inutile de vous dire que dans ces circonstances, passer à travers un bouquin m’apparaissait comme une véritable épopée. Peut-être même le projet d’une vie ! (et oui, j’exagère un peu quand même!)

N’empêche! Le sujet de «Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale», livre de l’auteure et blogueuse française Titiou Lecoq, était si proche de mes intérêts et son propos si en accord avec mon ressenti du moment que je n’ai pu faire autrement que de me rendre jusqu’au bout. Un paragraphe à la fois, une page après l’autre. La vérité étant que ce livre aura été le livre coup de cœur de mon été.

Rien de moins qu’une révélation!

Parce que je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, avec tout ce qui s’est écrit un peu partout dans les médias ces dernières années sur la condition des femmes, j’ai vraiment le sentiment de vivre un moment charnière de l’histoire alors que le statu-quo ne semble plus envisageable. Vous savez! Ces agressions qu’on ne peut plus accepter de ne pas dénoncer, le sexisme jusque là «ordinaire» que l’on vomit aujourd’hui, les double-standards dont on ne veut plus s’accommoder.

Et ?

Cette fameuse conciliation travail-famille que l’on voudrait croire (bien naïvement!) plus égalitaire aujourd’hui. Cela, avant de se rendre compte, une fois les enfants arrivés dans le décor, que les dés sont pipés d’avance. Et que ce qui semblait plutôt égalitaire alors que nous n’étions que deux, devient littéralement une course à obstacles une fois qu’on décide de se multiplier. Parce que de façon un peu injuste, même si nous avons chacun un boulot prenant, ça finit inévitablement par être la femme qui se verra d’office attitrée à la gestion de la marmaille (Tiens donc! Il ne reste que deux couches ! Faudra que je m’arrête en chercher en revenant du boulot!), de la maisonnée (ménage, repassage et autres «age» de circonstance), des menus et collations (nutritifs et respectant le guide alimentaire S.V.P!) et de tout ce qui relève de la vie de famille en général (le rendez-vous chez le pédiatre, le billet-jaune à signer et à retourner au service de garde, sans quoi fiston ne pourra pas participer à l’activité de groupe)…

Un peu à l’image d’une gestionnaire de chantier à laquelle il m’arrive de me comparer. Sauf que pour nous les femmes, c’est 24 heures sur 24. 365 jours par année.

Même en dormant !

Parce que bien sur, on pense à tout nous, n’est-ce pas ? Tout le temps ! Moi en tout cas ! Car je fais des listes, je m’envoies des courriels. Cela en plus de noircir un agenda et un calendrier mural; ce dernier, j’en suis certaine, devant bien se comparer au format d’une pancarte sur l’autoroute !

Bref! On ne s’en sort pas ! Jusqu’à ce qu’on pète un plomb en entendant l’Homme de la maison nous asséner un «Mais pourquoi tu ne me demandes pas de t’aider»….

Grrrr !

Alors, qu’est-ce que ça raconte ce bouquin écrit par l’auteure française Titiou Lecoq?

« Un jour, je me suis demandée  : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent  ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve.  L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence  : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue  ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale  ?» (- «Libérées, Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale», Titiou Lecoq)

Vraiment, je ne trouve pas les mots pour dire à quel point tout au long de cette lecture, je me suis retrouvée. Dans cette course folle du quotidien dans laquelle, nous les femmes, nous nous essoufflons sans relâche. Pour réussir professionnellement en même temps qu’on tient la maisonnée, trop souvent à bout de bras. Écartelées entre les besoins des enfants qui grandissent, des parents qui vieillissent, du linge sale qui s’accumule sans fin, un peu comme la célèbre pierre d’un Sisyphe éternellement condamné à pousser. Mais aussi, les exigences concernant l’éducation des enfants qui n’en finissent plus de devenir plus aiguës. Parce que bien sur, il faut penser aux collations santé, aux jeux éducatifs, mais aussi, au besoin d’individualisation de ces chers petits.

Tout cela, en étant constamment celles qui ramassent cette maudite chaussette que personne ne semble voir ! Des chaussettes qui, sans qu’on sache trop pourquoi, n’en finissent jamais de traîner à ce qu’il me semble parfois! Un peu comme dans une mutinerie. Au point où je me demande parfois «Non mais elle est où cette foutue caméra?». Parce que clairement, quelqu’un quelque part veut ma peau!

C’est forcé!

Alors ? Ce livre de Titiou Lecoq, je pense que je vais en acheter treize douzaines de copies et en offrir à toutes les femmes autour de moi. Qui sait si une grève de la chaussette ne se profile pas à l’horizon!

Et oui Mesdames !

RÉ-VO-LU-TION !

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