Mal de mère: Le Top 3 de mes coups de coeur littéraires dédiés à la mère, 1 de 3

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«On aurait beau dire merde à sa mère dans un roman, ce serait pris pour une déclaration d’amour»     (-Livre de ma mère, Albert Cohen)

Ce dimanche, ici au Québec ce sera la fête des mères, l’une des célébrations les plus commerciales qui soit! Car 4,3 milliards de dollars c’est ce que les américains auraient dépensé l’année dernière pour souligner cette journée des mamans. Et 75,1 millions d’euros, c’est ce qu’aurait rapporté aux fleuristes français les achats de roses, lys et autres bouquets en 2013…

C’est de l’amour, du vrai pour nos mères ça n’est-ce pas ?

Alors loin de vous suggérer ici des idées cadeaux (bien que…), j’ai pensé, dans ce billet ainsi que dans les deux prochains, faire un petit tour d’horizon de mes coups de cœur littéraires dans lesquels la mère tient le premier rôle.

Pour le meilleur parfois. Pour le pire dans d’autres cas.

Car il m’apparaît indéniable que peu importe qu’elle soit vue comme une bonne fée inspiratrice ou encore, comme étant l’une des sept plaies d’Égypte, la mère règne bien souvent en reine sur l’oeuvre de certains écrivains qui à travers leurs écrits, lui rendent hommage. Ou la fuient.

Alors prêt pas prêt, on y va pour ce Top 3 de mes coups de cœur littéraires dédiés à la mère !

Dans l’ordre et dans le désordre, j’y vais donc aujourd’hui du premier des trois titres !

 L’Ingratitude, Ying Chen

Voici bien un livre que j’ai du lire il y a de nombreuses années de cela, quelques part dans les années 90, mais qui me vient spontanément à l’esprit lorsque je pense littérature de la maternité. Notamment (mais pas que) pour toute cette violence jetée par l’auteure contre cette mère « qu’elle brûlait d’envie de voir souffrir »…

Et oui ! Rien que ça !

Ying Chen que j’avais découverte à l’époque est une écrivaine sino-canadienne née à Shanghai en 1961. À l’Université, elle obtient une licence en Lettres françaises. En 1989, elle arrive au Québec pour y étudier au département de langue française de l’Université McGill. Selon ce que j’ai pu trouver sur internet, l’auteure serait résidente de Vancouver depuis 2003. La chose semblant expliquer cette constatation qu’étonnamment, nous en avions peu entendu parler depuis ce livre, « L’ingratitude », pourtant récipiendaire de nombreux prix littéraires après sa sortie, dont le Prix Québec-Paris (1995), Le prix des libraires du Québec (1996), Le Grand prix des lectrices de Elle Québec (1996). Pour ne nommer que ceux-là !

Mais qu’est-ce que ça raconte « L’Ingratitude » de Ying Chen ?

C’est en fait l’histoire d’une jeune chinoise qui cherche a se défaire, au moyen de son suicide, des liens étouffants qui l’unissent à sa mère. Par ricochet, c’est également pour échapper à l’étau social, au désespoir d’une vie qu’elle juge sans issue, mais à l’amour aussi, qu’elle choisi cette fuite comme solution finale.

C’est clair ! Nous ne sommes pas ici dans la littérature du genre conte de fées. C’est justement ce qui m’a tellement marquée de cette lecture je crois. Cette constatation que l’écriture pouvait être si violente. Presque meurtrière.

«  Je brûlais d’envie de voir maman souffrir à la vue de mon cadavre. Souffrir jusqu’à vomir son sang. Une douleur inconsolable. La vie coulerait entre ses doigts et sa descendance lui échapperait. Mon corps commençant à pourrir par ces journées chaudes, ses gènes cesseraient de circuler dans mes veines, se perdraient au fond de la terre uniforme. Elle n’aurait plus d’enfant. Sa fille unique s’envolerait loin d’elle ainsi qu’un coup de vent mortel croise un arbre en le secouant, mais sans s’arrêter, impitoyable. » (- L’Ingratitude, Ying Chen)

Je l’avoue. Cette lecture, au demeurant très dure, est demeurée à ma mémoire parmi mes coups de cœur! Pour le discours de cette narratrice qui du fond de sa tombe nous explique sa vie, pour ne pas dire son purgatoire. Mais surtout, pour le propos très noir, proche du tabou, de ce mélange d’amour-haine envers la mère, cette responsable de tous les maux de l’univers.

Vous l’avez déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Quant à moi, je vous reviens avec un deuxième titre au prochain billet !

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