Métropolis Bleu: Rendez-vous avec les écrivains, l’écriture et la littérature

Crédit: IStock

Chaque année au printemps, je me fais une fête d’assister à cet événement littéraire Montréalais qu’est le Métropolis Bleu!

Et voilà que ces jours-ci, nous sommes en plein cœur de ce qui constitue presque la «mecque» de la littérature.

Hier après-midi justement, j’ai eu l’immense privilège d’assister à un atelier d’écriture donné par nulle autre que Nancy Huston, une auteure sur les livres de qui je me précipite littéralement dès leur sortie, et cela, depuis au moins vingts ans !

Et je dis bien «privilège» car nous étions tout au plus une vingtaine de personnes, majoritairement des étudiants New-Yorkais pour qui ces ateliers d’écriture ont été spécialement concoctés, et deux ou trois autres qui comme moi se sont greffés, à avoir cette chance, pendant trois heures, d’écrire sur une consigne donnée.

Pour ma part, c’était la première fois de ma vie que je participais à un tel exercice qui,  il me faut bien le dire, me semblait plutôt contraignant au départ. Et les carcans, ce n’est habituellement pas ma tasse de thé, je suis forcée de l’avouer !

Sauf que l’exercice m’a permis de découvrir tout le potentiel créatif qu’il recelait !

En ce qui me concerne, j’ai sauté presque à pieds joints dans le deuxième thème qui, ma foi, m’est apparu comme étant presque en symbiose avec mon actuel projet d’écriture, celui sur lequel je travaille depuis quelques temps déjà et qui porte sur mon père. Et bien que ce ne soit pas la direction que j’ai choisie pour mon livre, la ligne d’écriture m’a semblé fabuleuse de richesse créatrice!

C’est pourquoi j’ai eu envie de partager ici ce que ça a donné.

Le thème: parler à un fœtus, à la façon de Nancy Huston dans son dernier livre «Bad Girl» dans lequel la femme qu’elle est aujourd’hui, écrivaine de renom, s’adresse au fœtus qu’elle a été dans le ventre de sa mère.

Ici, c’est au fœtus de mon père, tel que je l’imagine aujourd’hui, que j’ai choisi de m’adresser….

Je préfère vous prévenir: c’est un un peu «trash»

*****

Tu es G.

Ah! Pour l’heure, tu l’ignores encore! Toi le fruit d’un moment fortuit pendant lequel, en cherchant à se sortir la tête de l’eau, tes parents se sont unis, l’espace d’un instant, pour avoir l’impression d’être encore vivants!

Toute ta vie, tu seras le deuxième. Peut-être en as-tu déjà le pressentiment ?

Qui saurait le dire ?

Et comment pourrais-tu le savoir d’ailleurs, alors que pour le moment, tu n’es qu’un amas de cellules informes et anonymes, dont même ta mère ne se soucie pas encore de l’existence? Cette femme d’origine algonquine pourtant obsédée par les symboles que lui envoie la nature et qui ne sera pourtant jamais capable de «voir» le tragique de ce qui se joue en ce moment, à un niveau presque sous-terrain…

Qu’importe!

Tu peux bien te permettre, l’espace de quelques semaines encore, de baigner paresseusement  dans le sein de ta mère, inconscient de tout ce qui s’est joué récemment et dont, tu en auras souvent l’impression au cours de ta vie, tu ne seras jamais rien d’autre que le «dommage collatéral»…

Car l’évidence est que tu naîtras presque un an jour pour jour après la mort tragique de ton frère. Un grand gaillard déjà à quatorze ans qui, entre Noël et le Jour de l’An, s’est rendu à la scierie avec votre père, inconscient comme le sont trop souvent les humains, qu’en une infime fraction de seconde, sa vie ne se conjuguerait désormais plus qu’au passé…

Ton frère donc, celui que tu ne connaîtras jamais mais qui recouvrira ta vie d’une ombre sombre contre laquelle tu te débattras sans relâche comme un aveugle dans le noir, en voulant remettre un billot de bois en place a bêtement chancelé. Puis est banalement tombé sur le couteau de la scie, laissant tomber son cœur, au propre comme au figuré, dans les mains de votre père.

Un deuil horrible dont vos parents ne se remettront jamais !

Mieux vaut que tu te le tiennes pour dit !

Toute ta vie, G., tu te débattras avec le cadavre agrippé  de ce frère parti trop tôt, qui pour toujours te servira d’étalon de mesure auquel tu n’arriveras jamais à la cheville…

Et dont l’ombre, sans que tu le saches encore, pourri déjà ce liquide maternel dans lequel tu baignes.

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