Oser, malgré la peur?

Crédit: Pixabay

«Je passe mon temps à faire ce que je ne sais pas faire, pour apprendre à le faire» (-Pablo Picasso)

Contrairement à Picasso qui avouait passer son temps à faire ce qu’il ne savait pas faire, histoire d’apprendre à le faire (n’est-ce pas logique?), j’ai pour ma part le sentiment de passer une grande partie de ma vie à comme m’excuser de savoir faire ce que je sais faire, d’être qui je suis.

Mais surtout, de ne pas assumer tout cela et, en quelques sortes, de banaliser mon travail. Un peu comme si celui-ci était sans valeur.

Il y a maintenant près de sept ans que j’écris sur ce blogue. Une éternité, littéralement, quant on s’arrête au moins deux secondes et quart pour observer ce qui se passe sur le web. Mais surtout, à quelle vitesse les blogues ouvrent….et disparaissent. Une grande majorité d’entre eux tombant tout simplement dans l’oubli, faute d’être alimenté d’une façon qui soit un minimum régulière.

Au delà de ce blogue, j’ai l’impression que c’est depuis des siècles que je travaille sur mon projet de livre, celui-ci portant pour l’heure le titre temporaire «L’Homme nu»  (Voyez ! Je l’ai encore fait ! Car parler de «projet» et de «pour l’heure», n’est-ce pas que ça implique d’une certaine façon, comme une forme d’incertitude ?)

Bref !

Tout cela pour dire que bien que j’aie déjà une bonne centaine de pages d’écrites; Bien que je sache avec certitude comment mon livre se terminera; Bien, surtout, qu’il soit dans sa forme officielle dans ce qui avoisine les 90%,….c’est comme si je doutais encore.

Et cela, j’en ai pris conscience il y a quelques jours lorsque sur un coup de tête, j’ai décidé de mettre en ligne le tout premier chapitre. Histoire, comme lorsqu’on va à la pêche, de voir ce qui se passerait.

Et la vérité c’est que ce qui s’est passé, c’est ce à quoi je m’attendais le moins. Non pas les quelques commentaires positifs que j’ai reçus, presque avec gène. Mais plutôt, un peu paradoxalement, cette lutte que j’ai du mener contre moi-même pour ne pas retirer mon premier chapitre, sitôt celui-ci mis en ligne.

Pourquoi ?

Banalement sous l’effet de la peur. Celle que mon livre ne soit pas à la hauteur. Que malgré tous les efforts que j’ai pu y mettre, il n’intéresse personne. Mais surtout, au-delà de ces peurs, parce que j’ai pris conscience à quel point  mon plus grand obstacle pour terminer ce livre, il était peut-être entre mes deux oreilles….

Parce qu’en le terminant, je serai d’une certaine façon obligée de le laisser aller, n’est-ce pas? Et que par conséquent, une fois mon livre terminé, mis en ligne, partagé et, peut-être, dans le meilleur des mondes, lu, il ne m’appartiendra plus.

Alors, tout cela, toute cette réflexion, je l’avoue. C’est franchement ennuyeux!

Parce que du coup, je me dis qu’il n’en tient sans aucun doute qu’à moi de le terminer.

Malgré mes peurs.

Malgré l’incertitude.

Mais surtout, parce que l’heure est peut-être venue de réaliser que j’ai peut-être travaillé assez d’années dessus pour accepter de le voir mener sa propre vie…

Comme un enfant qu’on l’on a trop couvé et que l’on doit bien un jour se résoudre à voir grandir.

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