Pages féminines d’un autre temps…De la vraie nature des femmes

Crédit: Pixabay

Je suis en ce moment dans la lecture d’un bouquin vraiment fascinant, «Une éducation» de l’auteure américaine Tara Westover. 

En bref, celui-ci raconte le parcours auto-biographique absolument fou d’une jeune femme née en 1986, en Idaho, d’une famille mormonne.  Sans éducation, sans certitude de sa date de naissance parce qu’elle n’a jamais été enregistrée à l’état civil à sa naissance, elle s’est pourtant, et d’une façon incroyable, rendue jusqu’à la célèbre université de Cambridge en Angleterre…

J’aurai l’occasion de vous en reparler plus longuement dans les prochains jours. 

Toutefois, un passage de ce bouquin m’a aiguillée vers le philosophe anglais John Stuart Mill que je n’avais jamais lu jusque là.  Et qui, dans l’un de ses écrits les plus emblématiques, à écrit sur la vraie nature des femmes….

100 ans avant ma naissance!

Comme quoi, ce n’est pas d’hier qu’on se questionne sur la nature du féminin….

«Un sujet sur lequel on ne saura jamais rien de définitif»

(Le texte complet est juste ici)

*****

L’asservissement des femmes (The Subjection of Women)

John Stuart Mill, 1869

«L’ensemble des causes sociales et naturelles rendent improbable la rébellion collective des femmes contre le pouvoir des hommes. Elles sont dans une position différente des autres classes soumises, dans la mesure où leurs maîtres n’exigent pas seulement d’elles qu’elles les servent: les hommes ne veulent pas seulement l’obéissance des femmes, ils veulent leurs sentiments. Tous les hommes, à l’exception des plus brutaux, désirent avoir dans la femme qui est l’être le plus proche d’eux, non pas une esclave soumise par la force, mais une esclave consentante, non pas simplement une esclave, mais une favorite. Ils ont donc tout fait pour asservir leurs esprits. Dans tous les autres cas, l’obéissance des esclaves est basée sur la peur, soit la peur qu’inspirent les maîtres, soit une peur liée à la religion. Les maîtres des femmes ont voulu plus que la simple obéissance et ont usé de toute la force de l’éducation à cette fin: dès leur tout jeune âge, les femmes sont élevées dans la conviction que le caractère idéal d’une femme est exactement l’opposé de celui de l’homme; au lieu d’encourager la volonté, l’autonomie et la maîtrise de soi, on leur apprend la soumission et l’assujettissement à autrui. Par devoir, selon la prétendue morale, et par nature, d’après les lieux communs sentimentaux, les femmes doivent vivre pour les autres, faire complète abnégation d’elles-mêmes et n’avoir d’autre vie qu’affective, laquelle doit au demeurant se limiter à l’homme auquel elles sont unies ou aux enfants qui constituent entre cet homme et elles un lien supplémentaire et irrévocable. »

(…)

«Ainsi, les incapacités auxquelles les femmes sont soumises par le simple fait de leur naissance sont l’unique exemple d’exclusion dans la législation moderne, le seul cas, qui concerne la moitié du genre humain, où une fatalité de naissance qu’aucun effort, aucun changement de circonstances ne peut surmonter, interdit l’accès aux plus hautes fonctions sociales. Car même les interdictions d’exercer pour cause d’incapacité religieuse, outre le fait que celles-ci ont pratiquement disparu en Angleterre et en Europe, sont levées en cas de conversion.»

(…)

«Il ne sert à rien non plus de dire que la nature des deux sexes les prédispose à leurs fonctions et à leur position actuelle et que celles-ci leur sont donc adaptées. M’inspirant à la fois du bon sens et de la constitution de l’esprit humain, je nie qu’on connaisse ou puisse connaître la nature des deux sexes en ayant observé seulement les relations qu’ils entretiennent à présent. Si l’on avait trouvé des sociétés exclusivement masculines ou exclusivement féminines, ou encore s’il y avait eu une société mixte dans laquelle les femmes n’étaient pas sous le contrôle des hommes, on aurait peut-être eu des renseignements concrets quant aux différences morales et mentales qui seraient peut-être inhérentes à la nature de chacun. Ce qu’on appelle aujourd’hui la nature des femmes est quelque chose d’éminemment artificiel, résultant d’une répression forcée de certains aspects de celle-ci, parallèlement à une stimulation exagérée et anormale d’autres aspects. On peut affirmer sans hésitation qu’aucun groupe assujetti n’a subi une telle déformation du caractère de ses membres, c’est dans ce cas seulement que la relation avec le maître a produit un tel déséquilibre des tendances naturelles de la personnalité. »

L’asservissement des femmes» John Stuart Mill, 1869)

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