Pages féminines d’un autre temps… La crise du mariage

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LA CRISE DES MARIAGES EN FRANCE

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Pourquoi on se marie moins qu’autrefois – La femme ne veut plus être un jouet

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Paris, 18 – Les mariages en France deviennent de plus en plus rares et, selon des  confidences faites au Journal « L’œuvre » cela est dû au fait que les femmes jouissent d’une plus grande indépendance « économique ».

La plupart de celles qui ont été interviewées ont répondu qu’elles ne tenaient plus à être « le jouet de leur ami » ou à remplir le rôle d’une poupée, quand elles peuvent jouir d’une plus grande liberté en vivant de leurs propres ressources. Rares sont les jeunes filles qui désirent fonder de grosses familles ou remplir le rôle de servantes.

La dote désuète

La traditionnelle dot que toute jeune fille doit apporter avec elle  en se mariant tente de tomber en désuétude. Aujourd’hui, seules les jeunes filles riches et de famille apportent une dote à leur mari. Pourquoi, disent-elles apporter de l’argent à un homme? Pour qu’il le dépense avec d’autres? Pour qu’il s’achète une voiture ou qu’il joue aux chevaux? La mentalité féminine s’américanise : c’est à l’homme à faire vivre sa femme!

Chez les prolétaires

Aussi, dans la classe ouvrière, ou l’on apprend mieux qu’ailleurs la valeur de l’argent, la dot n’existe plus. Aussi, les mariages sont-ils une affaire d’affection, une affaire de cœur plutôt qu’une affaire de bourse.

Il faut dire que la guerre a de fond en comble altéré la mentalité chez la femme. Laissée seule et souvent appauvrie par la mort d’un mari ou d’un père, la femme s’est mise au travail courageusement, pour ne pas crever de faim. Le goût du travail à l’extérieur est venu se joindre à la nécessité de gagner sa vie. Gagner de l’argent est agréable, avec cette conséquence que la femme préfère aujourd’hui la besogne de bureau ou d’atelier aux corvées domestiques.

Discutant de ce problème matrimonial, Madame Yvonne Netter, avocate au Barreau de Paris, jette tout le tort sur les hommes, disant que ce sont eux qui ont gâté le mariage par une odieuse dilapidation de la dot de leur femme. « Même au temps des révolutions et des guerres de religion, remarque-t-elle, on se mariait mieux. »

(Le Petit Journal, Montréal, 19 avril 1931)

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