Pages féminines d’un autre temps…Mesdames, votre place est à la maison

La société veut-elle ses femmes désaxées? (Par Simone Gélinas)

Un homme qui voulait être aimable et qui croyait nous faire un grand compliment, me disait l’autre jour que la femme directrice de son foyer est une des plus grandes spécialistes. Je n’ai pas contredit notre ami, dont les sentiments à notre endroit sont des meilleurs, mais s’il y a quelque chose qu’une femme responsable de sa famille ne fait point, c’est bien de la spécialisation. Elle est en fait, dans le domaine domestique, ce qu’est à la médecine le docteur de famille; …elle fait de la pratique générale.

Je ne crois pas qu’’il y ait nulle part une action plus universelle que celle de la femme compétente à son foyer, qui est tour à tour éducatrice, organisatrice, femme de peine et hôtesse, cuisinière et couturière, comptable et acheteuse, conseillère et coordinatrice, décoratrice et rénovatrice, répétitrice des écoliers et associée aux affaires de son mari, dispensatrice de culture pour ses enfants, qu’elle initie aux beautés de la vie.

Elle est évidemment trop universelle pour être spécialisée dans un domaine plus que dans un autre. Une canalisation trop profonde aurait sûrement pour résultat de lui faire embrasser moins grand, de lui faire négliger, dans sa grande entreprise, des items essentiels, en resserrant, en diminuant le cercle de ses activités.

Cette universalité d’action, les femmes l’expriment d’ailleurs humblement lorsqu’elles la résument par ces mots : « Bien s’organiser, afin de ne rien négliger! ».

On ne saurait croire d’ailleurs toute la discipline que cette simple phrase implique : c’est le mot d’ordre de la femme qui fait abstraction de ses préférences et de ses caprices, qui accepte avec le même bon vouloir les tâches détestables et les entreprises préférées. Je n’ai pas encore rencontré une femme qui ait éprouvé quelque plaisir au lavage de la vaisselle, par exemple, et pourtant celle-ci régulièrement est entretenue, trois fois le jour, sans qu’il y ait, de la part de celle qui s’en charge, de plaintes ou de récriminations. Par contre, toutes les femmes que j’ai rencontrées aiment le tricot, les ouvrages de fantaisie, et, malgré cette prédilection, les heures qui sont consacrées à ce genre de travail ne viennent jamais en conflit avec le temps réclamé par des entreprises moins agréables.

Bref, dans la société, la femme gardienne de la famille a des responsabilités si grandes et si complexes, dont elle s’acquitte avec une si remarquable compétence, qu’elle en devient indiscutablement la personne la plus nécessaire, celle dont peut le moins se passer le monde organisé.

Il est donc compréhensible qu’on veuille la conserver à la famille, ou elle n’est point remplaçable. Le jour ou on aura réussi à la convaincre qu’elle est plus utile ailleurs qu’au sein de la famille, c’en sera fait de la civilisation!

Et pourtant, il n’est presque pas de domaines ou la femme ne puisse exceller ou mériter d’occuper les premières places. Elle possède cet esprit du devoir, cette maîtrise de soi-même, qui lui font accepter tout ce qui est exigé de la tâche à accomplir. Travailleuse consciencieuse et prodigue de ses efforts, elle peut facilement atteindre les plus hauts postes; mais, indifférente aux honneurs, elle se contente généralement d’être la conseillère d’un supérieur souvent moins capable qu’elle-même.

C’est un fait reconnu que la femme moderne peut faire une enviable réputation dans tous les métiers, dans toutes les carrières, dans toutes les professions, mais aucune de ces situations, si brillante soit-elle, n’a sur elle l’attrait qu’opère cette complexe responsabilité, la direction d’un foyer.

(…)

Ce n’est donc point un état d’infériorité qui la retient au foyer, mais l’essence même de sa supériorité; ses capacités sont si grandes que sa présence y est essentielle. (…)

(Le Petit Journal, 13 avril 1952)

Suivez et aimez nous:

Quelques suggestions de lecture supplémentaire :

Pages féminines d'un autre temps...Le mariage ou comment se colleter avec un iceberg

Simple le vie de couple? Que nenni! Déjà le Petit Journal, en 1964, nous mettait en garde. Le mariage, sachez-le, c'est comme se battre avec un Iceberg ! ***** On le connaît en surface, les neuf-dixièmes sont cachés SE[...]

Retour dans le temps, prise 3 ou l'Éducation ménagère au temps de nos arrières grand-mères

Photo: IStock Une fois de plus, hier, en ce samedi pluvieux et gris, je me suis plongée dans ma pile de vieux journaux plus que centenaires, destinés vers 1900 aux jeunes femmes qu'on disait accomplies...   L'éducation ménagère*[...]

Pages féminines d’un autre temps…Les sourcils vous ne froncerez jamais

Autres temps, autres mœurs ? Peut-être pas tant que cela finalement ! ***** POUR ACQUÉRIR LA BEAUTÉ LES SOINS DU VISAGE  LE FRONCEMENT DES SOURCILS DONNE UNE EXPRESSION DURE À LA PHYSIONOMIE  (Écrit spécialement pour le « Petite Journal » par Ninon) Si vous[...]

Pages féminines d'un autre temps...De l'art de conserver son prestige aux yeux de son mari

L’ART DE CONSERVER SON PRESTIGE AUX YEUX DE SON MARI, EN EMPLOYANT QUELQUES PETITS TRUCS DE COQUETTERIE Tenir sa mise en plis en bon état, en refaire les boucles au besoin, porter un filet pour maintenir[...]

Pages féminines d'un autre temps...Les dix commandements qui Messieurs, feront de vous un bon époux cette année

Hier, je vous donnais les dix résolutions de début d'année s'adressant aux femmes, telles que publiées dans le journal au début de 1963? Voici la version s'adressant aux Messieurs ! Et je vous préviens, c'est assez fascinant[...]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.