Paradis artificiels

Crédit: IStock

Ces jours-ci, une question me « turlupine » particulièrement…. Pourquoi faire simple, quant on peut faire compliqué? Une question qui semble être devenue le mantra de nos sociétés modernes… Alors que moi, tout ce que je voudrais pour mon 2013, c’est de me simplifier la vie!

Et pas qu’un peu je vous assure !

Fort heureusement, il semble que je ne sois pas la seule à me sentir ainsi puisque les articles sur le sujet semblent ces jours ci de plus en plus nombreux. Cet article de Josée Blanchette par exemple qui ce matin, dans Le Devoir, se demande si la grande responsable de nos vies compliquées ce ne serait pas tout simplement cette chère notion de Sainte-Liberté qui nous impose de faire continuellement des choix. Ou encore, dans ce dossier de L’Actualité en cours qui traîne sur ma commode depuis quelques jours, et qui affirme que pour mieux vivre en 2013, la tendance serait à la simplicité….

Est-ce l’effet de janvier qui nous incite, après la débauche de dépenses pour les cadeaux de Noël et autres repas pantagruéliques, à nous recentrer sur l’essentiel?

Peut-être bien!

N’empêche! En me promenant dans les allées de mon supermarché, je ne peux m’empêcher de réaliser, à chaque fois, que le simple fait de me procurer du beurre d’arachides – par exemple – soit devenu une tache complètement démentielle! Format sans sel? Nature? Sans ajouts? Marque maison? Avec arachides que l’on peut croquer en bouche? Crémeux? Car bien sur, me contenter de la recette originale signifierait purement et simplement que j’aurais renoncé à mon droit d’exercer mon jugement et ma capacité de choisir…

Et ça ne s’arrête pas là bien sur! Les entreprises s’évertuant à nous proposer de plus en plus de nouveaux produits sur les tablettes, céréales et autres produits probiotiques aux pouvoirs prétendument miraculeux. Que bien sur, nous serions idiots d’ignorer puisqu’ils feront de nous (c’est leur promesse!) des êtres à la santé débordante!

Et là encore, déceptions à l’horizon (comme je l’ai constaté avec cette nouvelle marque de céréales que j’avais plutôt aimée), puisqu’une fois l’un de ces nouveaux produits essayé et adopté par la famille, vous n’êtes pas assurés qu’il demeure sur les tablettes! Car bien sur, le but est d’en vendre des quantités industrielles!!! Et vous constatez alors que vous êtes revenus au point de départ! Vos céréales maintenant favorites ayant purement et simplement …disparues du marché!

Comme on le dit si bien dans cet article tiré du journal Le Devoir, « Le choix s’est muté en tyran qui nous confronte à notre peur de l’échec et à notre culpabilité face au « mauvais » choix. Réussir, c’est choisir. » Et j’ajouterais que de refuser de choisir, c’est peut-être devenu une sorte de péché moderne!

Le pire tabou qui soit!

Néanmoins, la chose ne serait pas si terrible. il me semble, si elle se bornait au domaine de la consommation purement commerciale. Mais voilà, ces jours ci, on parle énormément de cette éventualité de modifier la loi afin de permettre le suicide assisté pour alléger les souffrances des personnes en fin de vie.

Et là, je me questionne vraiment! Car une fois mon tour arrivé, mon corps se soumettant au poids des années, me sentirais-je égoïste de vouloir vivre? Serais-je jugée de m’obstiner à être « un poids » pour la société alors que la loi nous « permettra » (probablement que ce sera le cas une fois rendue là!) d’alléger ce qui pourrait paraître comme de la souffrance pour certains mais qu’à cette heure, armée de ma vision de femme de 43 ans, je perçois comme une étape de la vie!

Car comme mon grand-père l’a toujours affirmé, la seule justice qui soit en ce bas monde c’est probablement que nous allons tous vieillir. Et mourir. Et je serais tentée d’ajouter que nous mourrons tous, « chacun à son heure ».

Bien sur, peut-être que mes vieux jours arrivés et mon corps déclinant, je penserai autrement. Mais aujourd’hui, je revendique bien fort ce droit de vieillir. De ne pas être parfaite. De ne pas toujours être à la hauteur. De ne pas toujours savoir ou je m’en vais dans ma vie. De ne pas être convaincue d’avoir toujours fait les bons choix et de trouver cela très bien ainsi. De manger mon beurre d’arachides non pas pour la quantité de sel qu’il contient mais parce que j’en aime le goût.

D’avoir envie de me simplifier la vie.

Même si la simple idée de ne pas prendre tout ce que nos vies modernes nous offrent aujourd’hui (le choix à outrance!) semble être en soi un horrible anachronisme!

Et puis je me rappelle cette citation…

« Le bonheur, c’est aussi un choix » (-David Sandes)

Zut alors!

Tant pis! (Ou tant mieux! 😉 )

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6 commentaires sur “Paradis artificiels

  1. On lit les mêmes articles et on se pose les mêmes questions.
    Est-ce à dire qu’on est dans l’ère du temps?
    Moi qui ne l’a jamais été ou très peu… Toujours un peu à côté, ou en retard ou en avance…
    Serait-ce qu’à 41 ans, je sois arrivée à être pile poil dans les questionnements de l’heure??

    J’adore venir ici.
    les textes sont toujours bien ficelés et les sujets m’interpellent!
    Merci!

    1. Merci pour tes bons mots Laluna !!! Je pense que ces questionnements viennent peut-être naturellement la quarantaine venue…. Un moment donné, on a envie de faire des choses qui aient du sens et non pas juste pour suivre une mode ou pour répondre aux demandes de la sociétés ou de ces entreprises dont le seul but et de faire de plus en plus d’argent.

      Je suis contente que mes chroniques te plaisent 😉 Parfois, avant de les écrire, les choses (liens, argumentaires, etc) me semblent confus mais le faire d’écrire, ça aide à mettre de l’ordre dans le bordel de mes idées 🙂

      Marie

  2. Bonjour Marie,

    Tu as vu sur les tablettes des pharmacies tous ces choix de médicaments contre les maux de tête ? C’est à se payer une migraine à tout casser que de vouloir choisir le bon ; n’est-ce pas ces nouveaux qui contiennent ceci, mais pas cela, ou ces autres qui par le passé étaient considérés comme les « plusses » meilleurs ?

    C’est ainsi dans tellement de domaine. Je me souviens de ma mère qui n’avait qu’un seul détergent pour le lavage et la même chose pour beaucoup de produits, notamment le beurre d’arachides.

    Le seul but de tous ces choix – trop de choix selon moi – ce sont les Compagnies qui en bénéficient le plus, car nous, pauvres consommateurs, en perdons notre latin, grec, espagnol, français… Tu vois ce que je veux dire.

    Je te souhaite une bonne journée et n’avoir qu’un seul choix, aujourd’hui, celui d’être heureuse le plus possible. Et c’est gratuit…

    Marjo

    1. Bonjour Marjo !! C’est vrai que la multiplication des choix et des options et devenue complètement démente ! L’effort fourni pour en venir à un choix devient bien souvent complètement disproportionné avec la valeur de l’objet que l’on veut acheter ! On dit qu’en moyenne, l’esprit humain peut évaluer jusqu’à 7 possibilités. Passé cette quantité, il paralyse. Et j’avoue que tu es vraiment dans le mille lorsque tu parles des médicaments pour la migraine, une expérience à laquelle j’ai moi aussi été confrontée 🙂 Maintenant, plus de questionnements inutiles (surtout lorsque j’ai la migraine !), je me dirige toujours vers le même médicament qui a ce jour, – merci mon Dieu ! – est toujours sur le marché :-)))) Comme tu le dis si bien, au final, ce n’est pas le consommateur qui bénéficie de tout ce choix mais bien les commerçants dont le but est d’engranger le plus de profits possibles…

      Bonne journée à toi aussi 🙂

      Marie

  3. Nous sommes dans une grande société de consommation et c’est bien sur payant pour les industries.Jeune je ne connaissais que des anannas en canne,des pruneaux en pot, des pêches en cannes,etc..On mangeait surtout les petits fruits des champs.Pour les légumes c’était la même chose, des brocolis,des chou-fleur on ne connaissait pas ça. Que dire des céréales.Shampoings,pâtes dentifrices,pâtes alimentaires, etc…Les publicités se poussent du coude pour prendre la place. On ne sait plus trop quoi choisir.Incroyable quand même quand on pense que des millions de gens n’ont même pas l’essentiel. Et en plus,combien de gaspillage s’en vont dans les conteneurs à déchets? Ouff j’arrête. Moi aussi je réfléchi beaucoup sur le suicide assisté.J’ai vécu le décès d’une amie qui avait un cancer et même si elle savait qu’elle n’allait pas s’en sortir,elle refusait de se préparer.(Notaire)Quand elle est entrée au soin palliatif elle a beaucoup pleuré en voyant la petite affiche au dessus du corridor.Elle a longtemps refusé les médicaments tant qu’elle a pu.Elle a beaucoup souffert pendant des semaines.Un oncle atteint de cancer et qui savait qu’il n’y avait rien à faire il a demandé de partir ne voulant pas traîner.Il parlait ouvertement de son départ à tout son monde.Pendant plus d’un an.Il voulait une piqure pour partir en douceur au moment choisi.Il est parti avec un sourire écoutant son fils lui chanter sa chanson préférée. Je connais plein de gens âgés qui ont la santé et la joie de vivre et des plus jeunes très malades depuis toujours et qui sont tannés de se battre car ils savent très bien que leur danté va aller en se dégradant toujours.Je me dis qui suis je pour juger? Je ne connais pas mon avenir.Mais concernant la façon dont je veux partir j’aimerais que l’on reconnaisse ma demande et mon désir.En toute lucidité ma décision pourrait être prise avec deux trois médecins.Si un proche très malade faisait un choix bien éclairé en quoi aurais le droit de m’opposer? Bien sur accepter de laisser aller un être que l’on aime plus que tout c’est attroce mais l’aimer c’est aussi le laisser partir je crois non?. Pourquoi dans ma vie d’aujourd’hui je fais mes propres choix de vie et qu’en fin de vie ce serait à la société de choisir ce qui est le mieux pour moi? C’est un sujet très délicat qui va faire encore beaucoup jaser. Désolée je suis longue.Bonne fin de semaine Marie.Excellent tes billets qui me font voir plus loin que mon petit nombril merci!

    1. Bonjour Étoile !! C’est vrai que le sujet du suicide assisté est difficile parce qu’il nous interpelle tous ! J’ai vu moi aussi mon grand-père en fin de vie et il était loin d’être heureux ! En fait, il ne demandait qu’une chose: que ma grand-mère vienne le chercher ! Lui qui avait passé sa vie dans la nature à planter des arbres se retrouvait dans un centre, incapable même de se lever pour faire ses besoins… C’est étonnant parfois de voir combien le corps humain peut être résistant alors même que notre tête ne veut tout simplement plus vivre… C’est loin d’être évident bien sur de se faire une idée sur le sujet! Parce que, clairement, on a pas eu à vivre cela (pas encore !). Le mieux qu’on puisse souhaiter c’est que tout se termine dans notre sommeil, paisiblement, sans qu’on s’en rende compte. Sans être malade surtout ! Mais là encore, ce n’est pas nous qui décidons ! Mais je pense que cette fin de vie peut aussi être riche d’enseignement ! Il y a plein de choses qu’on ne comprend pas sur terre: ce qu’on fait ici, le but de nos vies et à quoi ça sert tout ça. Peut-être que j’espère bêtement que certaines réponses nous viennent au moment de mourir, alors qu’on a plus rien à perdre ? Mais peut-être qu’au bout de la route, vient un moment ou on imagine en avoir assez vu ?

      Clairement, c’est un débat qui a sa raison d’être ! Car nous sommes ou seront tous impliqués un jour ou l’autre !

      Bonne fin de journée à toi ma chère Étoile!!

      Marie

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