Parce que la mer(e) n’est pas toujours calme

Crédit: Photo-Libre.fr
Mon Dieu que parfois, ça semble difficile d’être un bon parent ! 

N’avez-vous pas vous aussi remarqué cette tendance actuelle à critiquer les modèles des autres, comme si la personne qui parle avait la vérité infuse ?

L’an passé, c’était un livre écrit par une mère chinoise, Amy Chua, professeur à l’Université Yale qui déclenchait un tollé alors qu’elle affirmait haut et fort que seule les mères chinoises étaient à la hauteur de leur tache. En effet, dans son livre « L’Hymne à la mère Tigre » (« Battle Hymn of the Tiger Mother » en version originale), elle affirmait ainsi que la méthode d’éducation à la chinoise était de loin supérieure aux autres parce que complètement axée sur le développement de l’intelligence et de la performance de leurs enfants. Exit la télévision et les jeux vidéos et obligation pour tous d’apprendre au moins un instrument de musique !

J’en avais moi-même parlé, tout juste ici

Plus récemment, c’est Pamela Druckerman, une ancienne journaliste du Wall Street Journal qui a mis son grain de sel personnel en publiant un autre ouvrage, valorisant celui-ci le modèle des mères françaises qui selon l’auteure, tiendraient le haut du pavé au niveau de l’éducation de leurs enfants.

Américaine, mère de trois enfants et ayant vécu pendant quelques années à Paris, Pamela Druckerman publiait rien de moins qu’un éloge vivant de la mère française et de son art d’élever les enfants. Ainsi, dans « French children don’t throw food. Parenting secrets from Paris » elle s’étonnait que les petits français fassent leur nuit à deux mois. Que s’’ils pleurent, on attende de voir s’ils se calment spontanément avant de finir par les prendre dans les bras. Et que plus tard, l’enfant se doive d’avaler une nourriture variée, sans manger entre les repas. Et qu’au restaurant, le petit Français se tienne bien, utilise ses couverts ne sorte pas de table sans qu’on ne l’y autorise. Et puis, qu’il n’ait pas le droit d’interrompre une conversation entre adultes et, en cas d’infraction, se fasse « crier dessus » voire taper sur les fesses. 

On en a parlé dans la presse, ici puis ici 

Et puis, voilà que cet été, c’est le Courrier International qui dans un supplément spécial fort intéressant (Parents, mais comment font-ils ? Tour du monde des grands principes et des petits compromis familiaux. No 1134, 26 juillet au 15 août 2012), partait à la recherche du parent parfait. Chinois, français, bolivien, mongol, mélanésien,… Une série de livres, tous des best-sellers récents, chacun vantant la supériorité des modèles éducatifs venus d’ailleurs….

Je m’interroge… Depuis quant le fait d’être mère est-il devenu une compétition ?

Car en lisant sur le thème un peu partout, je me rends compte que j’en ai un peu marre de cette tendance à vouloir juger les autres. Allant même jusqu’à nous juger entre nous. Même certains blogues féminins dont les auteures, sous prétexte de vouloir prétendre être des mères imparfaites et d’être fières de l’être, tombent carrément dans le jugement de valeurs. Consacrant multitude de billets à juger toutes ces mères qui un jour ou l’autre, sont au bout de leur rouleau et ont le malheur de ne pas savoir le cacher, l’espace de ne serait-ce que d’une infime seconde….

Mon Dieu que parfois, ça semble difficile d’être une bonne mère ! Mais au fond, peut-être que l’essentiel réside tout simplement dans le fait que je sois la meilleure mère….aux yeux de mon fils non ?

Néanmoins, je persiste à continuer de rêver de ce jour ou nous les mères, nous rencontrerons dans la rue, nous saluant d’un air empreint de solidarité. 

Loin des jugements un peu vains et inutiles. 

Parce qu’être au bout de son rouleau, ça nous arrive toutes un jour ou l’autre. Quoi qu’on en dise !
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4 commentaires sur “Parce que la mer(e) n’est pas toujours calme

  1. C'est quoi être une bonne mère aujourd'hui?Je crois que cette question se posait il y a un siècle?Maintenant on a le choix d'être mère où pas. Mais on a pas de livre qui vient avec et les attentes sont grandes et pas juste en tant que mère où père, mais partout dans notre quotidien.Il m'arrive de juger certains comportements comme j'ai été jugé moi aussi jadis.Mon fils a 34 ans et les façons d'élever nos enfants changent. Je dis bien élever car pour moi avoir un enfant c'est aussi faire le choix de l'élever du mieux qu'on peux avec nos propres valeurs,nos forces et nos faiblesses.Ce sera à l'adulte de choisir ce qu'il voudra garder de l'éducation reçue.Je me suis souvent posé la question si j'étais une bonne mère et encore aujourd'hui car je suis en relation d'adulte maintenant avec mon fils. Nous sommes parents à vie et il n'y a personne de parfait mais il y a malheureusement des parents qui auraient besoin de support.Comment donner ce que l'on a pas reçu?Oui parfois je juge certaines actions,je ne le dis pas tout haut mais je pense aux enfants qui eux ont toute la vie devant eux.Et je pense aussi aux parents qui auront toute la vie pour se poser des questions sur leur façon d'élever leurs enfants.Bon billet Marie Merci!

    1. Je me dis parfois qu'il doit y avoir autant de parents différents qu'il y a d'enfants. Mais comme toi, je me dis que clairement, il y a des parents qui auraient besoin de support mais qui se font juger à la place. Bien sur, avoir des enfants, ça ne vient pas avec un mode d'emploi: nous aussi on apprend énormément d'eux. Mais je trouve qu'en nous, nous sommes parfois bien dures alors que nous gagnerions sans aucun doute à être un peu plus compatissants les uns envers les autres.

      Un samedi cet été, nous avons reçu un couple d'amis qui nous est cher. Avec leurs deux enfants, nous avons passé l'après-midi à profiter du soleil et de la piscine. Un moment donné, un peu avant leur départ, mon fils a fait une méga-crise: Il ne voulait pas sortir de la piscine ! La honte bien sur lorsqu'on se retrouve devant des proches (et même des moins proches) car on se dit alors: mais que vont ils penser ? Mais non ! Eux se sont mis à nous remercier à deux genoux de leur permettre de voir qu'ils n'étaient pas seuls à vivre ce genre de situation. Car bien sur, on oublie parfois que tous les enfants ont ce genre de moments. Mais d'autres parents (ou des gens qui n'ont pas d'enfants !) seraient retournés chez eux en racontant à tous vents que notre fils était un enfant capricieux et gâté. Alors que nous qui le connaissons bien puisque c'est notre enfant à nous, savons très bien qu'il n'est pas toujours ainsi. Il était tout simplement sérieusement du pour aller dormir !!!

      Mais c'est vrai que devenir parents, ça vient sans aucun doute avec des tonnes de questionnements ! Et j'ai la chance d'avoir le papa qui s'implique. Je te lève vraiment mon chapeau d'avoir élevé ton fils seul. Pour avoir vue ma mère nous élever nous, tous les trois, seule, je sais ce que ça implique de difficulté ! Je n'ai aucun doute que tu as fait de ton mieux, et même plus 😉

      Une belle journée à toi Étoile !

  2. C'est vrai, je compatis ma chère Marie.

    Tu vois j'ai cessé de lire certains blogues car je me sens présentement étouffée par les jugements de toute et chacune, commentaires négatifs et non constructifs il va s'en dire.

    Toutefois, donner le meilleur de toi-même, selon les valeurs qui te sont chères en étant une maman heureuse, avec ses hauts et ses bas, sera assurément le meilleur enseignement pour ton petit trésor. Tu es une excellente maman, j'en suis convaincue… le fait de te questionner, de réfléchir à la question en témoigne.

    Crois en toi, ne te compare pas, accorde-toi des «moments-maman» en expliquant à ton petit que c'est important de penser à soi de temps à autre 😉 car Femmes que nous sommes, nous nous sentons coupables de penser à nous et nous nous oublions trop souvent! Tu seras plus zen par la suite et ton garçon verra assurément la différence.

    Lâche pas Marie, tu n'es pas parfaite mais tu es TOI! 😉
    De toute façon, personne ne l'est quoiqu'on en dise!

    Je pense très fort à toi!
    Carina 😉

    1. Allo Carina ! Probablement que nous sommes parfois dépassées mais c'est tant mieux peut-être ! Ça nous oblige à nous remettre en question à certains moments ! Comme toi, je pense que la meilleure chose à faire devant les biens pensants de la parentalité, c'est peut-être de s'entourer de ceux qui nous font du bien et qui nous apportent un certain support, même juste avec leur présence. Et « débrancher » tout ce qui nous vampirise, jugements à l'emporte-pièce compris.

      Prends soin de toi toi aussi chère Carina: à te lire récemment, j'ai compris que tu en avais besoin (et tout à fait le droit, sois en certaines 😉

      Marie

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