Parce qu’on fini toujours par se retrouver seul face à soi même…

Breakfast at Tiffany’s

Breakfast at Tiffany’s. Pour la première fois en six mois, j’étais seule chez moi dans mon salon à plier mon linge que j’avais moi-même lavé dans ma machine à laver dans ma maison.

Depuis les derniers six mois, je travaille dans un camp minier en Mauritanie (à l’Ouest du Mali et Sud du Maroc – je vous en reparlerai bientôt). J’y passe quarante jours sur soixante. Je mange dans une cafétéria. Des hommes enturbannés font mon lavage. Je ne me maquille pas. Je mets les mêmes bas deux jours de suite. Je me lève et me couche au son des prières. Je suis rarement chez moi.

Enfin, j’étais de retour à la maison: le sofa, l’après-midi nuageux, le chat qui ronronne à côté, la télé, la manette. C’était la recette parfaite pour me laisser tenter par l’écran noir qui gît au-dessus du faux-foyer électrique. J’allume la télé et je me retrouve sur Breakfast at Tiffany’s, Audrey Hepburn, 1961 et je plie mon linge, en pensant.

Comme Marie vous l’a décrit il y a quelques semaines, je suis ingénieure minier. Je ne suis pas ingénieure minier depuis longtemps, 2 ans en tout, et je ne peux définir le moment exact où je suis « devenue » ingénieure minier. Je ne suis même pas encore certaine d’avoir subie une transformation complète. Bon, je pourrais passer beaucoup de temps à m’interroger sur le fait que j’ai choisi de me définir selon le titre inscrit sur ma carte d’affaire (un titre qui ne correspond d’ailleurs pas au titre inscrit sur le diplôme qui me permet d’inscrire le dit titre sur la dite carte d’affaire – mon diplôme me déclare bachelière en sciences appliquées). Peu importe, je plie mon linge en écoutant les complaintes d’Audrey alias Holly et tout me semble bien clair pour un instant. On finit toujours par se retrouver en face de soi-même.

Tout au long du film, Holly se décrit comme un animal sauvage qui ne peut être mis en cage. Elle fuit sa vie en campagne, se divorce, change son nom, utilise un vieux bain en lieu de sofa, boit du champagne le matin. L’homme qui l’aime, Paul, lui fait remarquer qu’elle se crée elle-même une cage en se sauvant de la réalité. Peu importe où on essaie de se sauver, on finit toujours pas se retrouver en face de soi-même.

J’ai choisi ma carrière pour des raisons complexes. Ma famille est dans les mines depuis des générations. L’industrie minière a besoin de sang frais, d’idées pour renouveler sa culture si capitaliste et colonialiste. Au moment où j’ai fait mon choix, 17 ans et à peine pubère, je voulais courir, m’en aller, échapper à la réalité de la vie qu’une jeune femme « devrait » avoir. Famille, amour, amis, vernis à ongle et cours de yoga. Pour être franche, je n’y ai même pas vraiment pensé tant que ça. J’ai choisi de travailler à l’étranger pour apprendre à me connaître, pour me déstabiliser ou quelque chose comme ça. Pourtant, même lorsque je me retrouve perdue à 23 ans dans des aéroports, dans des hôtels, je fais toujours face à moi-même, à mes choix. La seule vraie chance d’avoir une vie complète et heureuse c’est d’accepter de toujours se retrouver avec soi-même. Par temps, réconfortant, par d’autres, déconcertant.

Audrey alias Holly ouvre la porte de sa cage et ouvre son cœur à Paul. Je suis chez moi, je suis moi et je verrai bien où je m’en vais avec toutes mes folies.

Caro

 

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5 commentaires sur “Parce qu’on fini toujours par se retrouver seul face à soi même…

  1. J’ai toujours eu une admiration « secrète » pour ces femmes qui osent : que ce soit en travail ou autres facettes de la vie. Si je les admire autant, c’est peut-être parce que j’ai peu osé dans la vie – ô de petites révoltes -, mais point de grandes. Est-ce parce que la vie m’a assez gâtée point de vue amour famille et travail ? Je ne sais trop. Mais comme toute femme, il m’est arrivée de penser « et si j’osais ceci ou cela… ? »

    Quel beau texte ! Merci Marie de nous l’avoir partagé.

    Bonne fin de semaine,

    Marjo

    1. Bonjour Marjo ! Comme toi, moi aussi j’aurais aimé oser plus. À vingts ans, je rêvais de partir vivre et étudier à Paris pour un an ou deux. J’aurais travaillé dans un café pour gagner ma croute. Par insécurité, je n’ai jamais osé. Et j’ose à peine avouer que mon premier voyage, à Paris justement, je l’ai fait alors que j’avais 31 ans !!! Je trouve ça beau et inspirant des femmes qui comme Caroline, prennent des chemins de traverse.

      Merci à Caroline de prendre un peu de son temps très chargé, je n’en doute pas, pour venir partager cela avec nous !

      Bonne journée à toi Marjo !

      Marie

    2. Bonjour Marjo!

      Je trouve ça intéressant que tu admires secrèment les femmes qui osent. Parfois, je sens que c’est moi qui n’ose pas assez. Il me semble que je prenne toujours la décision raisonnable afin de suivre le sentier féministe qui a été si durement tracé par nos grands-mères. Oserai-je me laisser gâter par ma famille et mes amours un de ces jours? Personne n’a de recette magique pour faire une vie parfaite…

      Caroline

  2. Bienvenue Caro heureuse de faire ta connaissance et de te lire chez Marie, on s’y sent très bien tu verras 🙂
    Je vous embrasse et vous souhaite un bon dimanche de ma lointaine France 😉

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