Péripéties littéraires

J’ai avec les livres une relation qu’on pourrait qualifier de particulière. Je les accumule, les lis, les survole et ce, que ce soit lentement avec délectation, rapidement à la vitesse grand V ou bien en diagonale. Quoi qu’il en soit, je résiste difficilement au plaisir sans nom de toucher et de sentir un beau livre et la vue d’une librairie me rend folle, un peu comme un enfant devant un magasin de jouets.

Et sur ma table de chevet, peuvent se voisiner dans un désordre total autant un Soyez femme mais pensez comme un homme de Steve Harvey que La prophétie des andes de James Redfield ou bien encore, Conseils d’une amie pour des temps difficiles de Pema Chödrön (ce dernier livre m’est très utile par les temps qui courent 🙂

À travers tout ça, il y a de ces livres qu’on a littéralement détesté, au point ou on a connu un moment d’extase sans nom le jour ou on a refermé le livre en question. Pour moi ce fut sans aucun doute le livre Belle du Seigneur de Cohen ! C’est long, il y a des descriptions à n’en plus finir. L’un des personnages est le comble de la fainéantise qu’on suit pendant au moins trois chapitres alors qu’il joue avec un crayon,…L’autre (sa femme) prend son bain pendant quelque 3-4 chapitres et on assiste au défilement sans queue ni tête de ses pensées (et ce sans aucune virgule ni aucun point…) Long que je vous dis! (et essoufflant !) J’avais à l’époque trouvé ce titre sur une liste du genre « les 100 meilleurs livres du XXième siècle ».

Me voilà donc qui court à la librairie pour me procurer celui-ci, prenant soin de le suggérer à mon amie Carla. J’ai finalement délaissé ce livre à la 500ième pages (sur environ 1500). Mais, le destin qui aime s’amuser; voilà l’amie en question qui arrive avec le même livre qu’elle venait d’acheter….J’ai finalement lu le livre en entier, ça m’a pris environ 1 an mais, encore aujourd’hui c’est le livre qui m’a le plus marqué. Par son style, par ses descriptions, par son rythme, etc. Indescriptible !

Disons que je pourrais qualifier ça « d’expérience » !

Vous comprendrez donc que lorsque j’ai envoyé un courriel à Carla pour lui suggérer un nouveau livre que j’avais découvert, « Un cœur glacé » de l’auteure espagnole Almudena Grandes, elle s’est (comment dirait-on?) méfiée un peu et a plutôt suggéré que je lise les 500 premières pages en premier (en éclaireur ?) !

Elle a cru bon au passage de me rappeler la « passe de l’aiguisoir » du livre de Cohen, me citant un extrait au cas ou j’aurais oublié : « je les vois pris devant ma matérialité d’un malaise de supériorité d’une hauteur de spiritualité jamais expliquée mais toujours écrasante […] leur spiritualité justifie l’injustice et leur permet de garder leur bonne conscience et de leurs rentes […] oui Dieu existe si peu que j’en ai honte pour Lui […]».

Sommes- nous donc les deux seules folles à avoir lu ce livre en entier ? Dans le genre d’un couvert à l’autre ? (Vous ais-je dit que les questionnements n’épargnaient aucune sphère de ma vie ?)

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2 commentaires sur “Péripéties littéraires

  1. Suggestion de lecture : Guerre et Paix de Tolstoi. Je suis encore sous le choc! J'aurais dû consulter wikipedia avant de l'entamer. On y dit que ''L'immensité de l'œuvre la rend très difficile à résumer de façon claire et concise''… Ca aurait peut-être allumé une petite lumière d'alarme dans mon esprit. Bon, en plus d'être cinglée, je suis sûrement masochiste car je n'ai aucun contrôle devant ces briques. C'est plus fort que moi, il faut que je tourne la dernière page. Dans le métro, les gens me regardent avec des regards étranges… Ben oui, mesdames et messieurs, je suis cinglée! Voilà tout!

    Et puis, les premières 500 page de ''Un coeur glacé''? C'est comment?

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