Quelques digressions et autres considérations sur le droit d’auteur

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Depuis le début de cette année, comme vous le savez, je parle de façon hebdomadaire, chaque lundi, d’un sujet lié aux coulisses de mon blogue.

Et, un peu comme un effet parallèle, le processus m’a amenée à réfléchir à ce blogue, à ce que j’avais envie d’en faire. Mais surtout, à une certaine réflexion sur le «jusqu’où» je suis vraiment prête à mettre l’entièreté de mes écrits ici.

Parce que c’est un fait que dès qu’on écrit le moindrement avec le but, même plus ou moins inavoué, de voir éventuellement ses écrits publiés, il reste que demeure toujours, de façon un peu souterraine mais néanmoins présente, cette crainte de se faire voler ses idées.

Qu’est-ce qui me dit en effet que certains de mes billets ne sont pas repris ailleurs, sur un site quelconque, dans une langue étrangère? Son «auteur» se confortant de la certitude que de toutes façons, je n’en saurai rien?

Il y a assurément toujours, un peu tapie au fond de nous lorsqu’on écrit, cette peur que quelqu’un quelque part ait l’audace de voler ce sur quoi nous, on a travaillé pendant des années.

Pour ma part, je me fais une fierté de n’avoir jamais plagié qui que ce soit. Et quiconque a lu mon blogue depuis assez longtemps sait pertinemment que je cite toujours les sources des sujets que j’aborde. Que je mets un soin quasi obsessif à rendre à César ce qui appartient à César en ce qui à trait aux crédits des photos que j’utilise. Même quand les conditions de licence pour l’utilisation de certaines photos ne l’exigent pas.

Tellement obsessive sur la question, je dirai, que je suis même allée, lorsque j’étais aux études à l’Université, jusqu’à enguirlander un professeur parce qu’il avait eu le malheur de mettre (par erreur technique comme je l’ai ensuite découvert!) un A dans mon dossier pour un travail…que je n’avais pas encore remis. Et sur lequel je travaillais alors comme une folle.

Il s’était agit d’une banale erreur, comme je l’ai découvert ensuite. Mais je vous jure que je l’ai eu mon «B»! Même si le professeur, je l’avoue, ma vraiment prise pour une folle finie à une époque ou les universités étaient déjà confrontées à la plaie que constituent la tricherie et le phénomène des travaux vendus sur le net pour trois fois rien !

La vérité c’est qu’à mes yeux, ce «B» pour lequel j’avais travaillé comme une forcenée valait plus que tous les faux «A» qu’on aurait pu me donner.  Ce dernier ayant signifié alors que j’avais travaillé pour rien. Et qu’à la limite, mon diplôme n’aurait par conséquent eu aucune valeur.

Je ne serais pas surprise que ce professeur se souvienne encore, des années plus tard, de cette fille, la seule de toute l’histoire de l’Humanité à s’être battue pour une note plus basse!

Bref! Pour revenir au sujet de ce billet, je dirais qu’au cours des années, il m’est arrivé de retrouver certains passages de mes billets, certaines idées, repris ailleurs.

Et je l’avoue ! Je suis alors déchirée entre deux attitudes inconciliables. Soit je laisse passer en me disant que moi, j’ai cette capacité de penser, d’élaborer des idées et de créer qui ne s’invente ni ne s’achète. Soit j’écris à qui de droit pour réclamer ce qui m’est du. À tout le moins qu’on me donne crédit. Comme ça m’est d’ailleurs arrivé de le demander un jour. Je n’ai pas eu d’excuses. Ni de «Je suis désolé». Mais à tout le moins, lorsque je suis repassée sur le site en question dans les jours suivants, on avait retiré ce passage pris dans l’un de mes billets…

D’une part, je suis évidemment très consciente que les idées ça voyage. Et qu’à lire tous les mêmes articles, on en vient peut-être à élaborer les mêmes idées sur un sujet donné. Mais, lorsque des phrases entières sont reprises de façon intégrale, je pense qu’il y a lieu de se questionner!

Non?

Mais, je ne suis néanmoins pas dupe! Je suis tout aussi consciente que pour certaines personnes, ça puisse sembler tentant de piger dans les idées du premier quidam sur internet qui par son travail constant, alimente un blogue. Ces personnes se dédouanant ainsi du fait que de toutes façons, il ne s’agit que d’un petit blogue. Que la personne plagiée ne s’en rendra probablement jamais compte. Et que de toute façon, celle-ci devra le prouver, le cas échéant !

Sauf que dans mon livre à moi, copier, c’est plagier. Et le plagiat ça va à l’encontre du droit d’auteur.

Il n’y a pas de zone d’ombre là-dedans je pense !

Bref ! Tout cela pour dire qu’après avoir vécu quelques mésaventures sur le sujet, je me demande réellement ces temps-ci si c’est vraiment une bonne idée de partager ici les cent premières pages que j’ai écrites de mon livre qui pour l’heure, porte le titre de «L’homme nu». Parce que pour moi, ce livre ce n’est pas qu’un livre. C’est ce projet, infiniment personnel, sur lequel je travaille depuis des années. Celui-ci étant très largement inspiré de la vie de mon père.

Si personnel en fait que parfois, j’en viens à me dire que peut-être, le but n’est-il que de l’écrire. Même si je ne devais jamais avoir l’audace de le publier. Tout simplement parce que même si je peux parfois donner l’impression sur ce blogue de n’avoir pas de filtre, de tout raconter sans la moindre gêne, persistent néanmoins des zones que je préfère garder dans l’ombre. Faute de me sentir un peu comme complètement nue dans la foule.

Parfois, je me dis que peut-être ce livre, «L’homme nu», fait-il partie de ces zones d’ombres que je prendrai un beau jour la décision de préserver.

Et je vous rassure ! On ne parle pas ici de quelque chose d’abstrait. Mais bien d’un quasi livre que mon amie Karla a eu en mains. Et que mon amie Marie-Adrienne qui me coach dans son écriture n’en fini pas de me dire qu’elle ne comprend tout simplement pas cette paralysie soudaine dans l’écriture de mon livre (ouf! Quelle phrase boiteuse ici!). Alors que, clairement, je suis littéralement sur le dernier droit pour en compléter une première version qui se tienne…

Bref ! J’en suis là dans mes réflexions. Pour l’heure, je n’ai pas de réponse.

Mais clairement, la question a de quoi me tenir éveillée la nuit.

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2 commentaires sur “Quelques digressions et autres considérations sur le droit d’auteur

  1. Je trouve normal que des idées que tu écris puissent se retrouver ailleurs (ce qui ne veut pas dire qu’elles viennent de ton blog d’ailleurs). Toi même tes inspirations sont peut-être issues en partie de ce que tu as lu ailleurs. Ce qui fait l’originalité de ton contenu c’est la manière dont tu vas associer ces différentes idées et la réflexion personnelle que tu vas en tirer.
    Par contre, ce n’est clairement pas normal de retrouver des bouts de paragraphes tels quels sur un autre blog. Là ça veut dire que la personne n’a pas du tout réfléchi, elle a juste fait un copié-collé et cela me parait inacceptable. Comment as tu réagit ? A ta place je pense que j’aurais au minima écrit aux bloggeurs en question pour leur demander de retirer ce contenu…

    1. Bonjour Aude ! C’est justement le fait que des passages identiques se soient retrouvés sur l’autre blogue qui ont fait que je m’en suis rendue compte. L’inspiration dont on se sert pour faire sa réflexion, bien sur que ça arrive. Je lui ai écrit et la personne a retiré le passage…. Je pense qu’elle savait très bien ce qu’il en était ! Enfin ! Ce sont juste des choses qui arrivent j’imagine !

      Marie

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