…qui en génèrent d’autres.

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Ainsi, je vous racontais hier qu’en consultant les résultats du recensement de 1911, j’étais tombée récemment sur un détail qui m’avait d’une certaine façon accroché….

Car quiconque a déjà consulté de vieux recensement sait qu’à l’époque, au début du vingtième siècle, les familles étaient pas mal toutes construites sur le même «moule». Soit la femme s’occupant de la maisonnée, l’homme subvenant aux besoins de la famille. Chacun connaissant sa place et son rôle si on peut le dire ainsi! Par conséquent, sur les registres, dans la section «Occupation», la femme ne semblait jamais «rien faire» alors que l’homme lui, était selon la région, souvent agriculteur, parfois commerçant.

Dans de rares exceptions occupant un métier plus rare, comme cet ancêtre qui comme je l’ai découvert, était tailleur de cuir. Mais ça, c’est une histoire sur laquelle je reviendrai à un autre moment.

Enfin bref, voilà donc que sur ce recensement (oui, oui, j’y viens !), j’ai pu découvrir qu’Édouard était sans occupation. Et qu’Adeline était «laveuse», selon le terme utilisé. Ce qui selon ce que j’ai pu en déduire, signifiait qu’elle nettoyait les vêtements des autres…

Une fois encore, nous sommes bien loin du modèle traditionnel lorsque l’on remonte mon histoire familiale…

Je me suis donc demandé si je n’avais pas là un autre «indice» capable de faire dériver tout ce que j’ai cru jusque là. Et suscitant, il va sans dire, nombre d’autres questions! Et si Édouard atteint d’Épilepsie avait été marginalisé, incapable de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille? Le fait étant qu’à l’époque, cette maladie, par manque de connaissances, était assimilée à l’état de folie chez son sujet… Pour avoir vu l’un de mes oncles en crise, je puis assurer que la chose est assez affrayante à voir !

Et si Adeline avait été obligée de palier à ce manque? Et si la mort d’Édouard de la grippe espagnole, alors qu’il était déjà hospitalisé à l’asile n’avait été finalement, et en quelques sortes, qu’un «soulagement » pour elle? En quelque sorte ce qu’elle pourrait avoir perçu comme une deuxième chance de se réinventer face à une situation qui bien sur, devait être bien lourde pour elle…

Est-ce que cela n’expliquerait pas qu’Adeline ne se soit pas présentée aux chevets d’Édouard lorsqu’il a été enterré, en octobre 1918? Qu’elle se soit remariée dès l’été suivant, en juillet 1919, changeant même de ville, comme pour fuir quelque chose. Ou bien commencer une nouvelle vie. Loin du jugement de tous ceux qui les connaissaient et du stigmate probablement laissé sur la famille par la «folie» d’Édouard…

Bien sur, de tout cela, je n’ai absolument aucune certitude! Sauf des indices sur lesquels je me permets de broder allègrement. Mais comment faire autrement ?

Surtout quant les éléments semblent, comme c’est le cas ici, même contre toutes logiques, constituer les pièces d’un immense puzzle qui au final…se tient !

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4 commentaires sur “…qui en génèrent d’autres.

  1. Cette histoire est très étrange en effet.À cette époque les « cachettes » ne manquaient pas.Par contre, les jugements se faisaient amplement. Étonnant quand même que tu parviennes à faire toutes ces trouvailles après un siècle. Les traces ne sont jamais complètement effacées faut croire. Les femmes et les hommes ne l'ont pas eu facile. Mais une femme qui se ramassait toute seule souvent avec plusieurs enfants n'avait pas beaucoup de choix. Je comprends ton goût d'en savoir plus sur ton histoire.Je suis déjà attachée à tes personnages j'ai hâte d'en connaître plus sur eux.Merci de m'en avoir dit un peu plus cette histoire me captive. Bon samedi Marie.

    1. C'est fascinant en effet de voir tout ce qu'on peut trouver, plus d'un siècle plus tard ! Je connais beaucoup de gens qui détestent répondre aux questions lors des recensements mais c'est ce qui fait que cent ans plus tard, on peut savoir comment vivaient nos ancêtres. Pour ma part, j'y répond toujours avec joie car je sais l'importance que ces questions ont pour les chercheurs, généalogistes et autres, qui comme moi fouinent dans le passé, alors même que nous seront nous-même morts depuis longtemps. Bien sur, ce que j'ai trouvé sur leurs occupations ce n'est pas une nouvelle choquante. C'est juste que cela remet en contexte ce que je savais d'eux. Et puis, ça explique certaines choses et en valide d'autres… Je suis contente de partager cela car c'est l'histoire de ma famille mais celle de tout le monde en même temps. Quiconque se met à chercher un peu plus dans son histoire et je parie qu'il y aura des découvertes comme celles là.

      Un bon samedi à toi aussi chère Étoile !

      Marie

  2. Bonjour Marie,

    Quelle histoire fascinante que celle de ta famille ? Il y a de quoi faire un roman qui va se lire avec bonheur.

    Pour certaines personnes, les épileptiques étaient considérés comme « possédés du démon. » N'est-ce pas terrible ? Il faut mettre ces dires sur le manque de connaissances.

    Passe une belle journée,

    Marjo

    1. On croirait avoir affaire à des poupées russes n'est-ce pas ? À croire que chaque fois que je trouve quelque chose, ça change cette perception que j'avais jusque là de mon histoire! C'est vraiment fascinant! Et c'est bien vrai que les épileptiques ont eu la vie bien difficile ! Bien souvent des 'sacrifiés' de l'histoire !

      Et comme toi, mon amie Karla me chante depuis dix ans que je dois décidément tout écrire cela ! De quoi faire une saga en dix livres comme elle le dit elle aussi 🙂 Je commence à croire que vous avez raison toutes les deux !

      Bonne journée à toi Marjo !

      Marie

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