Rewind

Depuis quelques jours, je réfléchis à ma chronique de samedi dernier… Une chronique qu’il est néanmoins inutile de chercher maintenant puisque je l’ai supprimée moins de 24 heures plus tard, à la fin de ce qui fut une journée pour le moins forte en émotions. Vous savez ! Ce genre de journée ou on a un peu l’impression d’être comme une vague ballotée par le flot de ses émotions ! Et disons qu’avec la pluie, le verglas, le grésil et autres choses tout aussi étonnantes venues agrémenter ce samedi de printemps, nous avions là le cocktail idéal pour en faire une journée plutôt « détonante » !

Bien sur, je savais en l’écrivant que cette chronique allait provoquer des réactions ! Je me doutais pas mal qu’elle pourrait même susciter un certain malaise ! Mais ce que je ne savais pas, c’est comment moi j’y réagirais…
Et puis voilà qu’au courant de l’avant-midi, j’ai reçu un courriel de Karla qui me disait que bien que comprenant ma démarche, elle avait un peu peur de la façon dont les gens qui ne me connaissent pas allaient réagir à cela… Car il est bien vrai que dans cette chronique, je racontais pour la première fois un événement familial qui lorsque je l’ai moi-même appris, m’a donné la nausée. Mais que j’avais besoin de raconter, ne serait-ce que pour l’exorciser. Car je pense que parfois, les mots ont le pouvoir de faire ça. Extirper de soi ce qui est horrible pour en faire quelque chose d’autre qu’on pourra même en arriver à regarder avec détachement. Ou peut-être même avec une pointe de curiosité, un peu comme une œuvre d’art contemporaine dont on se dit intérieurement « Mon Dieu ! Suis-je la seule à n’y rien comprendre ? »
Bien sur, les commentaires n’ont pas été si nombreux puisqu’au cours de la journée de samedi, le seul commentaire que j’aie eu est venu de Karla. Mais la vérité c’est que j’accorde du crédit à son avis et que soudainement, je me suis sentie pas mal moins courageuse dans mon désir de dire… l’indicible.  

Et puis en soirée, je me suis réveillée angoissée, avec l’envie impérieuse d’aller enlever cette chronique qui même a moi donnait une certaine envie de suffoquer !
La morale de cette histoire ? C’est je pense de réaliser que certains événements familiaux, même s’ils se sont produits il y a des décennies, même si nous ne les avons pas nous même vécus et même si nous avons été une grande partie de notre vie à les ignorer, ont le pouvoir de rester pris dans notre gorge. Par peur que les gens en les apprenant, se mettent à nous regarder différemment.
Un peu comme si malgré nous, nous étions marqués par eux. Et qu’ils faisaient partie de notre ADN.
Mais à Karla qui disait être triste de me voir ainsi « broyer du noir », j’ai envie de la « consoler » avec cette phrase du livre de Lise Dion qui dans « Le secret du coffre bleu », trouve une lettre laissée par sa mère avant sa mort, genre de testament dans lequel elle lui dit ceci:

« En lisant mon récit, surtout ne pleure pas mon passé, je l’ai déjà pleuré »

Et puis, je trouve un peu dommage que cet événement raconté ait au passage sacrifié le message principal de ma chronique, soit un certain questionnement sur les choix de vie que nous faisons. C’est pourquoi je mettrai de nouveau cette chronique en ligne demain, mais de façon modifiée.

Voilà !

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4 commentaires sur “Rewind

  1. Eh bien, moi j'ai eu le temps de la lire.

    Et je comprends ton besoin de raconter. Le pouvoir des mots est très fort et il fait partie de la résilience, ce concept élaboré par Boris Cyrulnic. Par ailleurs, je t'en recommande la lecture (notamment : Le vilain petit canard, et cet autre : Mourir de dire la honte). Tu t'y retrouveras.

    Dans un tout autre ordre d'idée, je me rappelle aussi ce titre : psychogénéalogie des familles. Il y est écrit que le poids des secrets de famille est une lourde charge pour les générations qui naissent. Même si les secrets sont laids (et surtout), il faut trouver le moyen de les dire. Cela les exorcise, même si ce n'est pas facile.

    xxx

  2. Bon, j'ai écrit un premier commentaire mais ça n'a pas fonctionné et j'ai du recommencer. Alors si tu en as deux ici qui se ressemblent.. désolée!!!

    L'ADN. C'est quelque chose qui me fait peur en ce sens que j'ai toujours eu peur de ressembler à ma famille. Et je préfèrerais que mon plus vieux ne ressemble pas à son père biologique.. Mais j'ai compris qu'on fait ses choix de vie. On est ce qu'on choisit. J'ai choisi d'être différente d'eux. De ne pas me laisser abattre. De ne pas laisser une dynamique familiale pourrie me dévastée la vie.

    Ne laisse pas les chagrins des autres t'étouffer. Ils ont effectivement été pleurés avant. Et ils ne t'appartiennent pas. Mais tu as assez des chagrins et des bonheurs de ta propre vie à subir et à rire!

    Je n'ai pas eu le temps de lire ton billet, samedi. Mais, écrire, quel soulagement. Quelle catharsis. La catharsis désigne la transformation de l'émotion en pensée, dixit wiki, et c'est exactement ça que l'écriture nous permet. C'est tellement bon. Ça ne coûte rien. Et ça ne fait de mal à personne.

    xxx

  3. @ Morgane:

    J'ai beaucoup lu sur le sujet au cours des deux dernières années. J'ai bien aimé lire Anne Ancelin et son livre «Aie mes aieux» qui parle du poids de l'histoire familiale sur nos vies. J'ai aussi lu Cyrulnic dont j'ai actuellement sur ma table le livre (un autre ! 😉 «Autobiographie d'un épouvantail». La psychogénéalogie est présentement très contestée parce qu'ayant mené à certaines dérives mais pour ma part, comme toi, j'y ai trouvé beaucoup de sens. Je pense qu'il faut en prendre et en laisser mais c'est malgré tout une vision super intéressante 😉 Merci pour les suggestions 😉

    Marie xxx

  4. @ Charlotte !

    Décidément ! Moi aussi j'ai perdu mon commentaire en voulant te répondre :-))))

    Je disais donc que je te comprends d'avoir peur de cette notion d'ADN pour l'avenir de ton fils. Mais je pense que la pire erreur à faire serait de lui cacher la vérité. En ce qui me concerne, même si j'ai trouvé difficile d'apprendre tout ce que j'ai appris récemment sur ma famille, je ne le regrette pas. C'est ce qui permet de faire mes choix personnels maintenant, et non de répéter inconsciemment des choses qui ne m'appartiennent pas. C'est là le début de la vraie liberté je pense 😉

    Et puis ton fils, il apprendra aussi de ton cheminement ! C'est le plus beau cadeau à faire à ses enfants, ne penses-tu pas ?

    Marie xxx

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