Sommes nous libre de nos choix ?

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Sommes-nous vraiment libre de nos choix ?

Voilà une bien grande question que je me pose souvent; le genre de question-piège capable de vous aspirer tellement les réponses possibles sont comparables à un puit sans fond ! Et lorsque je regarde le destin commun de mes grand-parents (en commun, mais hors du commun assurément !!!), je ne peux faire autrement que de me demander quelles sont les ramifications sous-terraines sensées expliquer leur relation. Car il m’apparaît hors de tout doute qu’ils avaient toutes les raisons du monde de ne jamais se rencontrer ces deux-là !

En effet, si ma grand-mère, éduquée aux études classiques, est devenue professeur de français, mon grand-père quant à lui a été le plus pur produit d’une famille de défricheurs et de travailleurs acharnés, un homme qui aurait trouvé bien plus de bonheur à mon humble avis à vivre en hermite qu’à jouer les pères de famille… Ses ancêtres (et aussi les miens, bien sur !), partis de Ste-Thècle dans les années 1920, sont venus littéralement défricher l’Abitibi pour y construire leurs maisons, leurs vies. Néanmoins, le seul point commun que j’arrive à percevoir entre mes grand-parents étant la culture: la sienne à elle, et celle des arbres pour lui car l’homme qui plantait des arbres, je vous assure que c’était bien lui, le gouvernement lui donnant alors 5 cent/l’arbre planté !

Ainsi, ils eurent beau faire ensemble six enfants qui allaient à leur tour leur donner neuf petits enfants et à ce jour, onze petits enfants, il n’en demeure pas moins que leur vie ensemble fut assez …comment dirait-on ?…chaotique !

Mais commençons par le début !

En 1949, Jeanne, ma grand-mère, revient du Manitoba ou elle était allée rejoindre son père qui s’était installé là bas, suite au départ de sa femme, Lucienne, mon arrière-grand-mère. Jeanne qui était allé le rejoindre à la fin de ses études y aurait enseigné pendant deux ans. Remarquez que j’utilise ici le conditionnel car lorsqu’on parle de l’histoire de Jeanne, nous ne sommes certain de rien tant sa vie durant, elle nous a servi différentes versions de la chose, à la sauce du jour…

L’une de ces versions (mêlée tout de même d’un brin de réalisme parce que ces dates, on les connaît tout de même !) c’est que ma mère, première née de la famille, est arrivée…moins de 9 mois après le mariage ! Se replaçant à cette époque, on peut facilement imaginer le questionnement qui en a découlé de toutes parts ! Elle, se justifiant alors en disant que la « chose » avait été consommée le soir du mariage et lui, opposant qu’ils n’avaient pas conçu ce même soir. Mystère ! Mais non le moindre, je vous assure !

Car le fait est que ma mère a toujours douté que mon grand-père fut son père. Et c’est là sans doute l’une des clés de l’intrigue et de tous les questionnements et conflits qui ont suivi par la suite…Jeanne jurant à sa fille que jamais elle ne le dirait si son mari n’était pas le père et lui, face aux mêmes questions, affirmant que pour lui, elle était bien sa fille…

Rien de très affirmatif comme réponse, convenons-en ! Mais vous vous doutez bien que ce n’est pas tout ! Ce serait alors vraiment trop simple n’est-ce pas ?

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