Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet

«Inutile d’adhérer à WITCH. Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière.» (-Manifeste de WITCH (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell), New-York, 1968)

Je ne sais pas si c’est la faute de l’air du temps qui, ces dernières années donne l’impression de n’entendre dans les médias et partout autour de nous une écœurante rumeur haineuse émanant de toutes les tribunes. Ou encore, le sentiment qu’en tant que société, c’est un peu comme si nous retournions rien de moins qu’au Moyen-Âge (pensez à ce débat aux États-Unis notamment qui prône un retour à la criminalisation de l’avortement), comme tous soudainement dépourvus du plus infime sens critique qui permettrait la mise en contexte de tout cela…

La vérité c’est que j’ai envie depuis quelques temps de m’attarder à des bouquins plus à même de susciter une certaine réflexion. Loin de ces idées toutes faites qui nous empêche trop souvent de nous faire notre propre opinion.

C’est dans cet esprit que je me suis donc attaquée à ce bouquin de l’auteure française Mona Chollet dans lequel celle-ci s’attarde aux sorcières. Ces femmes qui, à une certaine époque, étaient littéralement envoyées au bûcher à la moindre des insoumissions. Et qui au fil du temps, ont été amalgamées dans bien des esprits aux féministes.

Ce qu’on en dit: «Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?»

En fait, loin de de la vision de la «mauvaise fée» assoiffée de magie noire que nous présentent trop souvent les contes, c’est plutôt une très passionnante réflexion sur l’antiféminisme à travers l’histoire au féminin que nous propose à travers son livre l’auteure Mona Chollet. À travers cette lecture, j’ai moi-même réalisé à quel point de nos jours nous pouvions sous-estimer combien les femmes ont pu être stigmatisées  à travers les âges pour la plus minime des broutilles. Pour avoir refusé la maternité par exemple. Ou encore, pour s’être montrées particulièrement indépendantes. Et combien nombreuses surtout ont été celles qui ont ainsi fini sur le bûcher.

Un peu étrangement, en découvrant sur quels critères la société de l’époque jugeait ces femmes, on se rend compte que les choses n’ont pas tellement changées aujourd’hui. La version du bûcher de feu ayant pris une autre figure de nos jours, non moins stigmatisante.

Car la vérité c’est probablement que sous cette fausse impression de liberté que la société moderne nous donne, (et je parle ici en tant que nord-américaine!), les enjeux sont encore et toujours plus ou moins les mêmes, avec plus ou moins d’acuité, selon sa position géographique. Soit cette impossibilité pour une femme de vieillir, de refuser la maternité, ou encore, de montrer une trop grande indépendance. Malheureusement, être une femme, c’est encore aujourd’hui être excessivement limitée au niveau de l’expérience de notre individualité. Et cela, même si le féminin constitue quand même plus ou moins la moitié de l’espèce.

Vraiment, c’est une lecture qui m’a personnellement énormément interpellée. Car aujourd’hui, le «tribunal» a pris une toute autre forme. Soit celui des médias sociaux et de l’internet qui trop souvent, nous renvoient aux mêmes éternelles injonctions: celles de rester jeune, de se marier, d’avoir des enfants, de cuisiner pour la tribu, etc. Et surtout, de ne pas oublier, malgré la maternité, de demeurer mince, jeune, dynamique.

À la façon d’Instagram.

Et vous ? Vous l’avez lu? Qu’en avez-vous pensé ?

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