Un non événement

Ça m’est souvent arrivé au cours des années à écrire ici. Écrire un billet. Le mettre en ligne…

Pour le remettre en mode privé un jour ou deux après. Quand ce n’est pas carrément le fait de l’envoyer direct à la corbeille. Comme un papier qu’on froisse et qu’on lance dans le vide.

Et, on ne se mentira pas. Après avoir été très longtemps sans écrire de façon régulière ici, je suis plus que consciente que mon blogue et mes écrits ont un statut presque confidentiel. Pour preuve, mes statistiques de fréquentation qui, si elles correspondaient à la courbe de vie d’un malade hospitalisé, ne seraient pas loin de me laisser craindre le pire pour son espérance de vie… Alors clairement, lorsque je retire un billet après l’avoir mis en ligne tout au plus quelques heures auparavent, c’est l’équivalent d’un non événement.

Il n’y a là vraiment rien pour écrire à sa mère comme on dit ici.

N’empêche! C’est ainsi que j’ai remis en mode privé hier une critique de livre faite avant-hier pour le livre de Caroline Fourest («Génération offensée – De la police de la culture à la police de la pensée»). Parce que même si la thématique des identités des minorités et la violence que leur défense génère parfois est brûlante d’actualité, il est impossible de ne pas être conscient que c’est aujourd’hui un sujet hyper sensible. Une plaie vive pour une partie de la planète sur laquelle il est difficile d’avoir du recul. Alors, même pour produire ma critique d’un livre portant d’un même souffle sur un sujet qui m’est cher, la culture, j’ai eu peur de blesser. Ou d’être mal interprétée. Parce que l’époque est aussi `a cela n’est-ce pas? Une orgie d’opinions pas toujours soupesées, garrochées partout sans mesure ni sensibilité. Et que chacun reçoit sous le prisme de son vécu. Comme si plus personne ne parvenait à s’entendre.

Au final, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un avis sur tout. Pas toute suite à tout le moins. Histoire de laisser la poussière retomber.

Puis de reprendre notre souffle.

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