Vivre en marge

Crédit: Photo-libre.fr

Je racontais hier combien le fait que mon arrière-arrière-grand-père Édouard ait été atteint d’épilepsie avait du peser lourdement sur son destin…mais également, sur celui des siens. 

Plus, probablement que tout ce que j’avais pu imaginer jusque là…

Car il est vrai que l’épilepsie, à l’époque, était bien souvent assimilée à de la folie. Et était très certainement, un sujet de honte pour la famille.

À cet égard, je suis tombée un jour sur un article dans lequel on racontait que la Reine Mary et son époux, le roi anglais George V, avaient eux aussi un fils atteint d’épilepsie. Né en 1905, on découvrit ainsi dès ses quatre ans que ce plus jeune fils de la famille était atteint de cette maladie. Aussi, afin d’éviter de nuire à la réputation de la famille royale mais aussi pour éviter les éventuelles scènes embarrassantes, on décida de le cacher. D’abord maintenu isolé dans une petite maison proche du palais, puis dans une écurie qui allait être aménagée pour lui à la campagne, le petit prince fut élevé par des nounous. Selon les témoignages de l’époque, sa mère aurait été à peu près la seule personne de la famille à venir le visiter, se montrant toutefois peu démonstrative et gardant ses distances de crainte qu’il ne soit «contagieux».

On raconte un peu cette histoire sur Internet. Ici, par exemple, on dit que Georges V «avait honte de la santé de son plus jeune fils John, épileptique et légèrement débile. Il le fit enfermer dans une ferme du Norfolk, où il mourut en 1919 à l’âge de 13 ans, après n’avoir eu comme contact familial que celui de sa mère. L’enfant fut enterré dans le plus grand secret dans le petit cimetière de Sandringham.»

Du coup, je réalise que le plus jeune fils de Georges V est décédé à peu près à la même époque, soit tout juste deux mois après mon arrière-arrière-grand-père Édouard. Et bien qu’il soit tout à fait évident qu’ils ne se soient pas connu, je me dis que si cette maladie était aussi honteuse au niveau de la noblesse de l’époque, n’est-il pas réaliste de croire que la chose ait été tout aussi stigmatisée dans toutes les couches de la société? Et que notre fameux «secret de famille», ce n’ait été «que ça» finalement ?

Cette «prétendue folie» d’Édouard…. Que pendant des générations, nous n’aborderions pas, même du bout des lèvres…

Suivez et aimez nous:
error0

Quelques suggestions de lecture supplémentaire :

À la guerre comme à la guerre: un faux Paris pour leurrer l'ennemi

Ne trouvez-vous pas vous aussi qu'il est passionnant de fouiller dans l'histoire ? La petite tout comme celle avec un grand «H» ?  Pour tout ce qu'on y apprend tant sur ceux qui nous on précédés[...]

Une histoire qui s'écrit

Lors de la rencontre à laquelle j’ai assisté vendredi dernier avec les auteurs Alexandre Jardin, Eric Fotorino et Philippe Forest, une question fort intéressante à été soulevée. Ainsi, la recherche de vérité familiale peut-elle mener[...]

Une suite de questions...

Le Bougainvillée à fleurs rouges (c) 2009 Pierre-Alain Bourquin Fouiner dans son histoire familiale, on le sait, cela peut très certainement réserver quelques surprises au passage... Et bien sur, en me lançant dans mon projet de livre[...]

Fragments de réalité

Photo: PABvision.com Je sais ! Il n'aura sans doute échappé à personne que je parle peu de mon livre ces temps ci... Aussi, vous serez-vous même fait la réflexion que je me dérobe peut-être. Ou qu'à[...]

Au début...

C'est en janvier 1877 qu'est effectivement née Adeline , cette femme qui était destinée à devenir mon arrière-arrière grand-mère (ou plutôt de qui j'étais destinée à devenir l'arrière-arrière petite fille !). Le 11 juin 1894,[...]



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.